Qualité des soins ?

La Cour des Comptes vient de publier un rapport sur la politique d’amélioration de la qualité des soins dans les établissements de santé. Pas un mot sur les conséquences des politiques d’étranglement financier des hôpitaux sur la qualité des soins ! Mais dans le détail, des éléments intéressants. Globalement, on en retient un avis nuancé de la Cour des Comptes sur les politiques menées pour améliorer la qualité des soins. On note la confusion à travers l’ensemble des instances d’évaluation qui ne communiquent par forcément entre elles : la HAS (Haute Autorité de Santé), les ARS (Agences Régionales de Santé), la Sécurité Sociale et d’autres !

On apprécie que ce rapport note que les questions d’inégalités d’accès aux soins, de coût pour les malades ne sont jamais prises en compte ! Il s’agit là d’un facteur essentiel de non-qualité de notre système de soins.

On partage aussi le scepticisme sur les procédures d’accréditation.

Un long passage est consacré aux incitations financières à la qualité. Si on ne peut qu’être d’accord avec la complexité de ces dispositifs, le principe même est inquiétant : réduire les moyens financiers là où la qualité n’est pas au rendez-vous ne va pas aider à l’amélioration ! Tout du moins en ce qui concerne le service public, là où l’argent public n’est pas utilisé pour des intérêts privés, les moyens doivent être donnés pour la qualité partout !

On y lit : « En outre, alors qu’ils sont à l’origine de nombreuses plaintes et réclamations et d’articles de presse relatant des décès suspects, les services d’urgence hospitalière ne font l’objet d’aucun indicateur de qualité ». Un reproche qui pourrait particulièrement s’appliquer à l’hôpital de Charleville-Mézières : le comité de défense des hôpitaux y mène actuellement une campagne pour l’humanisation de ce service où il n’y a pas de salle d’attente pour les familles, rejetées à la rue et un refus d’accompagnement dans le service, même dans des situations particulières qui le nécessiteraient comme des difficultés linguistiques ou des fins de vie. Le groupe de gauche a d’ailleurs fait adopter un vœu au dernier conseil municipal pour soutenir cette campagne, un vœu sur lequel la majorité municipale et l’extrême droite ont préféré s’abstenir !

Michèle Leflon

ANRU 3 et « relance logement » : des annonces en trompe-l’œil qui confirment un tournant inquiétant

Le premier ministre Sébastien LECORNU a annoncé le lancement d’un troisième programme national de renouvellement urbain pour la période 2030-2040, ainsi qu’un projet de loi dit de « relance logement » .

La confédération nationale du logement (CNL) prend acte de cette annonce. Mais, dans les faits, les orientations annoncées ne constituent pas un simple ajustement : elles actent un basculement lourd de conséquences. L’exécutif assume désormais une rupture nette, organisant la marchandisation accélérée du logement tout en démantelant les politiques sociales et écologiques dans les quartiers populaires . A leur place, il impose une logique sécuritaire qui stigmatise et abandonne les plus fragiles.

Le renforcement du pouvoir des maires dans l’attribution des logements sociaux et la conduite des projets constitue un premier pivot d’alerte majeure. Donner davantage de place aux élus locaux ne peut signifier ouvrir la voie à des pratiques discrétionnaires, à des logiques clientélistes ou à une gestion territorialisée des droits. La possibilité évoquée d’un droit de veto des maires sur les attributions, au nom de « l’ordre public », est particulièrement grave. Elle remet en cause les principes d’égalité et de transparence dans l’accès au logement social.

Une dérive sécuritaire au détriment du social : l’accent mis sur la lutte contre les trafics dans les quartiers populaires confirme une dérive déjà à l’œuvre, celle d’une approche sécuritaire des politiques urbaines.

Le logement ne peut pas devenir un outil de contrôle social !

A cela, s’ajoute une incertitude majeure sur les financements : à ce stade, l’état n’a versé qu’une part très minoritaire des engagements pris dans le cadre du programme actuel. L’annonce d’un « tour de table » d’ici l’automne ne saurait tenir lieu de garantie.

Pour la CNL, une autre politique est non seulement possible, mais indispensable.

Le logement est un droit fondamental qui doit rester une politique régalienne de l’état. Il ne peut être soumis ni aux logiques sécuritaires, ni aux intérêts du marché, ni aux arbitrages locaux.

La CNL appelle le gouvernement à revoir profondément sa copie et à engager enfin une politique à la hauteur des besoins.

