Vrigne-aux-Bois et Fumay comptent parmi les dernières usines françaises à fabriquer des infrastructures pour les réseaux télécoms. Depuis le 2 juillet, elles sont en redressement judiciaire. Un délai de trois mois pour trouver un repreneur, ou la fermeture. 240 emplois sont sur la balance, alors que l’industrie recule depuis des années dans notre département.
À Vrigne-aux-Bois, 130 salariés produisent boîtiers, tiroirs et composants pour les réseaux télécoms. À Fumay, 110 ouvriers fabriquent des câbles en cuivre. Ces deux usines appartenaient à Nexans, poids lourd mondial du câble industriel, jusqu’en 2023. Le groupe s’en est séparé pour se recentrer sur les câbles d’électrification, laissant le champ libre au fonds d’investissement belge Syntagma Capital. Aginode était né.
Trois ans plus tard, le bilan est amer. À Fumay, l’activité partielle dure depuis décembre 2022, prolongée d’accord en accord jusqu’à fin 2025. La direction elle-même reconnaît, noir sur blanc, un marché télécoms en recul avec le ralentissement de la fibre optique et des investissements 5G réduits. À Vrigne-aux-Bois, six jours ont été chômés en juin. Pourtant l’outil industriel, lui, n’a rien d’obsolète : tôlerie, atelier thermoplastique, découpe-laser, presse relativement neuve. De quoi faire tourner l’usine encore longtemps, si les commandes suivaient.
Elles ne suivent plus, ou plus assez. Et c’est là que l’histoire ardennaise rejoint une histoire plus large. Car la filière câble française, prise dans son ensemble, n’a jamais été aussi porteuse : 200 millions d’euros d’investissements annoncés pour 2026, tirés par l’électrification, les data centers, la transition énergétique. Le problème n’est pas la filière. C’est la place qu’y occupent Vrigne-aux-Bois et Fumay : deux usines construites pour un marché télécoms, fibre et 5G, qui a fini de se déployer, quand la croissance se loge désormais ailleurs.
Ce décalage n’est pas une fatalité, propre aux Ardennes. C’est un choix industriel français, celui d’un secteur entier qui a laissé filer, faute d’investissement et d’anticipation, deux usines capables de se reconvertir pleinement vers le câblage des data centers ou des réseaux d’entreprise. Reste une question qui dépasse le seul département : pourquoi la France, qui investit massivement dans l’électrification de son réseau, laisse-t-elle un savoir-faire centenaire sans plan de bascule vers ces marchés porteurs ? D’ici l’automne, un repreneur devra répondre. Les Ardennes, elles, attendent une réponse depuis bien plus longtemps que trois mois – et avec elles, une partie de la souveraineté industrielle du pays.
Esteban EVRARD

La fête de l’Humanité, le journal de Jaurès est le grand rendez-vous politique de la rentrée. C’est aussi un grand rendez-vous culturel, musical …
La canicule avec la sécheresse et les incendies est à l’ordre du jour des débats politiques et sera sans doute oubliée à l’automne pour passer à d’autres sujets, comme l’obsession du gouvernement et de la droite, réduire les dépenses publiques ! Avec des débats traités souvent de manière simpliste : pour ou contre la climatisation par exemple !
Les communistes ardennais étaient présents devant le tribunal de commerce de Sedan jeudi dernier pour soutenir les salariés d’Aginode.
L’annonce de l’examen à la rentrée de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles est une avancée qu’il faut saluer. Néanmoins, elle n’est pas le fruit d’une prise de conscience soudaine du gouvernement.
Du vendredi 3 au dimanche 5juillet, la capitale des Flandres françaises a accueilli le 40ᵉ congrès du Parti communiste français. 700 délégué.es s’y sont rencontré.es pour réfléchir collectivement aux 3 années à venir. Les Ardennes n’étant évidemment pas en reste.
Va-ton encore revivre dans les Ardennes un drame industriel, sous une forme connue : un grand groupe se débarrasse de sites au profit d’un repreneur, qui les ferme quelques années plus tard. Nexans a vendu ses sites de Fumay et de Vrigne aux Bois en 2023 à un fond d’investissement belge Syntagma Capital sous le nom d’Aginode.
Le GHSA (Groupement hospitalier Sud Ardenne) vient d’annoncer la réduction des heures d’ouverture du service de soins non programmés de l’hôpital de Vouziers. Encore une réduction du service public, mettant en danger la population ! Son communiqué renvoie vers l’appel au 15 pour avoir accès à un médecin libéral du secteur, jusqu’à 22 h. Sans se soucier de celles et ceux qui ont du mal à exprimer la gravité de leur cas au téléphone, ou de celles ou ceux qui en sous-estimeront la gravité et remettront au lendemain. La mobilisation d’octobre dernier avait montré l’attachement de la population à ce service.
Les agents en grève des cantines étaient à nouveau mobilisés devant l’entrée de la mairie lors de ce conseil municipal : contre le passage en force du rapport N°51 qui instaure la « mutualisation d’effectifs pour les centres aérés de Marie-Thérèse Berger Château des Fées, le nettoyage des écoles et le site de Simone Veil sur les périodes de juillet et août 2026 ». Les cantinières auront donc ces missions de nettoyage supplémentaires à compter du 6 juillet en plus de leurs missions et malgré leurs sous-effectifs (elles sont bien 27 agents et non 30 comme cela nous a été laissé entendre). La majorité municipale a été sourde aux revendications des grévistes, portées dans les instances de dialogue social (CST) et par leur mobilisation toute la semaine de grève les midis sur la place Ducale, comme elle n’a pas voulu entendre la demande des 4 élus de la gauche « Ensemble : une autre ville » de supprimer ce rapport de l’ordre du jour, comme elle n’a eu que faire de notre vœu présenté en Conseil municipal « Pour le renforcement du dialogue social, la reconnaissance des compétences et l’amélioration des conditions de travail des agents de la Ville de Charleville-Mézières ».