Balade sur les pas du curé Meslier

Comme chaque année, l’association des amis de Jean Meslier organise une balade à la suite de son assemblée générale : rendez-vous à 13 h 45 le samedi 6 juin à la salle des fêtes d’Etrépigny. Cette année, ce sera à l’abbaye d’Élan, où Meslier allait batailler avec les abbés décimateurs. Renseignements : 07 67 08 96 33

L’association des amis de Jean Meslier s’emploie à faire connaître ce petit curé de campagne qui dans un petit village de l’Ardenne française, entre XVIIe et XVIIIe siècle, rumine de grandes idées de liberté, d’égalité et de fraternité. Novateur, jour après jour, il va, avec persévérance, consigner ses idées révolutionnaires dans un Mémoire qu’il destine à n’être publié qu’après sa mort…

Récemment, la revue Maugis éditée par la société des écrivains de l’Ardenne a consacré un numéro à Jean Meslier. Il y avait salle comble aux archives du département lors de la présentation de la revue pour écouter Stéphane Collet présenter l’ouvrage. Il en profita pour rappeler le regretté Roland Desné et son travail inlassable pour réhabiliter l’œuvre du curé athée d’Etrépigny. Figure d’ailleurs en bonne place un article que Desné avait écrit et qui n’avait jamais été publié : « Le singulier curé Meslier ou le Facteur Cheval du matérialisme » dont on a fait le titre de ce numéro spécial Meslier de la revue. On y trouve aussi des articles de Serge Deruette et d’Yvon Ancelin, les inlassables animateurs de l’association des amis de Jean Meslier.

Au loup

Les éleveurs de moutons verraient bien le bout du tunnel grâce à plus de facilité de tuer le loup responsable de « drames humains » selon le député Cordier.

Le problème de la filière est pourtant ailleurs et date de bien avant l’arrivée du loup. Les deux députés ardennais Cordier et Warsmann, à l’origine de cette nouvelle possibilité, se sont-ils émus de l’arrivée sur le marché des moutons néo-zélandais grâce à un accord avec un pays situé à plus de 18 000 kilomètres, portant un coup dramatique à l’élevage français et bien sur ardennais ? Ces dernières semaines c’est un autre accord avec l’Australie qui vient d’être signé pour quelle réaction de nos deux députés ?

Il est facile d’apparaître sympathique auprès des éleveurs avec un loup, bien pratique bouc émissaire plutôt que de s’attaquer au fondamental.

S’attaquer au fondamental, c’est mettre en évidence la responsabilisé d’un système qui se révèle tel qu’’il est, faisant fi de l’humain, c’est dramatique Monsieur Cordier, c’est le système capitaliste

Jean-Pol BOIS

Héritage précieux dilapidé

La « SÉCURITÉ SOCIALE », cette grande avancée sociale, modèle mondialement envié, est en grand danger de disparition.

Un des derniers rapports de la Cour des comptes estime à dix milliards d’euros les économies qu’il va être nécessaire de réaliser chaque année jusque 2030 pour parvenir à équilibrer les comptes de la sécurité sociale.

Et une fois de plus les principaux impactés par ces nouvelles restrictions imposées seront les plus fragiles financièrement. La gestion libérale imposée depuis l’arrivée d’E. Macron à l’Élysée est opposée à la logique de gestion de la sécurité sociale, reposant sur le dogme de : « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Les futurs PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) des prochaines années, notamment celui de 2027, vont voir apparaître tout un cheptel de nouvelles franchises et autres déremboursements, moyens classiques de pseudo auto-défense utilisés par les derniers gouvernements macronistes.

Cette gestion libérale du budget de la Sécurité sociale repose sur une logique de maîtrise des dépenses qui tend à considérer la santé et à fortiori sa protection sociale comme des coûts à réduire comme n’importe quelle autre dépense mercantile, plutôt que comme un investissement bénéfique au collectif.

Cette gestion impose une politique de restrictions budgétaires et favorise largement l’ouverture au développement du secteur privé dans le domaine de la santé et de sa protection sociale.

Les marchés financiers considèrent actuellement le domaine « santé » comme le plus prometteur en termes de rapport, supplantant les marchés classiques de la spéculation.

Le PCF reste le principal des partis politiques à dénoncer cette dérive et dénonce la remise en cause brutale du modèle social fondé sur la collectivité, au profit d’une logique de marché creusant encore un peu plu la fracture sociale et ouvre grand les portes à une protection santé et sociale des riches laissant sur le côté les malades et les plus fragiles financièrement.

Comme le dit Fabien ROUSSEL : « être à gauche aujourd’hui c’est rouvrir au monde du travail un horizon d’espoirs. »

Patrick LATTUADA

Le stade du Theux va porter le nom de Christian Preux

Notre camarade Christian Preux, disparu en juillet dernier, était, outre ses activités politiques et syndicales, un bénévole du club de football du Theux, un bénévole particulièrement actif, y faisant preuve de la solidarité, de la fraternité qui le caractérisait, n’hésitant pas à assurer les taches matérielles nécessaires.

