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Le régime local d’Alsace Moselle Une fausse bonne solution pour développer la Sécurité Sociale

On entend régulièrement donner comme solution pour aller vers un remboursement des soins à 100% la généralisation du régime local d’Alsace Moselle. Mais les hôpitaux de Strasbourg ou de Metz vont aussi mal qu’ailleurs en France, faute de ressources financières. Pourquoi? Tout simplement parce que les dotations de la Sécurité Sociale y sont aussi insuffisantes que partout en France!

Le Régime Local d’Alsace Moselle n’est en fait qu’une super mutuelle dont l’intérêt majeur est que les remboursements sont effectués directement par les CPAM, évitant une double gestion et donc les frais en rapport, la Sécurité Sociale se faisant rembourser globalement par le Régime Local. Sauf quelques cas particuliers (le forfait hospitalier est remboursé) les remboursements, à des taux plus élevés que dans le reste du territoire, se font sur la base des tarifs de la Sécurité Sociale et cela ne règle donc pas les remboursements d’optiques, soins dentaires, appareils auditifs …. sans recours à une autre complémentaire auquel sont contraints les bénéficiaires de ce régime également pour les dépassements d’honoraires par exemple.

Seuls les salariés du privé sont concernés et ce régime est obligatoire avec des cotisations uniquement salariales. Ce régime s’est fait sa réputation sur des apparences: les taux élevés de remboursement directement par l’Assurance Maladie et des baisses des cotisations … après une hausse pour rembourser les dettes. Et, pas d’illusion à se faire sur la gestion démocratique par les salariés du régime local: il ne concerne que les fonds récoltés par la cotisation spécifique, en rien l’ensemble de l’Assurance Maladie.

Il n’est évidemment pas question de supprimer ce régime, intéressant pour les populations concernées, mais il ne représente pas l’avenir!

Il laisse la même place à des complémentaires qui sont de plus en plus liées à la finance, quand il ne s’agit pas directement de banques, alors qu’il faudrait intégrer dans la sécurité sociale de base la réalité des tarifs des lunettes, appareils auditifs …et interdire les dépassements d’honoraires.

Il ne règle pas le problème fondamental de la Sécurité Sociale, l’augmentation des recettes en s’attaquant au rapport capital/travail, en augmentant les cotisations patronales tout en les modulant selon les politiques sociales et environnementales des entreprises et en faisant cotiser les revenus financiers de celles-ci.

Michèle LEFLON

L’ADAPAH sabordée

Le conseil départemental, par un écrit de son président, N.Bourgeois, abandonne l’association l’ADAPAH 08 qui s’appelle désormais AMAËLLES. Cette structure associative emploie plus de 500 salariés pour s’occuper de plusieurs milliers de personnes âgées ou handicapées. Jusque là le conseil départemental venait en aide à l’association à hauteur de 10 millions d’euros par an. Confrontée à des difficultés financières l’ADAPAH souhaitait obtenir une rallonge de 2 millions d’euros de la part de la collectivité.

Plutôt que d’aider la structure à franchir un moment difficile et à s’en sortir les élus du conseil départemental n’ont pas hésité à mettre « AMAËLLES » dans le rouge sur le plan financier. En refusant purement et simplement de continuer à financer le soutien aux personnes âgées ou handicapées , c’est l’incertitude pour l’avenir qui domine.

Résultat, le Tribunal vient de mettre l’association en redressement judiciaire. Les juges ont donné jusqu’au 10 mai pour trouver une solution financière pour assurer la continuité de l’action. L’avenir de celle-ci dépend, en grande partie, de la décision du conseil départemental. Celui-ci a t-il déjà fait une croix définitive sur l’aide que la collectivité doit apporter aux personnes concernées ? On savait que la droite n’avait pas la fibre sociale mais à ce point cela relève du sabordage. Relayée par le syndicat CGT de l’association, l’angoisse des salariés et des familles est forte.

Jamais la nécessité du changement n’a été aussi forte

Le Parti Communiste Français tenait son congrès national entre le 7 et le 10 avril dernier à Marseille. Une délégation des Ardennes, dont j’ai eu la chance de faire partie, était présente. Nous avons présenté les amendements votés par les communistes ardennais sur le texte de base commune et les statuts du PCF. Ces amendements portaient tous une ambition commune : le renforcement de notre parti et l’affirmation du projet communiste. C’est ce que je retiendrai également des débats du congrès et du vote des délégués en ce sens à plus de 80%.

