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70 jours qui ébranlèrent le monde

2021 marque le 150è anniversaire de LA COMMUNE : une expérience qui a marqué durablement les peuples du monde et dont on mesure encore aujourd’hui toute la portée.

Après le renversement de la royauté le 10 août 1792, la première commune insurrectionnelle le 10 mars 1871 commence la première révolution ouvrière dans le monde. Adolphe Thiers ordonne à l’armée de s’emparer des canons de la garde nationale parqués à Belleville et Montmartre. La population majoritairement féminine se porte à la rencontre de la troupe qui reçoit l’ordre de tirer sur la foule. Le général Lecomte est fusillé par ses propres soldats qui fraternisent avec le peuple. Thiers fuit Paris. Le comité central de la garde nationale appelle à des élections pour le 26 mars. Le 28, la Commune est proclamée.

Des communes virent le jour à Lyon, St Etienne, au Creusot, Limoges, Marseille, Toulouse, Narbonne. Le 28 mars, jour de la proclamation de la commune de Paris, seules résistent les communes de Narbonne (jusqu’au 31) et Marseille (jusqu’au 3 avril).

Thiers, appuyé par Bismark, fait bombarder Paris le 1er mai et tente de reprendre la ville avec l’aide des prisonniers libérés. Le 21, c’est le début de la semaine sanglante. Le 29, c’est fini : entre 25 000 et 30 000 fusillés, 46 835 jugements par le conseil de guerre dont 874 femmes et 544 enfants, 270 condamnations à mort dont 175 par contumace, 4213 personnes dont Louise Michel déportées, la fuite pour beaucoup d’autres, en Belgique, Suisse, Grande Bretagne, Pays Bas.

En 70 jours, la commune a mis sur pied un programme dont les répercussions alimenteront les luttes de toute l’Humanité : séparation de l’État et de l’Église, pouvoir aux municipalités et autogestion, élus et fonctionnaires.

Philippe PAQUIS

Didier BIGORGNE nous a quittés

Le décès de l’historien ardennais, Didier BIGORGNE, va laisser un grand vide dans la mémoire du mouvement ouvrier de notre département. Spécialiste de la vie sociale et politique, il était lui-même engagé. Tout d’abord comme adhérent du PCF puis comme compagnon de route. Il aura même été pendant un mandat conseiller municipal à Nouzonville. Dans le PCF il était au sein de sa famille politique. Pour ceux qui ont côtoyé Didier c’est la dimension humaine qui dominait. Il était abordable autant par les responsables politiques que par l’ouvrier. Avant la crise sanitaire il avait tenu à participer au repas des vétérans du PCF.
Citer tous les ouvrages qu’il a écrit prendrait une page entière. Ne citons que les plus marquants comme « Jaurès dans les Ardennes » ou « 1936 le Front Populaire » qui ont marqué l’engagement de Didier.
Sa passion pour le passé économique et industriel des Ardennes en faisait une référence dans ces domaines et l’avait tout naturellement conduit à être membre de la société d’Histoire des Ardennes. A notre demande il avait écrit un ouvrage sur les communistes ardennais.
Il donna plusieurs conférences toujours très appréciées. L’évocation de son nom suffisait à remplir les salles comme il y a quelques mois encore avec une présentation de son dernier livre « La colonie libertaire d’Aiglemont ». Il ne se dérobait jamais quand il était sollicité par le PCF 08 ou la CGT. Il contribuait également au dictionnaire ouvrier national le « Maitron » où il écrivait la biographie des militants ardennais syndicalistes, responsables associatifs ou personnages politiques.
Encore récemment, malgré la maladie, il évoquait le centième anniversaire du PCF.
La fédération des Ardennes du PCF rend hommage au militant qui nous a quittés et assure ses proches de toute notre compassion.

Start-up : même pas peur !

