APPAUVRISSEMENT des TERRITOIRES

Les élus du comité régional, Grand Est, responsables de l’organisation des transports régionaux ont décidé de réorganiser les ouvertures et les services des gares SNCF de notre région.

Le président, Franck LEROY ancien maire d’Épernay, et les élus champardennais ont décidé d’appliquer une coupe sombre dans les gares et leurs horaires d’ouverture à la vente au public, laissant en grande partie comme unique moyen les automates distributeurs de billets, dont la fiabilité n’est pas irréprochable.

Ce n’est pas moins de 13 gares, sur le peu qu’il restait, qui sont concernées par cette nouvelle décision.

Pour les Ardennes les gares de Revin et de Rethel, communes loin d’être des villages, sont dans les prévisions de fermeture, même la gare de Charleville-Mézières, Préfecture du département, voit son amplitude d’ouverture revue à la baisse.

La fermeture progressive des guichets de vente dans les gares constitue une véritable régression pour les usagers et un recul des services publics accélérant la désertification de notre département.

Sans parler des personnes âgées et des voyageurs peu familiers avec l’outil numérique, c’est priver toute une partie de la population ardennaise d’un service de proximité augmentant encore la marginalisation des plus vulnérables. Cette politique uniquement motivée par des logiques économiques à court terme fragilise le lien social et contribue à la désertification des gares touchant autant les voyageurs que les cheminots. L’argument d’annoncer des prestations communes avec la Poste, qui de son côté applique la même politique de fermeture de ses agences, ressemble très fort à un leurre des plus grossiers.

On pourra noter que le maire de Charleville-Mézières et sa majorité municipale dont certains membres sont élus au conseil régional, laissent tranquillement dans le plus grand des silences appliquer ces actes appauvrissant encore un peu plus notre ville et véritable accélérateur à la perte de population.

Si la volonté de redynamiser économiquement Charleville-Mézières et sa démographie est réelle il est urgent de repenser cette orientation de suppression des services publics et de garantir un accès à des prestations territoriales et des services de qualité pour tous les citoyens.

Ceci étant au moins aussi important, si ce n ‘est plus que de pouvoir se baigner dans la Meuse !

Patrick LATTUADA

Mortalité infantile : « la palme française »

Entre 1990 et 2024, la France est passée de la 1ère à la 23ème place concernant la mortalité infantile, information passée sous le manteau mais qui commence à se propager. La France, un des bonnets d’âne à l’échelon européen concernant le nombre de décès d’enfants de moins de un an ; en bas du classement aux côtés des pays les plus pauvres comme la Pologne ou la Bulgarie par exemple.

Les causes ? Elles sont nombreuses. En premier lieu, les déserts médicaux qui créent des inégalités. Les femmes ne sont pas égales à l’accouchement. En cinquante ans, les 3/4 des maternités ont fermé, à l’instar dans notre département de celles de Givet, Vouziers, Rethel, Revin et plus récemment Sedan. Il ne reste plus que celle de Charleville-Mézières dans les Ardennes ! Les temps de trajet ont donc mécaniquement augmenté et on sait par des études documentées que le taux de mortalité périnatal est en lien avec cet allongement. Les maternités de proximité ferment et les autres deviennent des « usines à bébés ». Celles-ci sont certes mieux équipées mais manquent de personnel et fonctionnent à flux tendu. Du coup, de moins en moins de sages-femmes acceptent de travailler dans les centres hospitaliers. Les professions médicales ne sont pas en reste et le prétexte est tout trouvé pour fermer ou « suspendre »… L’acte d’accouchement n’étant pas « rentable », il ne faut pas compter sur les structures privées ! Les ministres de la santé se succèdent et les dérives s’accentuent. Au bout du compte, ce sont les Français.es qui paient cash.

Autre cause, la PMI, organe public de la protection maternelle et infantile, est victime de la mort lente de la prévention par manque de moyens. Les territoires défavorisés sont les premiers touchés.

Les choix médicaux liés aux choix budgétaires peuvent aussi être questionnés. La France pratique moins de césariennes programmées que d’autres pays européens, la HAS (Haute Autorité de Santé) ayant plaidé pour sa diminution. Le nombre de césariennes n’a pas tant baissé mais le recours aux opérations d’urgence a augmenté avec des risques pour la mère et l’enfant.

