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Michel Pinçon nous a quittés

Avec sa femme, Monique, ce grand sociologue engagé a permis de mieux comprendre les mécanismes de domination de la grande bourgeoisie, son mode de reproduction.

Ardennais d’origine, il aimait à revenir dans le département. Nous avions eu le plaisir de l’accueillir avec Monique à la Fédération du PCF en octobre 2019.

A Monique, à toute sa famille, la fédération des Ardennes du PCF présente ses condoléances.

Gestion municipale, 8 ans de perdus

Dans sa prestation pour faire le point de la politique municipale, B. Ravignon n’annonce rien de nouveau et confirme ses fonctions de cumul des mandats électoraux. Premier constat le maire de droite de Charleville-Mézières réaffirme son soutien à E. Macron malgré les coups durs du gouvernement portés contre les collectivités et la population.

Concernant certains dossiers la ville aura perdu presque une dizaine d’années. L’aménagement de la Macérienne avec une Scène de musique actuelle (SMAC) de même qu’un plan de circulation étaient déjà dans les cartons dès le début des années 2010. La reconstruction d’une piscine à la Ronde-Couture était également à l’ordre du jour à la même époque.

Concernant le Schéma des mobilités, pour lequel seulement 15,47% de Carolomacériens avaient voté, il aurait fallu remettre tout en débat notamment sur les aspects litigieux comme la généralisation des 30km/h ou l’introduction du « double sens » afin de permettre aux vélos d’emprunter les sens interdits. Le maire réaffirme également son hostilité à la gratuité des bus pourtant déjà en vigueur, avec succès, dans plusieurs dizaines de collectivités.

A propos de la sécurité la ville mise tout sur des opérations coups de point dans les quartiers et la surveillance par caméras. Aucune allusion concernant l’ouverture d’antennes du commissariat de la police nationale dans les quartiers pour pratiquer l’îlotage comme c’était le cas à la Ronde-Couture avant la fermeture de cette antenne. Pas un mot du maire concernant la casse du service public à l’image de la fermeture du point État civil place du Théâtre à l’accueil mairie. De multiples services sont également en sous effectifs.

Dans sa déclaration le maire confirme sa volonté de poursuivre dans la même ligne. A la fin du mandat les conséquences risquent d’être considérables.

Sylvain DALLA ROSA

Disparition de Sylvette Cieur

Nous avons appris le décès de Sylvette Cieur, trésorière de la section PCF de Revin. Nous garderons un souvenir militant de Sylvette qui avait des liens familiaux sur Revin (la famille Nivelet). Son engagement l’avait conduite à être élue au Conseil municipal de Revin.

NDA et la Fédération des Ardennes présentent à ses proches toutes nos sincères condoléances.

Des chiffres sur la pauvreté qui masquent la réalité

Plusieurs chiffres nous indiquent le fort taux de pauvreté qui touche les Ardennes. Récemment le Conseil départemental communiquait sur les bénéficiaires du RSA dans le département. En 1 an ceux-ci ont diminué de 7,3% passant sous la barre des 10 000 personnes qui perçoivent l’aide sociale du RSA. Malgré ces chiffres, le taux de pauvreté reste cependant très élevé. Dans notre département il est le plus élevé du Grand Est et atteint 19,40% contre 14,40 dans la Marne. Ces chiffres ne tiennent pas compte ni de la chute démographique ni du nombre de personnes qui, par méconnaissance, ne réclament pas leur droit.

On peut faire tout dire aux chiffres mais si on écoute les organisations de solidarité comme le Secours Populaire, les distributions alimentaires n’ont jamais connu une telle fréquentation notamment des jeunes. Pourtant, signe de disparité, la ville de Charleville-Mézières est classée 6e sur les 20 villes ardennaises où vivent les personnes les plus riches. Sedan n’est qu’à la 17e place. Parmi les charges les plus importantes on trouve le logement, celui-ci représente les deux tiers des dépenses pour les ménages pauvres. Selon la Banque de France le nombre de ménages surendettés est en diminution (539 dossiers) une baisse sensible par rapport à l’année de référence de 2019, avant le COVID, qui était de 739 dossiers.

Nous sommes toujours confrontés à une urgence sociale de premier plan qui nécessite la prise de décisions rapides. L’emploi et le pouvoir d’achat doivent être au cœur des préoccupations politiques. Il est intolérable, au 21e siècle, de constater un taux de pauvreté qui reste à un niveau très important.

Sylvain DALLA ROSA

Malgré ses dires, le gouvernement poursuit l’étranglement des hôpitaux

Le gouvernement vient de présenter ses propositions de loi budgétaires. En ce qui concerne la Sécurité Sociale, c’est un tour de passe-passe pour la partie maladie ! Il prétend augmenter la masse des dépenses prévues pour 2023 (en langage juridique, l’ONDAM ou objectif national des dépenses d’assurance maladie) en le comparant au chiffre de l’année dernière diminué de ce qui était prévu en lien avec la COVID ! Sans cet artifice, l’ONDAM baisse de 0,8 %, vraiment pas de quoi répondre aux besoins en matière de santé de notre pays ! Et si une augmentation est prévue pour le budget des hôpitaux, elle ne couvre pas toutes les augmentations de salaires décidées par le gouvernement (l’augmentation du point d’indice et diverses revalorisations accordées à la suite des luttes) et ignore l’inflation ! A tel point que même la Fédération Hospitalière de France, dirigée par le maire de droite de Reims, s’inquiète !

