Il faut sauver le patrimoine français à Mangalia

Inaugurée en mai 1992 la bibliothèque Rimbaud de Mangalia en Roumanie vit-elle ses derniers jours ? C’est ce que l’on peut redouter tant l’attitude du maire est hostile à cette réalisation. La bibliothèque disposait d’un local superbement situé, en plein centre ville et ouverte aux habitants de Mangalia, mais aussi aux touristes roumains et étrangers francophones.

C’est Luminita Dumitrescu qui pendant toutes ces années avait assuré la gestion de cet équipement. Celui-ci disposait de 25 000 ouvrages papier et de 18 000 livres numériques. C’est Jean Pierre Marcoux qui était à l’origine de cette création culturelle. Au cours de ces 33 années, l’Association a globalement investi 300 000 euros, sous forme de livres et de matériel qui ont été acheminés de France.

A Mangalia, la presse et les réseaux sociaux se sont emparés de cette affaire. Le Maire, Cristian Radu, tente de faire croire aux protestataires que la francophonie continuera à vivre dans les nouvelles conditions. Il faut bien se rendre à l’évidence, compte tenu de l’hostilité des élus locaux c’est la fermeture de la Bibliothèque Française qui est programmée. L’association a bien l’intention de ne pas accepter cette fermeture sans réagir. Il faut que les plus de 10 000 livres qui restent soient sauvés.

Par respect pour les centaines de donateurs ardennais, de l’engagement des bénévoles, du soutien de la Ville de Charleville-Mézières et du Conseil Régional Grand-Est, l’association « Les Amis de la Bibliothèque Française » va tout mettre en œuvre pour sauver, ce qui au fil des années était devenu une référence culturelle à Mangalia.

Un budget dont les choix sont contestables

Compte tenu du contexte économique actuel le budget 2023 de la ville de Charleville-Mézières comme pour l’ensemble des collectivités est difficile à boucler. Les élus doivent faire des choix. Ceux effectués par la majorité carolomacérienne de droite sont mauvais. Ils s’attaquent prioritairement aux services publics. C’est une véritable casse qui est programmée. A l’exemple de la décision de supprimer les crèches familiales, la plupart des services à la charge de la ville, sont progressivement privatisés.

Les associations sont également dans le collimateur du maire. Un diminution de 10 % sur l’ensemble des subventions attribuées est programmée. De même l’ouverture des centres de loisirs le mercredi sera supprimée.

Certes, le constat que Charleville-Mézières est une ville pauvre n’est pas contestable. Le recours à l’emprunt est un des moyens de pouvoir investir. Pour 2023 l’encours de la dette est prévue à hauteur de 82,76 millions d’euros.

Dans son discours le maire veut faire passer l’idée qu’il n’y aurait pas de hausse de la fiscalité. Cette information n’est pas juste car sur la feuille des impôts fonciers l’État va réactualiser le taux des bases locatives à hauteur de l’inflation, pour 2023 ce sera un taux estimé à + 7 %. Cette hausse sera perçue par la ville.

Des éléments comme la dette ou la chute démographique (46 388 habitants en 2020 ) prouvent que Charleville-Mézières est une ville qui décline. Pourtant en regardant de plus prés le budget on s’aperçoit que tous les services ne subissent pas l’austérité. Ainsi, la somme de presque 700 000 euros est prévue pour renforcer le centre de surveillance urbaine dans les locaux de la police municipale. Concernant les économies à faire, l’élection d’un maire adjoint supplémentaire n’était pas indispensable.

Les Carolomacériens subissent la double peine. Ils vivent sur un territoire dont l’économie est fragile avec un taux de chômage de 2 % plus élevé que la moyenne nationale et la majorité municipale prive la population de services utiles au public et on met au pain sec les associations (certaines risquent de ne pas y survivre).

Je ne partage pas cette vision de la gestion. C’est pourquoi l’opposition de gauche a voté contre ce budget 2023.

Sylvain DALLA ROSA

Une soirée ouverte à tous pour le 8 mars

A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les communistes de la cellule Rimbaud du Centre-Charleville soutenus par la section PCF de Charleville-Mézières organisent une soirée ciné-débat.

Au centre André Dhotel, le film « J’irai crier sur vos murs » de Elodie Sylvain et Charlotte Ricco (2021, 13Prods) sera diffusé. Un débat s’en suivra en présence de la réalisatrice Elodie, carolo-macérienne d’origine et marseillaise d’adoption.