Visiblement, le monde de ces nouvelles entreprises ne souffre pas de la crise provoquée par la pandémie de la Covid 19. Autant de plantes qui poussent comme des champignons dans un incubateur d’argent public et qui sont en bonne santé.
Mais, l’argent public c’est qui ? C’est NOUS. Banque Publique d’Investissement, niche fiscale pour les particuliers qui investissent dans ces entreprises, prêts garantis par l’État, prêts directs.
Pendant que le financement augmente pour ces start-up, il diminue pour les PME « classiques ».
Au niveau des créations d’emplois ? 10 000 selon le ministre de l’économie. Peut-être, mais ramené aux financements de la seule « BPI », cela correspond à 1 emploi créé pour 360 000 euros d’argent public !
Cela ne vous rappelle rien ? L’arnaque du CICE du président Hollande, pérennisé dans la loi par son successeur Macron. Pour quel résultat ?…
Dans ce monde très mal défini des start-up, des entreprises de tous genres essaient d’entrer dans la caverne d’Ali Baba appelée Next 40. Mais, dans le même temps, des pans entiers de notre économie sont en grande souffrance.
Des milliards brassés par ces start-up et quelques centaines de milliers d’euros pour des secteurs stratégiques avec à la clef, des milliers d’emplois menacés ou déjà supprimés.
Ces choix politiques sont plus que contestables mais cohérents avec un gouvernement ultralibéral.
Il y a urgence à ce qu’il y ait un véritable contrôle citoyen dans l’attribution et le suivi des aides publiques aux entreprises. Y a-t-il un intérêt pour la société ? Quelles seront les retombées environnementales, négatives ou positives ? Quels emplois à la clé ?C’est dans le sens de ce contrôle citoyen que les communistes proposent la création de fonds régionaux pour l’emploi.

A la Foulerie, la lutte a payé !

Ce conflit a déjà été évoqué dans ces colonnes. Le mercredi 3 février, après avoir relancé la direction, de nouvelles négociations ont eu lieu et à 16h ce jour-là, leur détermination s’est révélée payante : les ouvriers ont arraché un protocole de sortie du conflit qui comprenait des améliorations non négligeables pour les salariés de la Foulerie.
Ce protocole prévoit une augmentation générale des salaires, augmentation rétroactive au 1er janvier 2021, s’élevant à 75 euros bruts par mois, et ce pour les salaires bruts mensuels inférieurs à 2000 euros. Une augmentation de 1% est prévue pour les autres salaires et d’autre part une enveloppe de 0.2% est prévue pour les augmentations individuelles. Il est également à noter qu’une commission de suivi sera mise en place afin d’aborder les problèmes sociaux au sein de l’usine soulevés par les grévistes. Les ouvriers souhaitaient au départ une augmentation de 0.8 euros nette sur le salaire horaire, si on peut déplorer que cet objectif initial n’ait pu être atteint, il est indéniable que la mobilisation des ouvriers de la Foulerie s’est révélée payante, la reprise du travail s’est faite le jeudi 4 février au matin. Cette victoire, bien que partielle est néanmoins porteuse d’un message d’espoir, il nous faut saluer la ténacité des ouvriers de la Foulerie qui ont su défendre leurs droits et ont fait preuve d’une solidarité sans faille.

Anniversaire 8 mars

2021 marque le 150è anniversaire de la Commune de Paris : une véritable démocratie est instaurée : les élus sont contrôlés par la population (syndicats, comités de femmes, clubs) et révocables à tout moment. Le rôle des femmes dans les manifestations et les combats armés a été déterminant. Nous connaissons tous Louise Michel, la vierge rouge. Citons l’Union des femmes animée par Elisabeth Dmitrieff, émigrée russe et Nathalie Le Mel, ouvrière relieuse. Rappelons que l’accès à l’enseignement industriel aux femmes est acquis, que les « pétroleuses » arrachent l’égalité de salaire et le droit à diriger les coopératives, la participation à la gestion municipale, alors qu’elles n’ont pas le droit de vote. La prostitution est interdite. Le droit à divorcer et à l’union libre se met en place. L’école est laïque, obligatoire et gratuite pour filles et garçons.
Aujourd’hui, les femmes communistes, les femmes cégétistes, les femmes solidaires, rassemblées autour du magasine CLARA, poursuivent l’histoire homo-sapienne. Elles en ont !
Contact : clara.magasine@wanadoo.fr

