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Des élus de plus en plus inquiets

L’association des maires de France (AMF) a tenu son 105e congrès du 20 au 23 novembre dernier. Le thème principal était « la République menacée ». Ces quatre jours de débats ont permis aux élus de faire état de leurs craintes concernant les finances des collectivités. La flambée de l’énergie et une hausse insuffisante des dotations d’État suscitent les pires craintes chez les maires. Certains-es ont même dénoncé une mise sous tutelle de l’État. Autre point qui a fait l’objet d’interventions, la sécurité des élus.

Dans les Ardennes désormais l’AMF devient l’AMDA (l’association des maires et présidents d’intercommunalités des Ardennes). En effet, de plus en plus de compétences sont exercées par les intercommunalités. Progressivement ce sont l’économie, le sport de haut niveau, la gestion de l’eau ou des déchets qui sont aujourd’hui assumés par les intercommunalités.

Depuis 2014 celles-ci sont devenues des collectivités tentaculaires. A l’image d’Ardenne Métropole qui regroupe 58 communes et plus de 120 000 habitants quasiment la moité du département. Cerise sur le gâteau la présidence est confiée au maire de Charleville-Mézières. Il s’agit là d’un cumul qui ne permet pas une gestion efficace au plus près des préoccupations des habitants. La loi interdit le cumul des présidences d’exécutifs. Mais comme les intercommunalités ne sont pas élues au suffrage universel il est possible de cumuler. Une réforme électorale est indispensable. Il est urgent que les conseillers élus dans les intercommunalités soient désignés par les électeurs. Bien évidemment, dans notre département l’AMDA est outrageusement dirigée par la droite.

Sylvain DALLA ROSA

Empreinte 2050

Le PCF a présenté son plan pour le climat il y a quelques jours. Le GIEC et des dizaines de milliers de scientifiques alertent sur la gravité de la situation mais aussi pour dire qu’il est encore possible de limiter le changement climatique, dans des limites qui nous préservent d’un saut dans l’inconnu, à condition de réduire immédiatement, massivement et durablement les émissions de gaz à effets de serre et à sortir des énergies fossiles.

Il nous faut donc agir vite et fort. C’est le sens du plan climat pour la France, Empreinte 2050, présenté par le Parti Communiste, montrant qu’il existe une alternative crédible pour lutter contre le réchauffement climatique, sans pénaliser les Français, sans provoquer de chômage, sans augmenter les inégalités, sans nourrir de la désespérance.

Nous voulons des Jours Heureux sur une planète viable.

Ce plan qui a été travaillé avec des ingénieurs et des scientifiques présente trois spécificités qui lui donne une force considérable :

Premièrement, il a une ambition claire : atteindre la neutralité carbone en 2050 et réduire massivement notre empreinte carbone, en nous attaquant aux émissions liées à nos importations. Cela veut dire que la France doit produire ici ce dont elle a besoin et qu’un mix énergétique est nécessaire.

Deuxièmement, Empreinte 2050 propose que cette transition énergétique se réalise dans la justice sociale et la coopération internationale : pas de plan climat sans Jours Heureux pour tous et pas de Jours heureux sans climat préservé. Cela suppose des mesures pour le transport, le logement …

Troisièmement, le plan climat pour la France Empreinte 2050 se donne les moyens de ses objectifs. Il s’appuie sur une démocratisation de la société, de nouvelles institutions et mobilise des moyens financiers inédits pour atteindre ce but.

Un plan de circulation obsolète

Il y a deux ans on avait enregistré une très faible participation au référendum sur le « Schéma des mobilités » (15,47%). Malgré une réglementation très stricte qui rend nécessaire une participation de 50% des inscrits pour être appliquée le maire de Charleville-Mézières a décidé seul de mettre en œuvre ce schéma. Deux ans après quel est le résultat ?

Nous assistons à une multiplication des travaux qui ont engorgé la ville depuis l’été mais qui ne concernent pas la rénovation du plan de circulation. Depuis sa validation par la majorité municipale on ne peut pas dire que des modifications majeures, qui touchent au plan de circulation, ont été réalisées. La décision la plus marquante est la mise en place d’une limitation à 30km/h sur l’ensemble des rues municipales et d’un plan deux roues avec le traçage de bandes cyclables qui ne changent rien au plan de circulation.