Le stade de foot du Theux va porter son nom. L’inauguration aura lieu le samedi 6 juin à 11h00, rue des Bannettes .

Soyons nombreuses et nombreux afin de marquer collectivement cet instant de mémoire, de fraternité et pour lui rendre l’hommage qu’il mérite.

Plan climat « empreinte 2050 »

Le PCF a fait un point d’étape de son plan climat « empreinte 2050 » ce lundi soir.

Ce plan, mis en débat depuis deux ans, vise à annuler l’empreinte carbone. En introduction, Amar Bellal, responsable de la commission écologie du PCF, soulignait l’accueil favorable du secrétaire national, Fabien Roussel qui a largement contribué à sa popularisation. Le PCF est la seule formation politique à avoir un plan complet conduisant à la neutralité carbone. Depuis deux ans, les nombreuses rencontres avec des citoyens, des organisations syndicales, des associations, des sociétés savantes, des représentants d’entreprise du secteur de l’énergie, des personnalités, comme des membres du GIEC, ont contribué à enrichir ce plan dont une nouvelle version sera présentée à l’automne.

« Empreinte » aura prochainement un petit frère : un plan d’adaptation au réchauffement climatique, celui-ci étant déjà une réalité. Un plan, lui aussi « en rupture avec le capitalisme ».

Amar Bellal a insisté. Ce plan s’articule à la visée communiste. « C’est une question sociale que de s’occuper d’écologie. Faire du social sans écologie est un leurre. Nous tentons de démontrer qu’il est possible d’avoir et le climat et les « Jours heureux ». « Empreinte 2050 » n’a pas opté pour des « changements individuels brutaux » en matière de consommation, et s’articule autour des moyens technologiques actuels.

Le plan vise la neutralité carbone à l’horizon 2050. Il réduira également les émissions liées à nos importations, les émissions de gaz à effets de serre ne connaissant pas les frontières. C’est une démarche globale replaçant au centre la solidarité et la coopération internationale, remettant en cause les politiques de délocalisation faisant porter de façon injuste l’effort climatique aux autres pays, souvent plus pauvres et disposant de moins de moyens.

« Empreinte 2050 » prévoit une forte réindustrialisation pour répondre aux besoins nationaux, une électrification massive du pays pour limiter le recours aux ressources fossiles, la transformation des pratiques agricoles, la reforestation. Cela nécessite planification et des investissements massifs.

Michèle LEFLON

Xi-Trump : deux visions du monde

La rencontre au sommet Trump-Xi aura mis en avant deux visions du monde entre ces grandes puissances. Pour Pékin l’objectif est « d’élargir la coopération et de gérer les différends afin d’apporter stabilité et certitude dans un monde en pleine mutation ». Les actions des États-Unis en Iran et au Venezuela, ainsi que le blocus pétrolier contre Cuba, prouvent pour Pékin que la puissance prime désormais sur le droit. Face à ce monde imprévisible et dangereux, Xi exposait à Trump sa vision des relations internationales : « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. Nous devons être des partenaires, pas des rivaux, nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère. »

Empêtré dans les conséquences désastreuses de sa guerre contre l’Iran, Trump entendait surtout obtenir une aide de la Chine pour débloquer rapidement le détroit d’Ormuz. La position chinoise sur cette question a été explicitement exposée par le ministre des Affaires étrangères Wang Li : « Il faut instaurer un cessez-le-feu et mettre fin aux hostilités. La sagesse chinoise ancestrale nous enseigne que les armes sont des instruments redoutables et ne doivent pas être utilisées sans discernement. Aujourd’hui, le Moyen-Orient est ravagé par les flammes ». Et de rappeler qu’une fois encore, la Chine appelle à un arrêt immédiat des opérations militaires afin d’éviter une escalade incontrôlée de la situation.

Pour la Chine qui entend se positionner comme une puissance stable, le sommet a clairement consacré son accession au statut d’égal des États-Unis, marquant la fin des ambitions de Washington depuis les années 1990 d’imposer un monde unipolaire sous son égide.

PFAS : les habitants de l’est du département méprisés !

L’eau de plusieurs communes des Portes du Luxembourg et de la Meuse a été contaminée par des PFAS à la suite de l’épandage de boues venant d’une papeterie maintenant fermée à Stenay.

Le ministre délégué à la Transition écologique a annoncé en avril, lors d’une visite dans les Ardennes son projet de circulaire pour imposer aux stations d’épuration le contrôle de la présence de PFAS dans les boues d’épandage. C’est bien pour l’avenir, mais cela ne résout en rien les problèmes des communes concernées et de leur population.

