Ravignon, la boulimie du pouvoir

On savait le maire de Charleville-Mézières accro au pouvoir mais là on atteint le summum du cumul des mandats électifs. L’annonce que B. Ravignon conduira la liste de droite « Les Républicains » en juin prochain aux élections régionales confirme la boulimie de pouvoirs du maire de Charleville-Mézières. Cette candidature est d’autant plus surprenante que le siège du Conseil Régional se situe à Strasbourg soit 350 kilomètres.

Cette situation n’est pas nouvelle. Aujourd’hui B. Ravignon cumule déjà de nombreux postes, maire de la ville chef lieu, président de la communauté d’agglomération, président du conseil de surveillance de l’hôpital ou de l’EPAMA……. Pour ne citer que les plus importantes délégations.

Avec cette multiplicité il est dans l’impossibilité de bien appréhender l’ensemble des grandes questions dans chaque collectivité. C’est la gestion de droite qui s’applique sans garde-fou, notamment sur le démantèlement des services publics.

Ainsi, le mandat régional qui s’achève aura été marqué par la domination de l’Alsace sur le Grand Est. Maire de Charleville-Mézières, B. Ravignon a été peu présent (sauf sur les photos) pour faire prendre en compte la situation économique et sociale de notre ville par la région.

Moralité, donnons au maire le temps de s’occuper de sa mairie, ne l’envoyons pas à Strasbourg.

Sylvain Dalla Rosa

On juge une société à la manière dont elle traite ses aînés

La défenseure des droits a formulé 64 recommandations dans un rapport du 4 mai. L’augmentation de mesures liberticides empêchant les résidents des EHPAD et leurs familles de circuler y est largement dénoncée. En effet, la vie familiale et privée des résidents a été et est toujours largement amputée.

Ces droits sont pourtant fondamentaux et indispensables à l’intégrité et l’équilibre psychologique des pensionnaires. Le rapport bénéfice/risque de ces mesures censées protéger nos aînés a et est toujours sous évalué.

De plus, un décalage flagrant existe entre les annonces gouvernementales et leur application dans les territoires. Les directions d’établissement et ou les ARS ont tous les pouvoirs et les résidents comme leurs familles doivent obéir sans broncher.

La charte des droits et libertés de la personne âgée en situation de handicap ou de dépendance est pourtant très claire dans son article 4 : « le maintien des relations familiales, des réseaux amicaux et sociaux est indispensable à la personne âgée en situation de handicap ou de dépendance ».

Récemment, un directeur d’EHPAD depuis 30 ans a d’ailleurs démissionné ne supportant plus d’être obligé de faire appliquer des mesures souvent contradictoires ne correspondant pas à son éthique professionnelle.

Ce qui est encore plus incompréhensible, c’est que les résidents des EHPAD ont été prioritaires dans la campagne de vaccination, alors pourquoi continuer à priver ces personnes fragiles de liberté et de liens familiaux dont elles ont cruellement besoin ? Alors, mesdames, messieurs, revoyez votre copie car ces décisions toujours applicables sont inacceptables, dangereuses et s’apparentent à de la maltraitance institutionnelle.

Défendre l’échelon départemental coûte que coûte

Le gouvernement actuel, dans la continuité de ses prédécesseurs s’assoie sur la République et ses principes les plus élémentaires. C’est une attaque de long terme et planifiée contre notre peuple et les travailleurs. Depuis longtemps les communistes ont bien identifié la menace que représente l’écrasement de l’Assemblée nationale par les représentants du capitalisme. Mais la destruction de la nation ne s’arrête pas à l’hémicycle. La République Française s’est fondée en grande partie sur la base du triptyque commune, département, Etat-nation. A la suite de la Révolution française, les élections municipales, départementales et présidentielles (ou législatives selon les constitutions) sont d’ailleurs celles ou l’on participe le plus, et de loin. Ce qui confirme leur ancrage populaire. Outre l’écrasement du parlementarisme, la question départementale est tout aussi importante. Le MEDEF réclame depuis des années l’effacement de l’échelon départemental, hérité de la grande Révolution jacobine, au profit d’euros-régions. Cela n’est pas anodin et est révélateur de la stratégie du capitalisme français depuis plusieurs années : il s’agit de liquider l’intégralité des leviers de pouvoir issus des luttes populaires dans l’histoire de France, et de les liquider dans une Europe capitaliste aux contours flous qui permettraient au patronat de faire passer ses réformes sans avoir à s’embarrasser des obstacles des institutions républicaines, devenues trop encombrantes pour la bourgeoisie. Il est donc du devoir des communistes français de faire le lien entre les réformes libérales du patronat et les attaques contre nos institutions démocratiques progressivement remplacées par des institutions européennes ou européistes qui ne serviront qu’à désorienter le peuple en lui enlevant les leviers de pouvoir dont il dispose encore. Défendre l’échelon départemental n’est pas un vain slogan, c’est une lutte globale pour la défense des conquêtes populaires, de la République et pour l’avancée démocratique vers la rupture avec le capitalisme.

