Consommateurs et employés pris en otage !

Une grande restructuration est engagée dans les enseignes des hypermarchés. La dernière réorganisation est le rachat par Carrefour des magasins Cora et Match. L’opération date de juillet 2024 et a coûté 1 milliard d’euros. Cette transaction permet à Carrefour de renforcer sa domination dans le domaine des grandes surfaces. Cela se fait loin des préoccupations des consommateurs et des élus qui découvrent dans la presse les tractations en cours pour les ventes ou les fusions des marques.

Le dernier épisode en date est donc le rachat de deux enseignes implantées depuis de très nombreuses années dans les territoires. Cela va avoir pour conséquence de renforcer une concentration des différents magasins sous une seule marque. A n’en pas douter cela aura une répercussion sur l’emploi et sur les prix et donc le pouvoir d’achat des consommateurs.

L’Autorité de la Concurrence vient de valider cette transaction. Pour garantir la concurrence l’Autorité a néanmoins imposé à Carrefour de céder huit magasins. Parmi ceux-ci se trouve le magasin Cora situé à Villers-Semeuse. Ces huit magasins ont généré en 2024 un chiffre d’affaire de 300 millions d’euros.

A Villers-Semeuse ce sont quelques 330 employés qui ne savent pas quel sera leur avenir. Selon les vœux de l’Autorité la cession des huit magasins doit se faire rapidement. Concernant le magasin de Villers-Semeuse il est prévu d’assurer la continuité de l’activité. Au plan national ce sont plus de 2000 salariés qui sont concernés par ce changement de propriétaire. Concernant le peu de politique sociale de Carrefour dans ses magasins la vigilance pour le respect de l’emploi et du niveau des salaires est indispensable. Un document écrit sur ces questions montrerait la volonté de respecter les engagements.

Sylvain DALLA ROSA

Y-aurait-il trop d’infirmier.e.s dans les Ardennes ?

En 2024 l’IFSI (l’institut de formation en soins infirmiers) de Charleville-Mézières proposait 106 places sur Parcoursup, ce passage obligé de sélection arbitraire vers des études supérieures, hors formation de promotion professionnelle. Cette année il n’y a que 95 places, onze de moins.

Au JO du 30 janvier est parue une loi relative à l’instauration d’un nombre minimum de soignants par patient hospitalisé. Pour que cette loi ne devienne pas un motif de fermeture de lits lors de son application au 1er janvier 2027 – c’est dans moins de deux ans – cela suppose des infirmières, des aide-soignantes et donc de les former.

Mais entre un gouvernement qui tergiverse sur la poursuite de l’aide financière qu’il apportait aux régions pour les formations paramédicales dont elles ont la responsabilité et une région Grand Est qui préfère aider des entreprises multimillionnaires plutôt qu’assumer ses responsabilités de formation, voilà le résultat : on va former moins d’infirmier.e.s ! On attend en vain que le maire de Charleville-Mézières qui s’enorgueillit du campus étudiant s’exprime sur le sujet !

Michèle LEFLON

Manifestation contre le racisme samedi 22 mars à 14 H Place Ducale

Nous serons présents ce samedi pour la manifestation contre le racisme à l’appel des associations antiracistes, de défense des droits humains et les organisations syndicales sous le slogan : « Né·e·s ici ou venu·e·s d’ailleurs, l’égalité des droits c’est pour toutes et tous ! ».

Alors que depuis trois décennies, la tolérance à l’égard des « minorités » n’a cessé d’augmenter dans la société française, le dernier rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) révèle une inquiétante montée de l’intolérance et même de la haine à l’égard de nos concitoyens juifs et musulmans tout particulièrement.

Sur les deux dernières années, les actes et paroles antisémites n’ont jamais été aussi importants depuis la Deuxième Guerre mondiale. Dans le même temps, la très forte augmentation des actes racistes va de pair avec la persistance d’un haut niveau de discriminations, notamment au travail (à l’embauche, dans l’exercice des missions, dans l’évolution de carrière…). Phénomène nouveau : l’utilisation croissante des logiciels d’IA (Intelligence Artificielle) dans la sélection des candidatures et l’« ubérisation » du travail alimentent la discrimination dans le monde du travail.

La xénophobie, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations font partie de ces armes de division massive qui alimentent les fractures et permettent aux idéologies identitaires et à l’extrême droite de progresser partout. Cette progression est aujourd’hui largement permise par la parole même du Premier ministre, quand il évoque la « submersion migratoire » ou par les actes du ministre de l’Intérieur.

Nous inscrivons résolument notre bataille contre le racisme dans une perspective indissociable de notre combat pour la justice sociale et intimement liée à la bataille universaliste pour l’égalité. Elle est celle de la République qui refuse de distinguer les êtres humains, quelle que soit leur nationalité, en fonction de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur religion.