Alors qu’il reste deux ans avant la fin du mandat municipal tous les élus savent que les réalisations d’envergures se démarrent dans la première moitié du mandat. Le « Schéma des mobilités » contient une proposition majeure, la rénovation ou la réalisation de trois carrefours qui doivent fluidifier la circulation. Si les travaux ne sont pas engagés rapidement ils n’interviendrons pas dans le mandat en cours.

Dans ce dossier les propositions de la gauche ne sont même pas débattues comme la gratuité et le développement des transports ou comme dans de plus en plus de villes de taille moyenne, l’interdiction dans les rues piétonnes de rouler en vélo ou en trottinette.

Sylvain DALLA ROSA

Surenchère de la droite sur la loi immigration !

C’est au Sénat que le ministre Darmanin s’est lancé en premier pour faire adopter son projet de loi « Immigration et intégration ». La droite sénatoriale a renchéri en durcissant encore le texte :

– limitation du droit du sol et du regroupement familial ;

– obligation de résider dix ans en France avant d’accéder à la nationalité ;

– quotas triennaux d’immigration sans critères explicites ;

– limitation de l’immigration étudiante ;

– privation de l’étranger en situation régulière d’allocations et de prestations sociales pendant ses cinq premières années de présence sur le territoire français, alors qu’il cotise, paie des impôts ;

– remise en cause de l’aide médicale de l’État (AME), une mesure qui a soulevé un tollé dans le monde médical.

Le pari sur lequel repose cet ensemble de dispositions est totalement faux : celui qu’en dégradant les conditions d’accueil des étrangers, ils seraient dissuadés de venir. Sauf qu’ils viendront, mais dans des conditions déplorables et lamentables. Il est vain d’imaginer que l’immigration cessera. La seule question qui se pose est la suivante : comment affronterons-nous, ensemble, ce défi migratoire ? Ce n’est pas avec ce texte ! Il ne permet pas l’intégration. Comment intégrer, dès lors qu’on se refuse à régulariser des hommes et des femmes sans-papiers qui travaillent, cotisent et paient des impôts ? Comment intégrer, dès lors qu’on se refuse à permettre aux demandeurs d’asile de travailler plutôt que de vivre des revenus de l’assistance ? Comment intégrer en faisant des étrangers un groupe à part, privés de tout, sauf du droit d’être exploités ?

Les sénateurs communistes ont permis des avancées notamment avec un amendement qui permettra d’accorder un titre de séjour provisoire aux victimes des marchands de sommeil qui portent plainte. Mais cela ne saurait effacer l’ensemble des reculs de ce projet de loi.

Il est construit dans le déni : vendre le mirage d’une immigration zéro ou quasi réduite à néant. Ce déni, c’est le chaos au lieu d’organiser les conditions d’un accueil digne et d’une intégration par l’école, par la langue et par le travail. C’est l’absence de voie légale d’immigration qui crée un marché pour les passeurs ; c’est l’absence d’hébergements dignes qui crée un marché pour les marchands de sommeil. C’est, enfin, l’absence de régularisation massive par le travail qui crée les conditions pour que des patrons voyous puissent profiter de la misère.

Michèle LEFLON

Faire payer…..les pauvres

Les quelques 9600 foyers ardennais qui perçoivent le RSA (revenu de solidarité active) vont subir de plein fouet la récente réforme votée par le parlement. Quand il s’agit de s’attaquer aux droits sociaux les Macronistes trouvent dans la droite un allié de circonstance. Ce ralliement a pour objectif de voter une loi qui pointe du doigt les bénéficiaires du RSA. Désormais la loi conditionne le versement de l’allocation à l’obligation de travailler 15 heures par semaine et ce gratuitement.

De nombreux observateurs dénoncent ces nouvelles dispositions. Il s’agit d’une stigmatisation des populations déjà fragilisées et souvent en détresse sociale. Pour sa part le patronat se frotte les mains. Il va disposer gratuitement d’une réserve de chômeurs « taillables et corvéables » à souhait.