Esteban EVRARD

Élections départementales des 20 et 27 juin CHARLEVILLE-MEZIERES 1 : POUR UN CANTON POPULAIRE ET DEMOCRATIQUE

Anciennement canton de Mézières-centre-ouest, le canton redécoupé de Charleville-Mézières 1 a une histoire politique profondément marquée à gauche. Effectivement, il n’a connu que 3 conseillers généraux : deux PCF et un divers gauche. Pourtant depuis le redécoupage et les dernières élections de 2015, c’est un binôme de droite qui en a repris les reines. Face à cela, la gauche unie derrière Christine Caruzzi, Esteban Evrard et leurs remplaçants Jacqueline Vetticoz et Thomas Manciaux compte, avec une campagne éclair en raison de la situation, changer la donne. Avec un taux de pauvreté et un taux de chômage particulièrement élevé (notamment chez les jeunes) dans le quartier de Manchester, le canton a besoin d’élus combatifs, de travailleurs, d’étudiants et de retraités qui ne sont pas déconnectés des réalités. C’est dans cette logique que l’union a pu se faire : une analyse claire de la situation et des réponses vigoureusement de gauche républicaine. Ni aveuglement, ni angélisme vis-à-vis des questions de sécurité, les locataires, les travailleurs veulent vivre dans un canton solidaire, populaire et participer aux décisions qui sont prises. Il ne faut pas oublier la ruralité qui est une des dimensions du canton. Les services publics de proximité sont à défendre coûte que coûte, la santé, l’éducation et le social, tant d’aspects pour lesquels les conseillers départementaux se doivent de lutter. Le canton de Charleville-Mézières 1 mérite des élus qui se battent au quotidien pour obtenir des moyens de la part de l’État, afin d’améliorer concrètement la vie du peuple ardennais.

Pour la dignité du peuple !

Le Vème Plenum du Comité central du Parti Communiste du Chili a officialisé la candidature du camarade Daniel Jadue à la présidence de la République.

Pour la dignité du peuple, un slogan qui tape fort et qui redonne espoir à la classe ouvrière chilienne. Le Comité central du PCCh, avec la candidature de Daniel Jadue veut faire place aux revendications de la population, qui vit une situation difficile. Le PCCh entend rétablir la taxe sur les super riches et l’extraction minière (cuivre, lithium). Le programme gouvernemental sera le résultat d’une discussion dans tout le Chili, dans tous les secteurs sociaux et politiques qui adhèrent à cette proposition de changement. Son essence doit être un développement progressif, qui envisage tout le potentiel du pays de manière durable et égalitaire, qui permettent la création d’emplois avec des salaires décents pour les travailleurs-travailleuses. La nomination de Daniel Jadue montre que le Parti communiste a la capacité d’avancer dans la démocratie et de tracer une voie pleine d’espoir. Daniel Jadue est le petit-fils d’une famille de migrants palestiniens venus de Bait Jala, une ville près de Belén, à Recoleta, une commune populaire du secteur nord de Santiago du Chili. Durant sa jeunesse, Jadue a été lié au Front populaire pour la libération de la Palestine, une organisation marxiste-léniniste panarabe fondée par George Habash en 1967, forgeant son idéologie actuelle.