Le film dresse le portrait de ces féministes aux actions novatrices, qui passent par l’inscription urbaine, l’affichage : « ces dernières années, les murs de Marseille se sont recouverts d’un nouveau type de messages. Des collages dénonçant les féminicides et les violences faites aux femmes interpellent les passants et redonnent une dimension politique aux inscriptions urbaines. »

Rendez-vous Mercredi 8 Mars 2023 à 19H

Centre André Dhotel

Projection-débat en présence de la réalisatrice Elodie Sylvain

Un moment convivial clôturera la soirée

Comptage des manifestants : un organisme soi-disant « indépendant » !

Pendant longtemps, le chiffrage des manifestants a obéi à une mécanique bien rodée. Chiffres des syndicats considérés comme gonflés à l’hélium par le pouvoir en place, chiffres de la préfecture écrasés au rouleau compresseur !

Maintenant, il y a un 3ème compteur ou plutôt conteur !

Un cabinet parisien dont nous tairons le nom car assez de publicité lui est faite, y compris par les médias publics ! Il prétend prendre de la hauteur (ce qui est vrai pour son comptage), et être au-dessus des « polémiques » ! Sa méthode serait fiable et indépendante…

Ses estimations sont toujours bien évidemment inférieures à celles des syndicats et même de la préfecture de Paris qui est plus « généreuse » ! D’après un physicien, la méthode laisse vraiment à désirer. Une caméra capte les mouvements de foule en hauteur et un algorithme les analyse ! Sauf que, pour que cela fonctionne, Bruno Andréotti nous explique qu’il faut que les manifestants soient suffisamment espacés les uns des autres. Dans une foule dense, cet outil dysfonctionne complètement. Faille méthodologique très politique !

En effet, le fondateur du cabinet, Assaël Adary, ne semble pas lui très indépendant. Il se dit prêt à débattre de sa méthodologie en toute objectivité et, dans le même temps, il « like » sur Twitter de façon hyperactive les macronistes !

Toujours est-il que c’est dans la rue que ça se passe et que cet outil au service de pouvoir ne fonctionne pas ! En effet, nous sommes de plus en plus nombreux sur tout le territoire à battre le pavé dans une dynamique du « on lâche rien ». Rendez-vous le 16 février avant le 7 mars.

Peut-être qu’avec le fondateur de cet outil aux ordres nous serons 2 ou 3 ?!…

Corine POSTAL

Centres sociaux en difficulté

A Revin, le centre social d’Orzy a fermé ses portes l’année dernière. Dans la Pointe le Centre social Le Lien est en difficulté….C’est le cas également au centre social de la Ronde Couture et pour celui de Manchester. A la Ronde Couture, le centre social rayonne sur un quartier de presque 10 000 habitants avec une utilité sociale non contestée. Le financement marquant le pas, le SARC se retrouve en difficulté financière insurmontable.

Pourtant les Centres Sociaux jouent un rôle essentiel dans la société, mettant en lien les personnes de conditions différentes. Sur son site, la Fédération des Centres Sociaux traduit ainsi son rôle : « On a inventé le réseau social 100 ans avant Mark Zuckemberg » ! Souvent ils assument des fonctions qui devraient être celles d’un service public, comme Le Lien dans la Pointe qui assure l’accueil périscolaire.

Leurs financements sont multiples : l’État, les collectivités, la Caisse d’Assurance Familiale, nécessitant de leurs administrateurs de jongler entre les règles de financement des uns et des autres, pour arriver à équilibre un budget.

C’est aussi un secteur d’emploi faisant l’objet de difficultés de recrutement, du fait de la dévalorisation du travail de ces salariés et d’inégalités de salaires entre le secteur public et le secteur privé non-lucratif, de part les décisions gouvernementales à la suite du Ségur de la Santé en 2020.

CAF et préfecture ne peuvent renvoyer les difficultés financières des centres sociaux sur des erreurs de gestion : il s’agit bien d’une question de fond. Accepter de mettre de l’argent public dans ces structures est justifié et nécessaire !

Mobilisation pour l’hôpital de Sedan

500 personnes ont défilé dans les rues de Sedan le samedi 4 février à l’appel du Comité de défense des Hôpitaux de proximité des Ardennes pour réaffirmer la nécessité de garder tous ses services à l’hôpital de Sedan, sa maternité, son service de néonatalogie, son service de surveillance continue.