Philippe PAQUIS

  • Affiche du 150e anniversaire de la Commune de Paris, réalisée par Ernest Pignon-Ernest en vente auprès de l’association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871

La modernité de la ligne Givet Charleville rime avec profit pour la majorité régionale

Dans un document intitulé: « Face à la crise COVID : plan de relance des mobilités en Grand Est », la position de la majorité est claire. Il annonce des transferts de ligne SNCF à la région par le biais de la loi LOM. Les Ardennais ont déjà financé la ligne Givet, les dessertes TGV avec leurs impôts. Ce patrimoine nous appartient à part entière. Ce transfert est du pur racket.

La LOM permet désormais le transfert des petites lignes aux Régions, selon les modalités précisées dans le récent décret n°2020-1820 du 29 décembre 2020.

La Région Grand Est est la première à avoir saisi cette opportunité et avoir signé, le 20 février dernier, un protocole d’accord avec l’Etat sur ce sujet. Ce transfert concernera, à partir de 2023, les 15 lignes ou sections de lignes fortement menacées de fermeture à court ou moyen terme suivantes :

o Charleville-Mézières – Givet

o Reims – Fismes – (La Ferté Million)

o Conflans-Jarny – Verdun

Liste non exhaustive des soit disantes petites lignes.

Au projet de création d’une régie ou de mise en concurrence sur Givet, la SNCF dans un premier temps aide la région en proposant une offre permettant de la productivité et non de l’attractivité.

A cela vient s’ajouter que chaque année, déclare la région « nous percevions de l’ordre de 7M€ de recettes liées à des commissions d’achats de billets TGV aux guichets TER ». « Cette somme sera probablement beaucoup plus faible à partir de 2021 » (sic), puisque le nombre de guichets diminue et que chaque année la desserte ardennaise est sur la sellette.

André GIRAUX

La loi LOM en quelques mots

La loi Macron du 6 août 2015 prévoyait déjà l’ouverture des données des structures publiques de transport, mais n’avait pas été suivie d’effets. La loi d’orientation des mobilités (LOM) confirme cet objectif et poursuit sa mise en œuvre.

La loi LOM permet aux collectivités d’expérimenter des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle dans les territoires, avec par exemple le déploiement de nouveaux services de mobilité et de l’intermodalité, et la mise en œuvre d’un plan vélo inscrit dans la loi, visant à tripler la part modale du vélo d’ici à 2024. Un forfait mobilité durable pouvant s’élever à 400 euros par an est également prévu en remplacement de l’indemnité kilométrique vélo pour les salariés se rendant au travail à vélo ou en covoiturage.

Concernant le ferroviaire :

 afin de préparer la mise en concurrence des TER, les audits des « petites lignes » de train, vont donner aux régions la possibilité d’être gestionnaire de plusieurs lignes. Dans notre région la majorité a acté ces fait le 9 avril 2020, par la délibération n°20CP-1028.

Elle permettra à la région de reprendre 15 lignes ou sections de lignes qui seraient d’après elle fortement menacées de fermeture à plus ou moins long termes. Ces lignes seront ainsi transférées en gestion à la Région à partir de 2023.

Ce que l’on peut conclure c’est que cette loi permet d’ouvrir le capital du ferroviaire en bourse d’ici peu. L’exécutif a donc choisi de vendre le service public SNCF.

Grève des pompiers

Le jeudi 18 février les professionnels du feu appelaient à la grève, jour du CA du SDIS. Le piquet de grève était installé devant le Service d’Incendie et de Secours des Ardennes route de Warnécourt. 