Ces idées, et sa résistance à la dictature de Pinochet, l’ont conduit à rejoindre les rangs du Parti communiste du Chili en 1993, d’où il a entamé une carrière politique qui l’a positionné en tant que maire actuel de Recoleta. De cette arène, il est connu pour ses initiatives innovantes. En 2015, quand on a appris que les trois principales chaînes de pharmacies privées du Chili étaient de connivence pour augmenter leurs prix, Jadue a mis en place la pharmacie populaire, vendant des médicaments à moitié prix. Aujourd’hui, des pharmacies populaires sont présentes dans presque toutes les grandes municipalités du pays. De même, il a créé l’optique populaire, l’immobilier populaire, la librairie populaire, le dentiste populaire, l’université ouverte et d’autres mesures de cette nature.

La classe ouvrière attaquée

Ce samedi 1er mai, à Paris, alors que les 25 000 manifestants commençaient à quitter la place de la Nation au terme d’une manifestation massive, porteuse des revendications des travailleurs à une société plus juste, elles et ils ont été victimes d’une violence inacceptable. La CGT a été ciblée par des éléments provocateurs qui sont venus agresser des manifestants et des militants du syndicat. Les agresseurs étaient-ils des fascistes, des policiers ou des éléments petit-bourgeois anti-ouvriers des « blacks-blocs » ? Difficile de faire la différence tant les méthodes se ressemblent. Ce sont 21 militants qui ont été blessés dont plusieurs gravement. Ces attaques ne doivent pas rester impunies. Non par esprit de vengeance (inutile au demeurant) mais tout simplement pour assurer à l’avenir que ces scènes ne se reproduisent pas. On le sait, il n’y a rien de plus autoritaire qu’une secte de 20 ou 200 individus camouflés qui s’impose en tête de cortège aux milliers et milliers de manifestants répondant à l’appel de la CGT. Les militants appellent depuis samedi dernier, en un mot, à reprendre le contrôle des manifestations. Car il s’agit bien de cela au fond. La crise sanitaire et le confinement l’ont bien rappelé : lorsque la CGT ne bouge pas, personne ne bouge. S’en prendre à ses militants, c’est s’en prendre à toutes celles et ceux qui se mobilisent contre la casse des droits sociaux, pour la défense de l’emploi, des services publics, pour l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Honte à ceux qui ont organisé ces violences. Nous sommes solidaires de nos camarades syndicalistes. Alors que l’extrême-droite menace notre pays d’une dictature militaire, voir pareils groupuscules s’en prendre à la plus grande organisation ouvrière de notre pays est honteux. Les gauchistes sont des idiots utiles du pouvoir répressif et du capitalisme.

Les personnes âgées : une compétence départementale

Qui peut aujourd’hui rester insensible à la problématique du vieillissement ? A l’heure où trop de nos aînés terminent leur jours dans des conditions d’isolement et de précarité indignes d’une démocratie, la question de la prise en charge des personnes âgées revient de plus en plus fréquemment dans le débat public. Les élections départementales sont une occasion de relancer ce questionnement et de faire connaître les propositions communistes dans ce domaine.

Au niveau national, lorsqu’une personne âgée est placée en EHPAD, le reste à charge qui lui incombe est souvent beaucoup trop élevé compte tenu de ses ressources, tout en ne lui donnant droit qu’à un service pour le moins insuffisant, faute de personnel et de médicalisation. Il est de notoriété publique que de grands groupes capitalistes privés ont dorénavant la mainmise sur ce secteur. Les services d’aide à domicile associatifs sont pour leur part quasiment asphyxiés financièrement, et ce sont les usagers qui en font les frais. En EHPAD ou au sein des sociétés d’aide à domicile, 90% des salariés sont des femmes, qui subissent souvent du temps partiel imposé, sachant que les minimas conventionnels du secteur médico-social sont souvent inférieurs au SMIC.

Précarisées, maltraitées par le système patriarcal de moindre coût du travail, ces femmes subissent de plein fouet le manque de politique publique quant au vieillissement de la population.

Le Parti Communiste est force de proposition au niveau départemental. Certaines sont urgentes, telle qu’une augmentation de la rémunération horaire des services à domicile financée par un engagement de l’état à hauteur de 50% de la dépense.