Nous combattons le racisme et la xénophobie qui demeurent des ressorts majeurs de la progression de l’extrême droite en alimentant le rejet des immigrés et en portant le principe de « priorité nationale », clé de voûte du programme du RN. Nous combattons avec autant de force la haine anti-juive, qui a conduit dans notre pays à l’Affaire Dreyfus et à la collaboration avec le génocide hitlérien. Et parce que nous savons que la dynamique de l’extrême droite et des idéologies identitaires se nourrit de la crise économique et sociale, nous voulons remettre la question du travail au centre de la bataille politique et amplifier notre mobilisation pour une nouvelle industrialisation et pour le développement des services publics.

Irène PERRIN-TOININ

Les sciences et les techniques au féminin

La revue Progressistes est un trimestriel articulant les enjeux du monde du travail, de l’environnement, et les avancées scientifiques et techniques. Elle a toujours tenu à rendre hommage aux femmes scientifiques, en commençant par celles privées de prix Nobel.

Elle a réalisé cette année une exposition invitant à parcourir 15 histoires de découvertes exaltantes et de réussites intellectuelles bien sûr, mais aussi 15 récits de combat lorsque le génie vient se heurter à la grande histoire et à la misogynie.

Cette exposition sera visible au théâtre de Charleville-Mézières du 18 au 29 mars.

Les collectivités au « pain sec et à l’eau »

Les deux collectivités, la Région Grand Est et le conseil départemental des Ardennes (CD) sont aujourd’hui dans une situation financière précaire. En effet, elles ont des difficultés à boucler leur budget 2025. Objectif faire des économies à hauteur de 5% sur le fonctionnement. C’est le service à la population qui va trinquer.

La Région avec un budget de 4 milliards, dont 1,6 milliard en investissement, gère des dossiers qui sont le prolongement de réalisations antérieures et n’engage aucune réalisation nouvelle d’envergure. Pour le conseil départemental le président de droite, Noël Bourgeois, tire exceptionnellement la sonnette d’alarme et menace de déposer le bilan. C’est l’incertitude qui domine. Dores et déjà il annonce qu’il sera obligé d’abandonner certaines réalisations. Dans ce contexte le président du CD menace de ne plus financer le RSA.

Pour 2025 c’est un budget de 460 millions d’euros que viennent de voter les élus départementaux. Plutôt que de dénoncer le gouvernement qui nationalement veut faire 2,2 milliards d’économies sur le dos des collectivités, le président du CD devrait se battre pour censurer le 1er ministre. Non content de diminuer les aides aux collectivités le gouvernement applique une hausse massive sur les cotisations sociales des agents territoriaux.

Sylvain DALLA ROSA

Communiqué

Le 6 mars 2025, des représentants de la gauche et des écologistes ardennais se sont réunis pour évoquer les élections municipales de 2026.

Il émerge de cette réunion une volonté claire : réunir la gauche et les écologistes au maximum pour défendre des projets partagés partout dans les Ardennes : services publics, transition écologique, qualité de vie et amélioration du quotidien des concitoyens.

Étaient présents le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français, Les Écologistes et Génération.s.

Tous espèrent pouvoir élargir la dynamique à d’autres partis, à la société civile et aux associations.

Ceux qui jouent avec la guerre sont des irresponsables

Le département des Ardennes a été plusieurs fois le terrain des guerres. La dernière en date a été l’invasion de l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale avec une occupation. C’est pourquoi le sentiment que la paix doit être une donnée universelle est plus fort chez nous que dans d’autres départements. L’attaque de l’Ukraine par la Russie, il y a 3 ans, au mépris absolu du droit international, est injustifiable sur le plan politique et inadmissible sur le plan moral. En infligeant au peuple ukrainien de telles souffrances, Vladimir Poutine a sciemment placé son pays au ban de la légalité internationale.

L’urgence absolue est de stopper la guerre par tous les moyens politiques possibles et d’ouvrir des négociations sous l’égide des Nations Unies (ONU). Dans l’immédiat, la protection du peuple ukrainien doit mobiliser l’ensemble des forces de paix. Non à l’escalade militaire ! Ceux qui, en France, plaident pour une entrée en guerre de l’Otan sont des criminels. L’acte de guerre que poussent certains est un appel de notre pays et de l’Union européenne à s’inscrire dans une escalade militaire dont personne ne saurait garantir l’issue.

Les récents propos du président de la République Emmanuel Macron sont inacceptables et poussent notre pays et l’Europe vers un engrenage guerrier. Ce n’est pas assurer la paix, au contraire c’est prendre le risque d’une confrontation nucléaire en Europe. Dans le même registre l’attitude de D. Trump aux États Unis est irrespectueux envers le dirigeant ukrainien mais surtout c’est une attitude belliqueuse. Quand on sait que celui ci est à la tête de la plus grande puissance mondiale on mesure tout le danger d’une telle attitude et d’un discours de dictateur.