La périnatalité et la prise en charge des prématurés est aussi problématique. Manque de lits en réanimation néonatale, moins de personnel suffisamment formé avec la pédiatrie et la néonatologie qui ont été supprimés du programme d’enseignement du diplôme infirmier en 2009 !

Enfin, d’après un professeur d’obstétrique, la France du XXIème siècle pratique toujours l’obstétrique du XIXème siècle ! Ventouse, forceps, spatule, instruments toujours utilisés pour les accouchements et qui peuvent causer de graves séquelles à l’enfant et multiplient les risques d’hémorragie cérébrale.

Concernant les fermetures de maternités, un moratoire sur 3 ans a été voté à l’Assemblée nationale : le début modeste d’un commencement ?…

Tant que la santé sera considérée comme un coût avec tous les ans un PLFSS (Projet Loi Financement Sécurité Sociale) bien en deçà des besoins de santé, il y a fort à parier que nous resterons dans le bas du tableau…

« L’ambition est d’assurer le bien-être de tous de la naissance à la mort… » disait Ambroise Croizat.

Commencer par la naissance est donc une évidence.

Corine POSTAL

Déportés, les Ardennes ont connu l’horreur

Il y a 80 ans, à Dachau, Buchenwald ou Auschwitz… les survivants des camps de concentration nazis étaient libérés.

Quand ils découvrent la réalité des camps, les soldats des armées alliées sont horrifiés. Les survivants sont squelettiques tant les privations de tout étaient la règle dans les camps. Les gardes étaient SS, ils avaient une volonté prioritaire, éliminer le plus grand nombre de Juifs. Au-delà de la Shoah ce sont tous les démocrates qui sont envoyés dans les camps. Au premier rang desquels on trouve les communistes.

La déportation touche tous les départements y compris les Ardennes. Élément peu connu 288 Juifs sont emprisonnés transitoirement dans un camp implanté sur le territoire de la commune des Mazures. Peu d’entre eux sortiront vivants de cet internement.

Il est important de se souvenir de ces horreurs sous peine que ces crimes contre l’Humanité se reproduisent.

Sylvain DALLA ROSA

Esclavage : la lourde dette de la France à Haïti

Ce 10 mai, lors de la cérémonie officielle de Commémoration des Mémoires de l’Esclavage, Christine Depuiset, secrétaire de la section des Ardennes de la Ligue des Droits de l’Homme, a rappelé l’insupportable sanction économique appliquée par la France à Haïti en échange de son indépendance.

Après l’abolition de l’esclavage lors de la révolution française, son rétablissement par Napoléon Ier entraîne des révoltes et Haïti sera le premier pays à déclarer son indépendance à la suite d’une révolte d’esclaves en 1805. Il faudra 20 ans pour que cette indépendance soit reconnue par la France, en échange d’une rançon faramineuse pour indemniser les anciens colons esclavagistes. Ce n’est qu’en 1952 que les agios de la dette contractée par Haïti seront remboursés. Ce pacte néocolonial a lourdement entravé le développement du pays. Deux cents ans plus tard, le Président de la République française a reconnu, le 17 avril, une « forme d’injustice initiale (…) qui a frappé Haïti dès sa naissance ». Un premier pas comme l’a souligné Christine Depuiset, mais qui en appelle d’autres. En fait de dette, c’est la France qui a une dette vis à vis de Haïti. En 2015, François Hollande l’avait évoqué et promis : « J’acquitterai à mon tour la dette que nous avons. » Mais, dès le lendemain, l’Élysée avait rectifié : Hollande parlait d’une « dette morale ».

ABOLITION de L’ESCLAVAGE 

Samedi 10 mai 2025, la fédération de PCF des Ardennes a répondu à l’invitation de la LDH (ligue des droits de l’homme) pour commémorer l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

Les idées nauséabondes du fascisme reviennent régulièrement dans les discours totalement désinhibés de certains médias occupés uniquement à stigmatiser les étrangers, sans oublier un exécutif laissant le 11 mai dernier les rues de Paris à un défilé affichant clairement ses idées xénophobes sous la protection des forces de l’ordre. la voie publique de la capitale, sous la protection des forces de l’ordre, à un défilé affichant clairement ses idées xénophobes le 11 mai dernier. Cette commémoration est une occasion importante pour se souvenir d’un moment fondamental de l’histoire.