Christine CARUZZI

En direct du conseil municipal de Charleville-Mézières

Lors du conseil municipal, les élus d’opposition à gauche du groupe « Ensemble : une autre ville » avaient préparé assidûment leurs interventions.

Il s’agissait d’abord du vœu concernant les conditions d’accueil indignes des patients et des accompagnants à l’hôpital de Manchester.

Ensuite, dans le déroulé des délibérations, l’une d’entre elles nous a interpellée. Il s’agissait de valider l’actualisation du recours au dispositif de vidéo-verbalisation sur le territoire communal. Notre groupe s’est abstenu pour plusieurs raisons. D’abord le dossier présenté était assez vide : bien qu’il s’agisse d’une actualisation, nous sommes de nouveaux élus et souhaitons avoir l’entièreté des dossiers en amont du conseil municipal afin de pouvoir avoir tous les éléments nous permettant de faire notre choix sereinement. Quel est le périmètre de ce dispositif, quels sont les rues, les quartiers concernés ? Rien n’est précisé. Le choix de recourir à un marché public pour ce dispositif serait une forme de privatisation et une suppression de postes de fonctionnaires à la clef, comme cela a déjà été le cas dans d’autres collectivités, ce que nous dénonçons. C’est aussi le risque d’éloigner le citoyen des services publics : les agents ne contrôlent que dans des centres de vidéo-surveillance. L’écran s’installe tel un mur entre l’administré et l’agent. Moins de contact humain, un prétexte à la privatisation des services publics, ces éléments peuvent conduire à des dérives dans le traitement des infractions lié à l’usage de cette vidéo-surveillance. Il s’agit d’un outil, et comme tout outil, tout dépend de l’usage que l’on en fait. Par cette délibération, l’usage n’est pas assez délimité, précisé.

La réponse du Maire à mon intervention est pour le moins insatisfaisante : en dehors du ton arrogant constaté par mes collègues, un style de rhétorique « réponse à tout » propre à notre temps, il a affirmé en sus des choses fausses : il indique que le stationnement ne serait pas concerné, alors que le mot même figure dans la délibération pourtant succincte. Nous restons attentifs à la suite qui sera donnée à ce dispositif bancal.

Irène Perrin Toinin

Conseillère municipale et communautaire PCF

Groupe « Ensemble une autre ville »

Appel à mobilisation !

A l’issue de la réunion de son Conseil National, le PCF appelle les travailleurs et travailleuses à se mobiliser en urgence pour que des mesures exceptionnelles soient prises par le gouvernement face à la crise actuelle et pour gagner un changement radical de politique.

Face à la crise économique et à la remise en cause de certaines dominations, les grandes puissances privilégient de plus en plus les politiques de force et la militarisation, au premier rang l’administration Trump, avec le concours du pouvoir d’extrême droite de Netanyahou. Au bilan humain terrible de cette politique impérialiste, s’ajoute l’impact mondial sur les hydrocarbures et les matières premières de cette guerre qui provoque un choc énergétique, industriel et agricole amplifiant la crise systémique du capitalisme.

Les communistes portent une autre voie, celle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la coopération et de la paix.

Le PCF sonne l’alerte : une crise économique dévastatrice grandit impactant la vie de très nombreux ménages. Ce n’est pourtant pas la crise pour tout le monde. La France est devenue la championne au sein de l’Union européenne des dividendes versés aux actionnaires.

Une autre politique est possible.

La France doit agir pour la paix en portant l’exigence de cessez-le-feu durables, un cadre de sécurité collective dans la région et par conséquent organiser sa sortie de l’OTAN qui doit être dissoute car elle constitue une menace grandissante pour les peuples du monde.

Le gouvernement doit prendre des mesures d’urgences pour protéger nos concitoyennes et concitoyens de la crise :

– Bloquer les prix de l’essence et du gazole à 1,50 euro le litre et taxer les bénéfices de l’industrie pétrolière, notamment dans le raffinage.

– Baisser les factures d’électricité de 25 à 30% en baissant la TVA et en sortant du marché européen de l’énergie. L’Espagne et le Portugal ont négocié le fait de pouvoir moduler leurs tarifs.

– Augmentation immédiate des salaires, des pensions et allocations.

– Arrêter la distribution de 210 milliards d’euros d’aides publiques annuelles aux entreprises visant à nourrir les profits.

La résolution du Conseil National propose aussi des mesures plus structurelles pour la paix et une transformation économique au service des peuples.

Michèle LEFLON