Créé en 2009 le RSA est, à l’origine, une allocation de solidarité qui est attribuée à ceux qui n’ont plus de ressource ou vivent sous le seuil de pauvreté. Actuellement le montant du RSA est, pour une personne seule, de 607 euros par mois. A défaut de s’attaquer aux plus riches le gouvernement préfère pénaliser les plus démunis. Le président du Conseil départemental des Ardennes et sa majorité ne trouvent rien de choquant dans la réforme. Pour ne pas apparaître trop consensuel il réclame une aumône du gouvernement pour faire face à la pauvreté des Ardennais.

Sylvain DALLA ROSA

Privilégier l’arbre

La place de la forêt est une des composantes incontournables du département des Ardennes. Pour s’en tenir au périmètre du Parc Naturel Régional (PNR) les sites boisés représente 52% du territoire. C’est donc naturellement que le projet de création d’une « Forêt Primaire » a été présenté en 2022.

Porté par l’association du botaniste Francis-Hallé cela pourrait voir le jour sur une surface transfrontalière de 70 000 hectares. Avec ce projet il s’agit d’une opération pour préserver une forêt ou l’Homme n’interviendrait plus. L’arbre avec son utilité floristique et faunistique est vital pour la planète. Quand on sait qu’il est nécessaire d’environ 800 ans pour créer une « Forêt Primaire » on agit pour les générations futures. En France, il n’y a pas encore de « Forêts Primaires », mais il y a des forêts anciennes qui peuvent servir de base pour en créer une.

Dans les zones tempérées, comme l’Europe, 8 siècles sont nécessaires pour obtenir une « Forêt Primaire » à partir d’une forêt secondaire. Cette proposition ne suscite pourtant pas l’enthousiasme chez les élus. Le PNR, présidé par la droite, y est même carrément hostile. L’avis de la population est pour l’instant ignoré puisque personne n’a pris la peine de la consulter. Cette proposition de « Forêt Primaire » mérite que l’on y réfléchisse. En tous les cas qu’on ne la rejette pas systématiquement par idéologie et soutien aux différents lobbyings. Il est urgent qu’un véritable débat s’instaure et que les collectivités, particulièrement les intercommunalités, soient consultées.

Sylvain DALLA ROSA

Élections européennes – Consultation des communistes

Ce week-end, les adhérent·es du Parti communiste ont approuvé à 91%, à 98,5 % dans les Ardennes, la proposition de désigner Léon DEFFONTAINES tête de liste du PCF pour les élections européennes dans le cadre de la construction d’une liste de large rassemblement portant clairement les valeurs et les propositions d’une gauche rompant avec le capitalisme.

Antisémitisme et défense de la démocratie

Le 12 novembre dernier les citoyens français étaient invités par la Présidente de l’Assemblée Nationale et le Président du Sénat auxquels s’est jointe la première ministre, à manifester contre l’antisémitisme. Données à l’appui il est indéniable que l’on traverse depuis quelques temps une véritable recrudescence des actes antisémites. Une chose est certaine, tous les citoyens juifs vivant en France ne sont en rien responsables des actes et de la politique de guerre émanant du gouvernement du 1er ministre israélien Benyamin Netanyahou, tout comme les Palestiniens et ou les musulmans présents sur le territoire national ne sont pas des soutiens du mouvement terroriste du Hamas.

C’est pourquoi il aurait été plus juste d’appeler à une manifestation nationale contre l’antisémitisme, contre tous les racismes et pour exiger un cessé le feu immédiat et une libération des otages afin d’épargner les milliers d’innocents victimes de l’aveuglement des protagonistes guidés par leur fanatisme. 

Malheureusement cette perception des choses n’est pas venue à l’idée de celles et ceux qui ont utilisé cette énième épisode de guerre par, j’ose le dire, démagogie allant jusqu’à accepter dans les cortèges des manifestations des représentants de partis et d’élus ouvertement xénophobes. Sans oublier la cheffe du gouvernement défendant la démocratie à coups de 49.3 pour faire passer des lois antisociales rejetées par le peuple face à des parlementaires réduits par force au silence.