Les menaces de fermeture sont la conséquence des politiques menées par les gouvernements successifs de limitation du nombre de médecins formés, d’économies drastiques sur la santé. L’Agence Régionale de Santé voudrait faire passer ces fermetures comme inéluctables du fait du manque de médecins anesthésistes. Mais ce manque a été construit !

Curieusement, les mêmes menaces pèsent sur la maternité de Guingamp en Bretagne : là-bas, ce serait du fait du manque de sage-femmes ! Or les sage-femmes ne manquent pas en France, par contre les conditions de travail les font fuir l’hôpital. Plus scandaleux encore, à Guingamp des candidates à l’embauche ont été refusées et la direction de l’hôpital fait tout pour que les professionnelles en poste démissionnent. La pénurie de personnels est sciemment organisée pour accélérer des fermetures de services : il s’agit d’une véritable opération de démantèlement du service public hospitalier pour concentrer les moyens dans les métropoles et favoriser le secteur privé.

A Sedan, les élus se sont mobilisés, une mobilisation conséquente avec leurs engagements antérieurs pour certains. Ce n’est pas le cas de tous, notamment ceux qui siègent au Conseil communautaire où un vœu a été voté faisant l’apologie du gouvernement et de la fusion des 4 hôpitaux ardennais. La présence dans la manifestation était particulièrement hypocrite pour d’autres, comme le député de la circonscription : il ne faudrait pas que les lois qu’il vote aient des conséquences dans sa circonscription, triste conception de son rôle. Son dépôt de plainte après s’être fait enfariné confirme sa duplicité. Il ne supporte pas entendre que ce qui se passe à Sedan est la conséquence des lois de santé, des lois de financement de la Sécurité Sociale qu’il a votées.

C’est dans ce lieu solennel qu’est la préfecture des Ardennes que la directrice générale de l’ARS présentera devant un parterre choisi les mesures prises pour l’hôpital de Sedan ce vendredi à 11h. Dès 14h le même jour, le directeur de l’hôpital réunit les personnels concernés !

Le comité de défense appelle à un rassemblement devant la préfecture vendredi 10 février à 11h.

« Contre vents et marées, » fidèles à Macron

Empêtré dans son projet de réforme du droit à la retraite, E. Macron et son gouvernement cherchent des appuis locaux. C’est ainsi que vient d’être officialisé la constitution d’un groupe « Renaissance » dans les Ardennes. C’est l’ancien député de droite, Philippe Mathot, qui va assumer la présidence de ce groupe.

C’est sans surprise qu’il désigne ses adversaires principaux et notamment le Parti Communiste. Cependant il reconnaît que dans le PCF tout n’est pas à jeter. Ainsi, il précise qu’il va occuper le terrain « comme sait le faire le Parti Communiste ». En revanche la brosse à reluire fonctionne bien pour qualifier la gestion du maire de Charleville-Mézières membre des Républicains. Ceux qui pensent qu’il existe un lien entre le soutien de B. Ravignon à Macron lors de la dernière élection présidentielle……… ont raison. On a hâte de connaître les propositions de Renaissance pour dynamiser l’économie ardennaise.

Sylvain DALLA ROSA

Retraites : mobilisation dans la rue et au parlement !

Retrait, retrait du projet de loi sur les retraites ! La nouvelle journée de mobilisation du 7 février a montré une fois encore que le peuple de France ne veut pas du report de l’âge de la retraite à 64 ans, conteste la prise en compte très restrictive de la pénibilité, veut tout simplement pouvoir profiter de sa retraite pour que cet âge de la vie, libéré des contraintes du travail, survienne assez tôt pour que l’état de santé permette cet apport essentiel à la société que représente les multiples activités des retraités, la garde des petits enfants, la participation à la vie culturelle, associative, politique … Même des petits patrons participent à la mobilisation, bien conscients de l’absurdité de devoir garder des seniors, alors qu’ils pourraient embaucher des jeunes.

Au parlement, l’alliance honteuse des groupes de la coalition présidentielle avec le Rassemblement national a court-circuité la motion référendaire des groupes de gauche en détournant le règlement de l’Assemblée Nationale. En agissant ainsi, le gouvernement montre que pour préserver les intérêts du capital avec sa réforme, il est prêt à prendre le risque de permettre au RN d’apparaître comme un recours. Jamais le RN, dont toute l’histoire témoigne de son rejet de la République, ne sera un allié de la démocratie, des travailleurs et travailleuses, de leurs représentants syndicaux, des retraités, des femmes et de la jeunesse. Bien au contraire, son projet de « préférence nationale» ne débouchera sur aucun progrès social et servira les puissants en divisant le peuple par une violente politique xénophobe et raciste. Son rejet de la réforme des retraites est un rejet de circonstances pour capter la colère populaire alors qu’il s’oppose aux organisations syndicales et ne porte aucun projet alternatif crédible.