Le droit du travail et les conventions collectives doivent être dûment appliquées dans ce secteur. Le département devrait aussi impulser la construction d’ EHPAD publics sans but lucratif, en priorité dans les territoires déficitaires ; il pourrait également mettre fin à la participation financière des petits-enfants dans le cadre de l’aide sociale départementale à l’hébergement.

La dignité humaine n’est pas négociable quel que soit l’âge, les prochaines élections sont une occasion d’agir concrètement sur les conditions de vie de nos aînés et de leur assurer le meilleur accompagnement possible.

Élections départementales des 20 et 27 juin : CANTON DE MOHON, LA RONDE COUTURE, LA FRANCHEVILLE, LA CROISETTE : UN TERRITOIRE PLEIN DE CONTRASTES

Le 4ème canton de Charleville-Mézières a plusieurs visages : de la pauvreté profonde et ancrée à Mohon et La Ronde Couture, en passant par des zones plus résidentielles ici et là, y compris à la Croisette, et même un quasi village à La Francheville. Mais la précarité multiforme, renforcée par la crise sanitaire actuelle, ne fait que grandir au fil des années dans l’ensemble du canton.

Alors que le Département est déjà l’un des moins riches, cette réalité fait peser une charge nettement plus importante que la moyenne nationale sur les finances de la collectivité. C’est pour cela que les Ardennes ont besoin d’une équité républicaine qui a été mise à mal depuis plusieurs années.

Et cela exige, plus encore dans ce canton qu’ailleurs, que les élus départementaux soient beaucoup plus combatifs pour imposer des recettes nouvelles et de fortes compensations financières par l’État. Pour ce canton, ils doivent aussi être constructifs et rassembleurs, responsables, n’avoir que l’intérêt général comme préoccupation et rester proche de la population, à son écoute : tout le contraire des élus actuels.

C’est ce à quoi se sont engagés les 4 candidats(1) du rassemblement de toute la Gauche et des Écologistes, alors que le Département s’est effacé derrière la Région et l’Agglomération de Charleville-Sedan.

(1) Patrick TASSIN (PCF titulaire), Véronique VELTER (LFI titulaire), Roméo Torres WANDJIE (PS remplaçant), Emeline JOIGNY (EELV remplaçante).

La CGT premier syndicat des TPE

Instituées par une loi de 2010, les élections dans les Toutes Petites Entreprises doivent permettre aux salariés de ces entreprises de désigner leurs représentants pour les négociations de branche des quatre années à venir.

Dans les élections qui viennent de se dérouler, l’abstention massive a été recherchée par le gouvernement pour accréditer la méfiance vis à vis des organisations syndicales et aucune publicité n’a été faite pour ce scrutin dont les médias ne se sont pas emparé.

Dans ce contexte morose, les progrès de la CGT témoignent de la vivacité de ses propositions. Avec 26,3 % des voix au niveau national, elle confirme sa place de premier syndicat des TPE en progressant de 1,3 %.

Dans les Ardennes, la progression est plus forte encore : 28,5 % des voix et une progression de 4,9 %. Cela témoigne de la vitalité de la CGT dans notre département, de l’implication de ses militants.

Ras le bol !

Impossible de traverser la ville à pied sans manquer de se faire renverser par un cycle ou une trottinette. La démagogie de nos édiles, le verdissement des attitudes trop étudiées interdisent à nos piétons de se promener nonchalamment, interdisent à nos automobilistes de rouler côte à côte sans danger de se frotter, entravent le droit de se déplacer sereinement.

Ne vous en déplaise, le bobo carolo, droit comme un i, écouteurs aux oreilles, faisant fi des feux rouges, des passages piétons, des sens interdits, roulant sur les trottoirs, est au dessus de la loi. Et tous ces gens, élus et bobos de nous parler du vivre ensemble. Essayez de les interpeller, en vélo ou en trottinette et vous êtes de suite insultés.

A Charleville, le piéton n’est plus prioritaire, il n’y en a que pour les vélorutionnaires, les infatués de la pédale, la plupart cadres supérieurs, actifs des professions libérales. Au diable les retraités, les petites gens, les prolos.

L’urgence climatique doit transformer nos modes de déplacement. Cela passe par l’éducation, le modèle des parents. Mais voyez vous des enfants en vélo dans les rues de la ville préfecture ? Aucun : c’est bien trop dangereux !

Philippe Paquis