Xi-Trump : deux visions du monde

La rencontre au sommet Trump-Xi aura mis en avant deux visions du monde entre ces grandes puissances. Pour Pékin l’objectif est « d’élargir la coopération et de gérer les différends afin d’apporter stabilité et certitude dans un monde en pleine mutation ». Les actions des États-Unis en Iran et au Venezuela, ainsi que le blocus pétrolier contre Cuba, prouvent pour Pékin que la puissance prime désormais sur le droit. Face à ce monde imprévisible et dangereux, Xi exposait à Trump sa vision des relations internationales : « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. Nous devons être des partenaires, pas des rivaux, nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère. »

Empêtré dans les conséquences désastreuses de sa guerre contre l’Iran, Trump entendait surtout obtenir une aide de la Chine pour débloquer rapidement le détroit d’Ormuz. La position chinoise sur cette question a été explicitement exposée par le ministre des Affaires étrangères Wang Li : « Il faut instaurer un cessez-le-feu et mettre fin aux hostilités. La sagesse chinoise ancestrale nous enseigne que les armes sont des instruments redoutables et ne doivent pas être utilisées sans discernement. Aujourd’hui, le Moyen-Orient est ravagé par les flammes ». Et de rappeler qu’une fois encore, la Chine appelle à un arrêt immédiat des opérations militaires afin d’éviter une escalade incontrôlée de la situation.

Pour la Chine qui entend se positionner comme une puissance stable, le sommet a clairement consacré son accession au statut d’égal des États-Unis, marquant la fin des ambitions de Washington depuis les années 1990 d’imposer un monde unipolaire sous son égide.