Avec un élargissement de l’éventail politique, une nouvelle motion référendaire a été déposée sans que la présidente de l’Assemblée Nationale n’en tienne compte. Un véritable déni de démocratie.

Lors des questions au gouvernement, André Chassaigne a interpellé : « Il y a un régime très spécial auquel vous ne vous attaquez pas, c’est celui de la finance. La politique n’est qu’affaire de choix, vous avez fait les vôtres. Vous dorlotez les riches et demandez des efforts aux autres. Vous refusez de vous attaquer aux revenus financiers ! ». Les députés PCF ont alors brandi la Une de l’Humanité sur les retraites mirobolantes des grands patrons.

Prochain rendez vous de mobilisation le samedi 11 février : dans les Ardennes, rendez-vous au square de la gare de Charleville.

La ligne Givet/Dinant, l’arlésienne

Depuis sa fermeture en 1989 le tronçon ferroviaire de 22 kilomètres Givet/Dinant (3 en France, 19 en Belgique) fait couler beaucoup d’encre. Comme l’arlésienne le dossier ressort périodiquement. Cette fois c’est un comité de pilotage qui s’est réuni en décembre dernier.

En plus de trente ans de tergiversations et de promesses que n’avons nous pas entendu. Même Sarkozy, à l’époque ministre, y est allé de son soutien au projet de réouverture de cette ligne. Sur les quelques 55 millions d’euros, coût de la rénovation, le ministre lors d’un déplacement électoral dans les Ardennes avait promis que la France paierai la moitié de l’investissement alors que l’essentiel de la ligne se trouve en Belgique.

C’est d’ailleurs du côté belge que l’on traîne les pieds pour engager les travaux. Non seulement le coût les alarment mais surtout plusieurs élus belges voient dans ce dossier un risque de concurrence qui ferait perdre une partie du fret (transport de marchandises)qui transiterait par la France. Par ailleurs, près d’un millier de frontaliers pourraient emprunter le transport ferroviaire selon une étude de septembre 2010.

A une période où l’on parle beaucoup d’économies énergétiques, la réouverture de la ligne Givet/Dinant est un atout indéniable. Il est irresponsable de continuer à palabrer et cela tant du coté belge que français. Fin 2021 une « déclaration d’intention » a été signée entre les ministres des transports des deux pays. Une ultime étude doit être rendue fin 2023, il ne faut pas attendre, les problèmes techniques et le coût sont connus, les investisseurs potentiels également. Les travaux doivent démarrer dans les mois qui viennent, l’attente a assez duré.

Sylvain DALLA ROSA

Aéroport de Vatry, l’annonce d’un plan social

Personne ou presque ne connaît l’existence et le fonctionnement de l’aéroport de Vatry dans la Marne. Celui-ci, en activité depuis le début des années 2000 était destiné à alléger le trafic des aéroports parisiens (Roissy et Orly). Sans jeu de mots on s’aperçoit que l’activité de Vatry n’a jamais réellement décollée.

Les collectivités, notamment le département de la Marne, tiennent depuis des années le financement à bout de bras. La Chambre régionale des Comptes chiffre les subventions entre 1992 et 2014 à presque 300 millions d’euros. Forts de ces subventions les dirigeants de Vatry n’ont jamais réellement fait le travail afin d’augmenter le trafic de fret. Les tentatives de réaliser des vols de passagers est encore plus désastreux. Les 116 salariés qui dépendent directement de l’aéroport sont aujourd’hui sur la sellette et l’annonce de la vente de l’aéroport marnais n’est pas fait pour rassurer le personnel.

L’avenir de Vatry est fortement en question. Il faut arrêter la gabegie et trouver une issue positive pour l’avenir. Tous les décideurs, y compris le ministre des Transports, doivent se parler et imaginer ensemble les mesures à prendre. Le Fret reste une piste à explorer. La relance économique, après le Covid, doit permettre de dépasser les 41203 tonnes : résultat obtenu en 2018.

Sylvain DALLA ROSA