Ce 10 mai marque la lutte pour la liberté, la dignité et les droits humains.

L’abolition de l’esclavage symbolise la victoire de la justice sur l’oppression, la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme et rappelle l’importance de continuer à défendre l’égalité et la paix entre tous les êtres humains. C’est également rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui se sont battus, souvent au prix de leur vie, pour ces causes.

En participant à cette commémoration, les militants communistes ont confirmé leur engagement à combattre toutes les formes d’injustices et de discriminations afin que la liberté et les droits fondamentaux de toutes et tous soient entièrement garantis.

Patrick LATTUADA

Politique environnementale, une consultation « à minima »

Une consultation est en cours concernant le SRADDET (schéma régional d’aménagement, de développement durable des territoires). Ce dispositif est piloté par la région Grand Est. Ce schéma régional fixe les objectifs de moyen et long termes pour une gestion plus soucieuse de l’environnement.

Le SRADDET est un texte de loi voté nationalement en 2019. Il fixe les objectifs environnementaux qui doivent être appliqués dans la politique régionale. En décembre 2024 la région Grand Est a décidé dengager la modification du SRADDET. L’objectif de ce vote consiste à prendre en compte les modifications qui s’imposent avec le changement climatique. Des dispositions nouvelles sont soumises au débat et pour lesquelles la région s’engage. Il s’agit de mieux prendre en considération des aspects comme la gestion des déchets ou être plus attentif à la gestion foncière. Il ne s’agit nullement de figer toutes les opérations foncières mais d’être plus attentif au respect de l’environnement. Un élément de réflexion manque pourtant, il aurait été souhaitable que la région saisisse ce débat pour engager l’implantation d’une Forêt Primaire.

Ces modifications apportées au SRADDET font l’objet d’une concertation publique. Les habitants.es sont sollicités.es pour donner leur avis jusqu’au 31 mai prochain sur le site de la région. Cette consultation est importante, elle touche notamment les territoires ruraux et leur nécessaire désenclavement mais aussi des domaines sensibles comme l’habitat ou la lutte contre l’artificialisation des sols.

Il est regrettable que la région ne communique pas plus sur cette consultation en cours. La politique qui sera prise en compte touche pourtant des sujets qui engagent l’avenir de notre territoire. Les intercommunalités pourraient également mettre cette politique à l’ordre du jour de leur réunion.

Sylvain DALLA ROSA

ARCELORMITTAL France : un enjeu stratégique et humain

Le 13 mai dernier, les sénatrices et sénateurs communistes des Hauts de France et du Pas-de-Calais étaient mobilisés aux côtés des responsables PCF Hervé Poly, Fabien Roussel, Léon Deffontaines et des militants.es communistes à Saint-Denis pour soutenir les salariés d ‘ArcelorMittal. Alors que l’entreprise envisage la suppression de 600 postes, les salariés sont mobilisés pour défendre leur emploi et l’avenir de l’acier en France. Contrairement au Président de la République, Gaétan Lecocq, délégué CGT d’ArcelorMittal et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF appellent l’État à la nationalisation de l’entreprise, solution pour sauvegarder les emplois et le savoir-faire français. Gaétan Lecocq affirme dans le journal « Le Monde » : « Il y a eu l’acier lorrain, il y a eu l’acier du Nord, il y aura de l’acier français demain ! »

Dans un monde où nous devons faire face aux enjeux climatiques et adapter nos modes de vie aux bouleversements de la planète, maintenir une production française de l’acier est vital. Comme l’affirme notre pétition en ligne : « l’acier est partout : dans nos maisons, nos immeubles, nos lignes de chemin de fer, nos centrales nucléaires, mais aussi dans nos objets du quotidien, nos cuisines, nos voitures, nos téléphones, nos stylos… Sans acier, nous ne pourrons pas reconstruire ni réindustrialiser le pays. »

L’enjeu, c’est bien sûr celui de l’emploi en France, du maintien et du renforcement des savoir-faire dans l’industrie.

L’enjeu, c’est celui de l’avenir que nous voulons laisser à nos enfants, celui du travail et de la dignité.