Trois ans après l’agression russe, criminelle et injustifiable, contre l’indépendance de l’Ukraine, après des milliers de victimes, il est évident qu’il n’y aura pas de solution militaire, mais uniquement une solution négociée politique et diplomatique. C’est d’ailleurs ce qu’a bien compris le dirigeant ukrainien qui vient de proposer un cessez le feu.

Les communistes appellent notre pays à s’engager dans la voie de la désescalade militaire et de choisir une autre voie, celle de la diplomatie, garantissant la sécurité de la France, celle des peuples d’Europe et le respect du droit international.

Sylvain DALLA ROSA

Les conseils citoyens censurés

Sans concertation le président d’Ardenne Métropole vient de décider la suppression des conseils citoyens (pourtant une obligation de par la loi) et par la même occasion il a décidé de fermer le local situé rue des Comtes de Rethel à Charleville-Mézières. Le motif invoqué consiste à dire que les conseils citoyens n’existaient que sur le papier et étaient concurrencés par les assemblés des habitants. Ces derniers disposant de moyens plus importants que les conseils citoyens.

La moindre des choses aurait été d’engager un dialogue avec les élus et les habitants impliqués dans le fonctionnement des conseils citoyens afin d’imaginer ensemble les modifications à apporter. Comme sur plusieurs autres dossiers tout s’est décidé au niveau de la présidence de l’agglomération et de la ville. Pendant ces dernières années les conseils citoyens n’étaient pas le souci prioritaire des élus majoritaires.

Il est surprenant que cette décision intervienne une année avant les prochaines élections municipales. Le recentrage sur le conseil municipal permettra à la majorité de s’imposer comme le seul pouvant dialoguer avec les habitants. Il serait souhaitable que ce dossier fasse l’objet d’un débat au conseil communautaire ou en commission.

Sylvain DALLA ROSA

Le PCF résiste

La période que nous vivons est marquée par une crise politique profonde. Alors qu’il a été désavoué par les électeurs (trices) le Président de la République s’obstine à vouloir prolonger sa gestion du pays avec les mêmes principes de droite. La récente nomination de François Bayrou comme 1er ministre est bien la démonstration qu’il n’a pas l’intention de changer de politique. Cette situation entraîne un détournement des Français de la gestion du pays et même, ce qui est nouveau, de la gestion des collectivités.

Dans ce contexte il est intéressant de regarder l’état de l’opinion publique. Même s’il faut prendre ces résultats avec de grandes précautions les sondages de popularité sont néanmoins un reflet de la situation des responsables politiques à l’instant T. François Bayrou, empêtré dans son budget 2025 et des affaires judiciaires, chute de 4%. Seulement 24% des sondés ont une bonne opinion du 1er ministre. A gauche, avec 22% d’opinions favorables c’est François Ruffin qui est en tête suivi par le dirigeant communiste Fabien Roussel avec 21%. Le chef de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, pointe dans le bas du tableau avec seulement 15%. Il faut noter qu’à quelques jours du 8 mars pour la défense des droits des femmes seulement 5 femmes sur 26 sont citées dans le tableau. Globalement les médias, notamment télévisés, jouent un rôle considérable dans la médiatisation des responsables politiques.

Devant ces résultats le Nouveau Front Populaire doit en tirer des enseignements pour les luttes à venir et sur le besoin d’unité à gauche. Et surtout en finir avec les invectives entre les partis qui composent le NFP. Pour ce résultat les médias, notamment télévisés, jouent un rôle considérable.

Sylvain DALLA ROSA

La Sécurité Sociale, hier, aujourd’hui et demain

La Fédération des Ardennes du PCF est partie prenante avec d’autres organisations d’un débat sur ce thème le jeudi 13 mars à 18 h 30 à l’amphithéâtre Pierre Mendès France de Sedan. Pierre Caillaud Croizat nous fait l’honneur de venir parler de son grand-père, Ambroise Croizat, ministre communiste à la libération, le bâtisseur de la Sécurité Sociale.

En 1946, ce dernier terminait un discours à l’Assemblée Nationale par ces mots : « Voilà qui suffit à démontrer l’ampleur du contenu de la notion de sécurité sociale. Celle-ci implique d’abord une organisation économique qui fournisse à tous les hommes et toutes les femmes en état de travailler une activité rémunératrice. »

Que tous ceux qui le peuvent aient un travail leur permettant de vivre dignement est toujours à l’ordre du jour ! C’est le sens de la campagne du PCF pour la réindustrialisation de notre pays et les services publics.

A l’heure où les principes de la Sécurité Sociale sont remis en cause, avec le projet de retraite par capitalisation par exemple, ce débat va permettre d’éclairer les questions d’aujourd’hui à la lumière des valeurs fondatrices de la Sécurité Sociale et de mettre en avant des revendications comme le 100 % sécu en santé ou la prise en charge solidaire de la perte d’autonomie.

Michèle LEFLON