Nous faisons face à un gouvernement et un président sourds et aveugles à l’expression de la démocratie sociale et au rejet massif de la réforme des retraites par la population, avec un mouvement social inédit depuis plus de trois mois. Le mépris du pouvoir en place à l’égard des corps intermédiaires est insupportable. Le Parti communiste porte cette responsabilité de donner une issue politique à cette colère sociale.

Alors que les services publics ferment, comme la maternité de Sedan ou des établissements scolaires à Charleville-Mézières, alors que les emplois sont toujours menacés dans les entreprises de notre territoire, comme à Bogny avec l’usine Walor, nous, communistes, affirmons vouloir construire la France des Jours Heureux. Nous exigeons du travail pour toutes et tous, sans distinction, dans de bonnes conditions, et en particulier avec une retraite à la hauteur des conditions de vie. Nous nous opposons aux projets d’austérité de la droite. Nous ne laisserons pas passer une société de la haine et du rejet de l’Autre voulue par l’extrême droite.

Les communistes vous donnent rendez-vous le 1er Mai pour la manifestation massive pour le retrait de la réforme des retraites aux côtés de l’intersyndicale. Rejoignez le PCF !

RDV à 9 h 30 place Ducale à Charleville-Mézières

Irène Perrin Toinin

L’ÉTABLI un film à voir

Il n’est pas courant que Nouvelles des Ardennes fasse la publicité pour un film. Celui qui vient de sortir en salle est à voir absolument. Il n’est pas dans la ligné des films commerciaux.

L’histoire se déroule dans le prolongement de mai 68. Afin de prolonger la révolte populaire, Robert, normalien et militant d’extrême-gauche, décide de se faire embaucher chez Citroën en tant que travailleur à la chaîne. Comme d’autres de ses camarades , il veut s’infiltrer en usine pour raviver le feu révolutionnaire, mais la majorité des ouvriers ne veut plus entendre parler de politique. Quand Citroën décide de se rembourser des accords de Grenelle en exigeant des ouvriers qu’ils travaillent 3 heures supplémentaires par semaine à titre gracieux, Robert et quelques autres entrevoient alors la possibilité d’un mouvement social. L’ÉTABLI est l’adaptation de l’illustre roman éponyme de Robert Linhart.

Sylvain DALLA ROSA

La casse du service public continue

A l’occasion du conseil municipal de Charleville-Mézières le 13 février dernier l’intervention de Sylvain DALLA ROSA a marqué les débats. Le conseiller municipal communiste a rappelé que depuis qu’il est élu il a à cœur de défendre les services publics. Fort de cet engagement il s’insurge quand le maire informe l’assemblée communale que le marché de nettoyage des bâtiments municipaux est attribué à la société Lustral. Que vont devenir les agents municipaux qui effectuent actuellement cette tache ? Ce dossier le confirme, la droite casse les services publics, la gauche les défend.

Sur un autre aspect, rien dans le dossier n’évoque l’annulation du projet portant sur la création d’équipements sportifs et d’un nouveau collège (responsabilité du conseil départemental) à la Ronde Couture. Cette décision intervient alors que 10 lots sur 13 pour les équipements sportifs, sont déjà attribués pour réaliser les travaux. Dans sa perspective la plus haute la rupture des contrats avec les entreprises coûtera à la collectivité plus de 500 000 euros de dédit. Quand une reprise des projets se concrétisera t-elle?

Enfin, la décision de fermer le centre aquatique du Mont Olympe pendant l’été pour des travaux de mise aux normes en matière d’énergie alors que sur la même période la piscine de la Ronde Couture est depuis quelques années fermée pendant l’été. Cela revient à une situation ou sur la ville il n’y aura plus de piscine ouverte cet été pour les Carolomacériens. De plus le centre aquatique constitue un atout pour le camping.

La casse du service public continue

Les institutions doivent évoluer

Le dernier redécoupage des régions, initié à l’époque par F. Hollande, date de 2015. Avec le Grand Est qui regroupe 10 départements les Ardennes ont été intégrées dans un assemblage atypique rendant de fait les régions très difficiles à administrer et engendrant des dysfonctionnements préjudiciables.