Comme l’écrit notre élu communiste d’opposition à la ville de Charleville-Mézières, Sylvain Dalla Rosa : « Avec la disparition de la sidérurgie (en Lorraine et dans les Ardennes) , c’est à l’étranger que notre pays doit s’alimenter en acier ». Un non-sens et une dévastation humaine.

Signez la pétition pour la nationalisation d’ArcelorMittal

Danielle VILLIERE, décès d’une figure locale

C’est avec tristesse que les militants communistes ont appris le décès de leur camarade Danielle VILLIERE. Bien connue au-delà de notre département elle était toujours disponible pour participer aux luttes contre la régression sociale. En 1977 elle avait été maire-adjointe de Charleville-Mézières et a eu longuement des responsabilités comme syndicaliste dans le domaine de la santé. Elle avait également une passion pour la chanson. Elle interprétait des textes engagés.

La fédération des Ardennes du PCF présente toutes ses condoléances à sa famille et a ses proches.

Nationalisons la sidérurgie sous peine de la voire disparaître

L’Histoire a tendance à se répéter. Au début des années 1980 la casse industrielle frappe les Ardennes. Un des fleurons de notre production est définitivement liquidé. Il s’agit de la sidérurgie et de sa sous-traitance, la métallurgie, qui sont victimes des attaques du gouvernement de l’époque et du patronat. Malgré des puissantes luttes ouvrière ce sont 900 emplois directs qui seront supprimés et plusieurs centaines dans la sous-traitance. L’annonce par Usinor de la fermeture des aciéries de la Chiers fut une catastrophe industrielle. La première vague de désindustrialisation, en marche depuis la région de Longwy, a atteint les Ardennes.

Cette offensive vise à détruire une industrie majeure pour les Ardennes et la France. Avec la disparition de la sidérurgie c’est à l’étranger que notre pays doit s’alimenter en acier. Cette situation devait lancer le signal de la casse pour d’autres secteurs ardennais. Aujourd’hui la pointe des Ardennes dans le secteur de Givet ou était implanté les usines sidérurgiques d’Usinor est devenu un désert industriel. Des multiples plans de sauvetage ne feront rien à l’affaire sauf à alimenter les actionnaires avec l’argent public.

Ces dernières semaines ce sont les régions Hauts de France (Dunkerque) et Grand Est (Florange et Mouzon) qui sont frappées. Le groupe Arcelor Mittal vient d’annoncer la suppression de 600 emplois directs. Les salariés se mobilisent massivement comme à Mouzon le 29 avril. Si ce projet arrive à son terme, notre production d’acier sera sérieusement diminuée d’ici quelques années. Les communistes défendent le maintien de la production en France. Pour éviter cette disparition, préjudiciable à l’économie et à l’indépendance, nous réclamons la nationalisation d’Arcelor Mittal qui doit permettre de préserver notre production et moderniser l’outil de travail en améliorant le respect de l’environnement.

Sylvain DALLA ROSA

Cent ans pour la Société des Écrivains Ardennais (SEA)

Association régie par la loi 1901, cette «Société» a une appellation qui refroidissait certains: ils pensaient qu’elle était réservée à des initiés intellos, peut-être… alors qu’elle a toujours rassemblé des passionnés de lecture, d’écriture et de littérature.

C’est Carmen Bergès, actuelle présidente, qui a orchestré avec brio les événements du centenaire, du 29 mars au 25 avril 2025 à Charleville-Mézières, avec des conférences qui ont retracé les vies de Jean-Paul Vaillant, Jean Rogissart, André Dhôtel, Eva Thomé, Camille Lecrique, et Jean-Pol Cordier, grands noms de la SEA. Pour ce centenaire il y a eu également une pièce radiophonique d’André Dhôtel mise en scène par la sympathique troupe sedanaise «Le théâtre de la grande Oreille», et une exposition retraçant les différentes époques de la SEA. Celle-ci est actuellement visible au Musée de la métallurgie ardennaise à Bogny-sur-Meuse (qui durera au-delà du 30 avril, au moins tout le mois de mai 2025, entrée gratuite).

Surveillez aussi les ondes de Radio Bouton (fréquence 90.6), où la SEA présentera une série d’émissions littéraires, sans oublier l’atelier d’écriture, le club-lecture, et les publications (éditoriales, ou internet sur Facebook).

Richard DALLA ROSA

Ancien président de la SEA