Un rapport de l’Académie des sciences de 2025 est consacré aux PFAS. Il souligne l’important degré d’incertitude scientifique : les mécanismes exacts de toxicité, l’impact de faibles doses chroniques et les effets combinés de mélanges de PFAS sont encore mal compris. La diversité même des PFAS complique l’évaluation des risques. Il énonce cinq recommandations : transparence et traçabilité des PFAS ; contrôle des rejets en milieu industriel ; intensification des connaissances par la recherche ; plan de recherche sur la substitution chimique des PFAS ; remédiation par le développement de méthodes de décontamination.

Dans la vallée de la chimie rhodanienne deux industriels de la plate-forme chimique d’Oullins-Pierre-Bénite, Arkema et Daikin Chemicals, ont été assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon par des riverains soutenus par des associations environnementales locales. Une étude de biosurveillance humaine chez les riverains des industries a été lancée en avril 2024.

Dans les Ardennes les maires ont demandé un suivi épidémiologique des habitants. Il a été refusé au motif que la population concernée n’était pas assez importante. Ce serait pourtant un atout pour faire progresser la recherche sur les conséquences humaines des PFAS et un suivi pour la population qui la rassurerait. En fait, il s’agit avant tout de manque de moyens pour la recherche alors que celle-ci est particulièrement nécessaire comme l’indique l’académie des sciences.

Michèle LEFLON

Une expo à voir !

Une exposition sur les anarchistes ardennais de la fin du XIXe-début XXe siècle se tient en ce moment aux Archives départementales, 10 rue de la Porte de Bourgogne à Mézières. Nous recommandons chaleureusement la visite. Il s’agit d’une déambulation dans l’histoire ouvrière et révolutionnaire de nos Ardennes initiée par l’association Terres ardennaises et le commissaire de l’exposition Dominique Petit : documents d’archives, meubles originaux de la communauté anarchiste d’Aiglemont. Le sujet est approfondi : l’histoire de ces femmes et de ces hommes, l’histoire des évènements et des tentatives de faire vivre cet idéal libertaire entre 1888 à 1913. Ce sont les racines de nos luttes qui sont mises en valeur, avec des pépites archivistiques : comme ce courrier sans concession d’un anarchiste à sa promise plus conformiste qui évoque à nos yeux contemporains les vers de Brassens :

« J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main, Ne gravons pas nos noms en bas d’un parchemin. »

Ce sont aussi ces photographies en noir et blanc qui donnent des visages à ces militants et des formes à ces lieux où vit le jour une utopie de liberté qui nous inspire aujourd’hui. 

Un bon moment aux Archives départementales du 19 mai au 4 septembre 2026 : « Les Anardennais (1888-1913) : de la grève générale à l’utopie communautaire ». A ne pas rater !

Irène PERRIN-TOININ

A VOS AGENDAS !

REPAS des Vétérans-es, Camarades du PCF et de leurs Amis-es

LE DIMANCHE 4 OCTOBRE à DEVILLE

(infos complémentaires en septembre)

Démocratie en danger

Les fondamentaux pour préserver et conserver la démocratie reposent sur des principes essentiels : le pluralisme politique, un État de droit, la protection de la liberté de pensée, sans omettre le respect des minorités…

Préserver la démocratie implique donc une vigilance constante traduite par le respect des résultats des consultations électorales, la liberté d’expression et l’indépendance des moyens d’informations tels que la presse écrite, parlée télévisée et la libre expression de la culture.

Historiquement, les mouvements d’extrême droite ont toujours tenté de développer une vision politique fondée sur leur unique façon de concevoir une société basée sur le nationalisme exclusif.

Actuellement, sous l’œil presque bienveillant des derniers gouvernements «macronistes » l’ombre sombre des idées nationalistes tisse sa toile avec l’assentiment des forces de droites de moins en moins républicaines.

Le plus bel exemple de cet inquiétant phénomène est illustré par Vincent BOLLORÉ qui affiche clairement sa volonté de vouloir posséder tous les outils de production, de diffusion et de distribution de la culture et des médias. Il n’a pas hésité à établir une liste noire des résistants à sa stratégie via la voix d’un de ses vassaux (le Président de Canal+) lors du dernier festival cinématographique de Cannes, qui historiquement a été créé en 1946 par les forces progressistes de l’époque en réponse à la MOSTRA de Venise, créée en 1938, sous l’influence des forces fascistes et nazies.

Dernier fait significatif de cette dérive ultra droitière la mise en examen de Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT et Fabien GAY, directeur de publication du journal L’HUMANITÉ.

Ces deux mises en examen traduisent parfaitement la chasse aux sorcières appliquée par les forces de droites pour contrer toute contre-offensive venant d’opposants porteurs d’un discours anti capitaliste.

Le PCF réaffirme par communiqué de presse de Fabien GAY dans l’Humanité que la liberté de la presse et la liberté syndicale ne sont pas négociables. Elles sont au cœur de l’État de droit et des conquêtes démocratiques et sociales de notre pays.

Patrick LATTUADA