Hanon Systems, les profits avant l’emploi

L’entreprise Hanon-Systems, située dans la plaine Montjoly à Charleville-Mézières, a connu plusieurs rebondissements ces dernières décennies. L’usine a été rétrocédée à plusieurs marques. Depuis sa création pour fabriquer des engins de travaux publics sous la marque Richier, cette entreprise aura connu le rachat par Ford, Visteon ou aujourd’hui par le groupe coréen Hanon Systems.

A l’époque de Vistéon en 2004 l’entreprise comptait jusqu’à 1300 salariés. De restructurations en restructurations les effectifs sont tombés à 750 en 2012, 600 en 2015 et à 400 aujourd’hui. Ce sont prés de 1000 emplois supprimés en 20 ans, après avoir été financés par l’argent public que les différents Préfets des Ardennes ont toujours refusé de communiquer.

Les syndicats et particulièrement la CGT et l’UNSA tirent à nouveau le signal d’alarme. Hanon Systems annonce sa volonté de supprimer une soixantaine d’emplois. Ce serait essentiellement des départs en préretraite non compensés. Le motif invoqué cette fois ci c’est le changement de production attendu avec la création des voitures électriques qui va révolutionner la production automobile. La situation de Stellantis (anciennement PSA) aux Ayvelles avec ses 1650 salariés est dans la même situation. Le gouvernement doit agir pour favoriser cette transition dans les usines et maintenir la production sur notre territoire.

L’annonce faite par le ministre de l’Économie en début d’année précisant que les Ardennes seraient prioritaires dans le changement de production est aujourd’hui « lettre morte ». Les ardennais en ont assez de la stratégie des groupes industriels qui ne dirigent leurs entreprises qu’en fonction des profits à réaliser.

Sylvain DALLA ROSA