Alors même qu’il faudrait redonner espoir aux soignants qui désertent les hôpitaux, accablés par le mépris de nos dirigeants et par un travail dans lequel ils ne se retrouvent plus car on leur demande rentabilité, là où ils veulent parler « humain ». Leur redonner espoir demanderait un geste politique clair : des moyens pour pouvoir soigner dignement !

Mais le gouvernement a fait une croix sur l’hôpital public préférant le secteur privé !

Un article de ce projet de loi est caricatural : le déremboursement des arrêts de travail en téléconsultation. Alors même que le gouvernement prétend développer les téléconsultations au-delà même du raisonnable (cela peut rendre service, mais ce n’est pas la panacée), le voilà qui met un coup d’arrêt, pénalisant ceux qui ne trouvent pas de médecins traitants ! Il y aurait eu des abus. Si tel est le cas, ce sont les plateformes de téléconsultations qu’il faut surveiller, éventuellement condamner, pas les malades ! Mais il y a des sous à faire dans ces plateformes de téléconsultation ! Un article récent de Médiapart démonte d’ailleurs les liens avec les milieux financiers de l’une d’entre elles, une plateforme à laquelle le nouveau ministre de la santé n’est pas indifférent.

Il s’agit bien, petite touche par petite touche, de faire rentrer l’ensemble des services de soins dans le monde de la finance ! Tant mieux pour ceux qui pourront payer, tant pis pour les autres.

Les exonérations sociales, le refus de la part du pouvoir d’augmenter les cotisations patronales pour faire face aux besoins de la population mettent en cause notre pouvoir d’achat ! Cela concerne la maladie comme les retraites. Précisons pour celles et ceux qui mettent en avant les toutes petites entreprises qu’une telle augmentation pourrait être modulée en fonction des politiques d’emploi et environnementales des entreprises, histoire de prendre l’argent là où il est et de pousser à la réorientation d’une économie plus vertueuse !

Michèle LEFLON

Recul des transports en commun à Charleville-Mézières

Une pétition est lancée par rapport aux changements d’horaire des transports en commun à Charleville-Mézières. Vous pouvez la signer et la renvoyer à la Fédération du PCF, 18 rue de l’Arquebuse à Charleville-Mézières. Elle sera transmise.

Monsieur le président d’Ardenne Métropole,

Le développement des transports en commun passe par une offre renforcée de la circulation des bus. La nouvelle organisation de la ligne 4 sur la Ronde-Couture est contraire à ce principe. Le renfort par la ligne 2C ne résout pas les problèmes avec un bus toutes les heures au lieu de 20 minutes. Par ailleurs cette ligne a pour terminus la gare alors que de nombreux voyageurs se rendent dans plusieurs autres lieux au-delà de la gare.

La ligne 4 passe désormais par la rue Ferroul. Ce qui oblige les personnes qui prenaient le bus aux arrêts des Haybions, de la Piscine, de Gonzague et des Fauvettes à se rendre à pied aux arrêts de la ligne 4. Ce qui est difficile et particulièrement pour ceux et celles qui veulent se rendre à la zone commerciale de la Croisette.

Pour toutes ces raisons nous vous demandons, Monsieur le Président, de revenir à l’organisation (horaires et arrêts) qui existait avant ces changements.

NOM

PRÉNOM

SIGNATURE

Des sorties sèches illégales pour les jeunes majeurs dans le département

De jeunes mineurs isolés, immigrés dans notre pays, se retrouvent à 18 ans menacés d’une OQTF avec suspension du contrat jeune majeur et de l’aide financière accordée par le département. Pourtant, la loi de protection de l’enfance du 7 février dernier interdit les sorties sèches pour les moins de 21 ans.

La présidente de la section de Charleville-Mézières de la Ligue des Droits de l’Homme, C. Depuiset, a écrit au président du Conseil Départemental : voici quelques extraits :

« La Ligue des Droits de l’Homme de Charleville-Mézières a été saisie par un grand nombre de Jeunes Majeurs de Charleville-Mézières ou de Sedan qui ont reçus ou qui sont menacés d’une OQTF assortie d’une suspension du Contrat Jeune Majeur et de l’aide financière accordée par le département. Au vu des documents envoyés par la Préfecture et par vos services, nous avons le sentiment d’une collusion du Préfet et du Président du Conseil Départemental pour jeter à la rue des jeunes de moins de 21 ans.

Dans leur grande majorité, ces jeunes sont en études, en apprentissage, ou ont un contrat de travail et vous les pressez de quitter leurs logements, sans une autre solution alternative. (…)

Nous précisons que dans d’autres départements, le Contrat Jeune Majeur et l’aide financière ont été maintenus envers ces jeunes. »

Le Secours Populaire, un espoir pour la pointe

Depuis 2016, le Secours Populaire est de retour à Givet par le biais d’un comité d’électriciens et de gaziers. Par son activité résolument populaire, il s’est rapidement étendu. Aujourd’hui, le comité se charge de deux boutiques et d’une épicerie solidaire à Givet. En plus de cela, une brocante et une épicerie solidaire ont aussi vu le jour à Fumay.