Le monde et ses citoyens ont besoin d’un véritable mouvement pacifiste pour qui la priorité est le vivre ensemble libre et heureux plutôt que le toujours plus en matière de bénéfices  réservé à une caste qui se croit supérieure et protégée par sa richesse.

Patrick LATTUADA 

Gaza : halte au carnage, cessez le feu immédiat

Le gouvernement de l’état d’Israël continue de lancer des bombardements d’une violence inouïe ainsi qu’une intervention terrestre contre Gaza.

Les odieux actes terroristes du Hamas commis le 7 octobre ne les justifient en rien.

Le fait d’infliger à la population civile palestinienne une punition collective, de provoquer un effondrement humanitaire mettant en danger la vie des 2,4 millions de Gazaouis, un déplacement forcé d’une partie de la population et la destruction d’ores et déjà de 45% des bâtiments civils de la bande de Gaza constituent des crimes de guerre. B. Netanyahou devra en répondre devant la Cour Pénale Internationale.

L’inaction internationale, voire le blanc seing adressé au gouvernement d’extrême-droite de B. Netanyahou,  portent une lourde responsabilité. Rien n’a été fait depuis plus d’un mois pour stopper l’engrenage des tueries. Le gouvernement des États-Unis prend le risque d’une extension du conflit. Le conseil européen a fait preuve d’une coupable lâcheté politique.

Assez de morts ! Assez de destructions ! La population de Gaza est face à  un risque de carnage, couvert par la coupure des communications.

Il est encore possible d’agir. La résolution votée par l’assemblée générale de l’ONU appelant à une trêve humanitaire est un point d’appui. La France s’est prononcée en sa faveur. Elle doit maintenant  concrétiser son vote en faisant pression sur le gouvernement de l’état d’Israël pour que la résolution soit mise en application.

L’urgence est au cessez-le-feu, à la libération des otages, à l’aide humanitaire et à la protection de toutes les populations civiles.

L’urgence est à la réouverture d’une perspective politique de paix dans le droit et la justice pour le peuple palestinien et le peuple israélien.

La France doit appeler clairement à un cessez-le-feu, à mettre fin aux bombardements contre les populations civiles. Elle doit reconnaître l’État de Palestine comme première étape vers la nécessaire solution à deux États vivant en paix et en sécurité, sur la base des résolutions de l’ONU.

Hanon Systems, les profits avant l’emploi

L’entreprise Hanon-Systems, située dans la plaine Montjoly à Charleville-Mézières, a connu plusieurs rebondissements ces dernières décennies. L’usine a été rétrocédée à plusieurs marques. Depuis sa création pour fabriquer des engins de travaux publics sous la marque Richier, cette entreprise aura connu le rachat par Ford, Visteon ou aujourd’hui par le groupe coréen Hanon Systems.

A l’époque de Vistéon en 2004 l’entreprise comptait jusqu’à 1300 salariés. De restructurations en restructurations les effectifs sont tombés à 750 en 2012, 600 en 2015 et à 400 aujourd’hui. Ce sont prés de 1000 emplois supprimés en 20 ans, après avoir été financés par l’argent public que les différents Préfets des Ardennes ont toujours refusé de communiquer.

Les syndicats et particulièrement la CGT et l’UNSA tirent à nouveau le signal d’alarme. Hanon Systems annonce sa volonté de supprimer une soixantaine d’emplois. Ce serait essentiellement des départs en préretraite non compensés. Le motif invoqué cette fois ci c’est le changement de production attendu avec la création des voitures électriques qui va révolutionner la production automobile. La situation de Stellantis (anciennement PSA) aux Ayvelles avec ses 1650 salariés est dans la même situation. Le gouvernement doit agir pour favoriser cette transition dans les usines et maintenir la production sur notre territoire.

L’annonce faite par le ministre de l’Économie en début d’année précisant que les Ardennes seraient prioritaires dans le changement de production est aujourd’hui « lettre morte ». Les ardennais en ont assez de la stratégie des groupes industriels qui ne dirigent leurs entreprises qu’en fonction des profits à réaliser.

Sylvain DALLA ROSA