Notre département pèse peu face à l’Alsace ou la Lorraine. Déconnecté du débat et des manifestations contre le projet de loi sur les retraites E. Macron planche sur un nouveau redécoupage de quatre grandes régions. Le Grand Est en ferait partie. La volonté de réforme ne s’arrête pas au redécoupage des régions. Plusieurs dossiers sont évoqués par le chef de l’État. Réduction du nombre de parlementaires, réforme des modes de scrutin, retour au septennat seraient dans le collimateur. Macron a d’ailleurs consulté ses prédécesseurs à l’Élysée sur ces questions.

Incontestablement il y a nécessité de revoir un certain nombre de dossiers mais cela suppose de ne pas passer en force comme pour le texte sur la réforme des retraites. C’est l’ensemble des institutions de la 5ème République qui sont à revoir!

Alsace: une sortie du Grand Est….par la petite porte

Jusqu’au 15 juillet les habitants de la collectivité européenne d’Alsace (CEA), anciennement le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, sont consultés par les élus de droite qui dirigent la collectivité alsacienne. Il s’agit pour ces dirigeants de faire s’exprimer la population sur une éventuelle sortie de la région Grand Est.

Depuis la création des nouvelles régions en 2016, de nombreux élus se prononcent pour une sortie de l’Alsace de la région. L’objectif de « cette grande consultation citoyenne » est de permettre à l’Alsace de disposer des compétences départementales et régionales. Aujourd’hui le statut de l’Alsace est unique en France. Les conseillers régionaux alsaciens de droite n’hésitent pas à présenter leur département comme un territoire au dessus des autres notamment dans le domaine économique. Il faut espérer que le financement de cette consultation ne se fasse pas par la région. L’entité alsacienne est déjà un territoire qui dispose de mesures exceptionnelles comme le concordat (l’État rémunère les prêtres). Étendre ces mesures aux autres départements est également en arrière pensée.

Sylvain DALLA ROSA

Macron le méprisant

Après avoir promulgué dans la précipitation la loi scélérate sur la réforme de retraites la nuit suivant sa validation par le Conseil Constitutionnel, le Président de la République a de nouveau fait étalage de son outrecuidance lors de son intervention télévisée du 17 avril 2023.

Comment peut-il oser parler de présentations de projets de réformes pour améliorer entre autre, la santé, l’emploi des seniors, l’amélioration du pouvoir d’achat… lorsque l’on fait le bilan des résultats de sa politique après presqu’une année de son second mandat au pouvoir.

Après la démonstration de détermination et d’union des salariés, demandeurs d’emploi, retraités, étudiants sous la bannière d’une union syndicale exemplaire lors d’une douzaine de journées de manifestation, sa dernière prestation télévisée n’a fait que traduire son mépris face à la vindicte populaire et sa totale déconnexion avec la réalité quotidienne des citoyens. La seule ligne directrice en matière de politique ne tend que vers un seul but : le toujours plus en matière de profits !

Plus que jamais il n’est que le Président des riches.

Face à cette attitude psychorigide la mobilisation ne faiblit pas, le prochain grand rendez-vous de l’intersyndicale est fixé au 1er mai, qui sera sans doute historique.

Pour nous, militants communistes au lendemain du 39e congrès, congrès amplement réussi qui renforce l’image, selon un sondage IFOP, de premier parti en capacité de rassembler la gauche nous nous devons d’ être encore plus déterminés, mobilisés et mobilisateurs.

Aller au-devant des citoyens pour convaincre qu’une autre construction de société est possible pour améliorer notre place de leader d’une gauche conquérante.

Comme le dit Fabien Roussel :  « soyons partout offensif-ves, rassembleur-ses, déterminé-es à faire grandir nos idées et notre démarche de rassemblement pour gagner ! »

Patrick LATTUADA

Le Conseil départemental en difficulté

La gestion du conseil départemental (CD) par la droite n’est pas « un long fleuve tranquille ». Le budget 2023 de la collectivité territoriale, voté par les élus majoritaires, montre à l’évidence la fragilité de ses finances. Incontestablement la hausse de 1,6% du RSA à compter du 1er avril, pèse sur les finances du CD. Cette aide, pour soutenir les plus défavorisés, est gérée par la Caisse d’allocation familiale et financé par le CD à hauteur de 63 millions. A elle seule cette dépense représente plus de 18% du budget de fonctionnement loin d’être compensée par l’État..