Par son action quotidienne, l’organisation permet de pallier un tant soit peu la précarité grandissante (que la désindustrialisation a en partie engendrée) mais aussi de tisser des liens entre les citoyens, dans une optique simple : non à l’assistanat, oui à la solidarité populaire. Il ne s’agit pas là d’un embryon, mais bien d’une organisation de masse sur le secteur avec près de 150 bénévoles et bénéficiaires à la dernière Assemblée Générale !

Au-delà des actions de tous les jours et des évènements (chasse aux œufs, journées des oubliés des vacances, repas annuel et pères noëls verts), une forte action d’accompagnement des jeunes est menée en lien avec la mission locale.

Le comité grandit de jours en jours et peut se targuer d’être aujourd’hui à l’avant-garde du combat contre la précarité dans la pointe des Ardennes.

Italie : la catastrophe italienne doit provoquer un sursaut à gauche en Europe. Déclaration de Fabien Roussel

Les résultats qui proviennent d’Italie indiquent que la coalition d’extrême-droite et de droite dominée par les néofascistes arrive en tête avec plus de 44 % des voix et pourra ainsi constituer une majorité au Parlement.

Presque 100 ans jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de Mussolini, la droite fasciste italienne remporte les élections.

Ce résultat, dans un des pays fondateurs de l’UE, est un tournant politique pour toute l’Europe. Il montre l’ampleur de la crise européenne et italienne, tant sociale que politique et démocratique, et la profondeur des inégalités sociales et territoriales.

Par ailleurs, la droite conservatrice, en faisant le choix de s’allier avec l’extrême-droite, et en étant soutenue par la Confindistria, le patronat italien, porte une responsabilité historique dans cette catastrophe.

Ce bloc droitier a exacerbé le racisme et la xénophobie et dévoyé les colères. La situation difficile de la gauche depuis plusieurs années n’a pas permis l’émergence d’un bloc social et politique capable de s’opposer à la recomposition de la droite italienne sur des bases d’extrême-droite. Cela résonne tout particulièrement venant d’un pays tel que l’Italie, qui est depuis plusieurs décennies un laboratoire pour l’émergence d’un bloc droitier autoritaire, libéral, anti-démocratique et xénophobe partout en Europe. Je réaffirme la solidarité des communistes français avec les forces de gauche et communistes, les syndicats, le mouvement social, le mouvement féministe, les défenseurs des droits des migrants et avec tous ceux qui en Italie s’apprêtent à lutter, pied à pied, contre cette majorité dominée par l’extrême-droite.

En Italie comme dans tous les autres pays européens où l’extrême-droite est en position de prendre le pouvoir, il est urgent de reconstruire la gauche, en lien avec le mouvement social et les revendications populaires, pour construire de nouvelles majorités sociales et politiques.

Montée de l’extrême droite en Europe

Les élections du 11 septembre en Suède et les résultats de celles du 25 septembre en Italie montrent que l’Europe vire à la peste brune. En Suède, l’ancien « parti du Reich Nord » arrive en 2ème position avec 20,5 % des voix et est en mesure de dicter ses principales orientations. En Italie, la cheffe Giorgia Méloni rend hommage à l’inspirateur des lois antisémites de 1938. D’autres situations existent dans d’autres pays européens : en Espagne, en Flandre belge et dans une moindre mesure au Portugal.

Les médiations politiques différent d’un pays à l’autre mais le point commun c’est la crise européenne et des gouvernants incapables de répondre aux priorités des gens : pauvreté, insécurité, colère…, ce qui assoit l’influence de l’extrême droite.

Il ne faut en aucun cas sous-estimer le projet politique et la force de frappe de ces partis racistes, xénophobes et antidémocratiques. L’extrême droite est candidate au pouvoir et se met en position de le conquérir pour l’exercer. Elle profite de l’instabilité politique et des crises de régime sans projet.

Les inégalités, la crise du logement et du secteur de la santé sont extrêmement douloureuses pour les peuples. A cela s’ajoute la crise de l‘énergie et l’explosion de ses tarifs partout en Europe .

« Plutôt Hitler que le Front Populaire » s’accommode à toutes les sauces européennes. Pour exemple, l’extrême droite française joue le jeu du capitalisme en s’alliant à la droite pour refuser de voter l’augmentation du SMIC.

Les cas de la Suède et de l’Italie posent l’ampleur des défis de la gauche européenne afin de faire émerger une perspective majoritaire sociale et politique permettant d’ouvrir des brèches dans la logique capitaliste. Il faut rendre crédible l’optique d’une rupture sociale et démocratique et utiliser l’outil politique pour y parvenir, que seul un parti communiste révolutionnaire peut mener.

Comme le dit Vincent Boulet, responsable des questions européennes au secteur international du PCF : « Il est minuit moins une. Pas encore minuit. »

Corine Postal