Il faut dire que les gabegies financières entachent les dépenses du CD. Si on prend l’exemple du barreau de raccordement routier, son pont qui ne débouche sur rien a coûté à la collectivité la somme de 3 millions d’euros. Le personnel du CD est victime de cette gestion. Ainsi, 194 agents sur les 550 bénéficiaires sont privés de la prime dite « Ségur » décidé par le gouvernement à hauteur de 189,00 euros par salarié. Situation qui, à l’appel de la CGT et de SDU08, avait débouché sur une grève.

Comme beaucoup de collectivités le CD a recours à l’emprunt pour équilibrer ses comptes. Pour 2023 ce sont 21 millions que celui-ci empruntera pour faire face à des dépenses de gestion de plus en plus lourdes. Notamment en raison de la flambée des dépenses énergétiques.

L’opération médiatique de rencontre entre le Président du CD (N. Bourgeois) et le ministre des comptes publics ainsi que le Président du Sénat n’aura pas été d’une grande efficacité.

Sylvain DALLA ROSA

Pour l’hôpital de Sedan, pour sa maternité, rassemblement samedi 15 avril à 11h

La sénatrice ardennaise, Else Joseph appartenant aux Républicains, peut verser des larmes de crocodile sur la maternité de Sedan. La situation catastrophique des hôpitaux en France, de celui de Sedan en particulier, est la conséquence des politiques des gouvernements successifs : dans la liste des attaques contre l’hôpital public, la loi Bachelot votée dans la période Sarkozy/Fillon est en bonne place en supprimant la notion de service public hospitalier, en donnant un coup d’accélérateur aux politiques de restriction financière. D’autres lois sont venues depuis aggraver la situation, mais les décisions prises alors par Les Républicains, le parti d’Else Joseph, marque une rupture, le moment où la gestion hospitalière n’a plus été tournée vers le soin, mais vers la rentabilité. Les personnels ont résisté, mais dix ans plus tard, ils quittent massivement l’hôpital public !

En interrogeant le ministre de la Santé et de la prévention, Else Joseph aura quand même eu un mérite : celui d’obliger ce dernier a avoué que la maternité de Sedan n’avait plus d’avenir, tout du moins dans le schéma ministériel.

C’est inconcevable, inconcevable pour la sécurité de la population, inconcevable pour l’avenir du bassin sedanais.

Aussi la Fédération des Ardennes du PCF appelle à participer au rassemblement organisé par le comité de défense des hôpitaux de proximité des Ardennes ce samedi 15 avril à 11h devant l’hôpital de Sedan.

Un banquet républicain contre « les interdits religieux »

Ce vendredi 7 avril, un banquet républicain contre les interdits religieux était organisé par la fédération ardennaise de la Libre Pensée. Au delà de faire un bon repas entre amis et sans aucune restriction culinaire, il s’agissait de réaffirmer les principes de laïcité et de liberté de conscience. Les participants à ce banquet ont tenu à réaffirmer leur attachement à la constitution française qui affiche comme principe « la séparation des Églises et de l’État et la défense de la laïcité ».

C’est le président ardennais de la Libre Pensée, Alain Tournafol, qui a, dans son discours d’accueil, précisé les positions de la Libre Pensée. Il a tenu à réaffirmer que les symboles religieux ne sauraient être présents dans la sphère publique. Ces principes sont proclamés par la loi de 1905 (article 28).

L’occasion de ce banquet aura été également un moment pour se rappeler les sacrifiés de la Commune de Paris fusillés au cimetière du Père Lachaise. La répression n’était pas nouvelle, ainsi l’exemple du Chevalier de La Barre torturé et condamné à mort par l’Église en 1766, montre le caractère répressif de celle-ci. Les motifs étaient « impiété et blasphèmes ». Une statue du sacrifié avait été positionnée devant l’Église du Sacré Cœur à Montmartre et déplacée en 1926. La statue est déboulonnée le 11 octobre 1941 sous le régime de Vichy.

Le sacré cœur est édifié à partir de 1873, le bâtiment est officiellement achevé en 1923, pour, selon l’Église, se faire pardonner des lois progressistes prises par la Commune de Paris en 1871. Une souscription est lancée pour redonner à la statue du Chevalier de la Barre son emplacement d’origine.

Par ailleurs, la Libre Pensée ardennaise apporte son soutien à la Ligue des Droits de l’Homme devant les menaces du ministre de l’Intérieur. Nous contestons l’affirmation qui présente les racines chrétiennes de la France. C’est un non sens car celles-ci découlent de différentes civilisations gréco-romaine et des philosophes des Lumières.

Sylvain DALLA ROSA