Les revendications portent notamment sur l’arrêt des mobilités forcées, le respect du schéma d’encadrement voté en CA et l’accès aux progressions de carrière.  Ils dénoncent et demandent également que soit mis fin aux conditions de travail dégradées : climat délétère, mépris, maltraitance, comportement pouvant s’apparenter à du harcèlement moral pour certain(e)s salarié(e)s au sein du service RH de la collectivité.

La mobilisation fût un franc succès et l’interprofessionnelle était présente en nombre.

 Corine POSTAL

Le réchauffement climatique se poursuit, 2020 aura encore battu des records

Les politiques publiques continuent de tenir des discours sur la « transition écologique » sans tirer de leçon de ce qu’il faut bien appeler l’échec de la loi de transition énergétique de 2015. Cet échec était prévisible. La France a une électricité largement décarbonée, contrairement à l’Allemagne.

La réduction des consommations fossiles en France concerne d’abord les transports, et exige donc le passage massif des camions au fret ferroviaire, de la voiture aux transports publics, ce qui conduit à une électrification des transports, donc à une hausse des consommations électriques contrairement à l’objectif démagogique de la loi. Cette loi de 2015 consacre tous les efforts de la France aux énergies renouvelables électriques qui ont mobilisé plus de 100 milliards alors même que le fret ferroviaire était délaissé, que l’Etat laissait les collectivités se débrouiller pour les transports publics. Ce n’est pas l’urgence climatique qui a guidé cette loi, mais l’empressement à privatiser et marchandiser l’électricité, renforcé par des préoccupations électoralistes. La centrale de Fessenheim est fermée, les investissements dans les renouvelables électriques se sont fortement accélérés, et l’impact carbone d’un Français a augmenté. En septembre dernier, il a fallu redémarrer des centrales au charbon. En janvier 2021, il a fallu fermer plusieurs grands sites industriels pour tenir l’équilibre du réseau électrique ! Les élus communistes et républicains affirment qu’il faut remettre en cause au plus vite la loi de 2015 ainsi que la programmation pluriannuelle de l’énergie qui en découle, et ouvrir enfin un débat sur un autre mix énergétique, plus massivement décarboné, et qui doit orienter les efforts publics non vers l’électricité déjà décarbonée grâce au nucléaire, mais vers la réduction rapide des combustibles fossiles dans le chauffage et les transports.

Ce débat public est difficile dans un contexte le réduisant à un choix entre des techniques. De plus, de fausses informations l’obscurcissent. Ainsi, une majorité de Français pense que le nucléaire est émetteur de gaz à effet de serre, contrairement au photovoltaïque et à l’éolien. C’est faux. Les chiffres officiels de l’agence publique ADEME sont clairs. Le nucléaire est en France l’énergie électrique produisant le moins de carbone sur son cycle de vie complet, 6g par kwh, alors que l’éolien en produit 15g et le photovoltaïque 55g !

Car si on parle d’énergie renouvelable quand l’énergie primaire utilisée est renouvelable, vent ou soleil, l’éolien consomme beaucoup plus de béton et de métaux pour produire un kwh que le nucléaire. Sur leur cycle de vie complet, aucune énergie n’est totalement renouvelable ! Mieux, la recherche nucléaire a conduit à une filière avec recyclage de combustible, réduisant très fortement le besoin d’extraction minière et donc faisant pour une longue période du nucléaire une énergie plus renouvelable que l’éolien ! Dans ce domaine, les projets se multiplient partout, mais la France a abandonné le projet de recherche ASTRID ce qui est scandaleux ! Oui à un service public du nucléaire, oui à la relance des recherches !

La population de Gaza exclue de la vaccination !

Alors qu’Israël est en tête pour le pourcentage de sa population vaccinée, aucun résident de l’enclave de Gaza n’a eu accès à la vaccination.

Si du personnel médical a pu commencer à être vacciné en Cisjordanie, c’est uniquement à la suite de pressions de l’ONU et de diverses organisations gouvernementales.

Il y a quelques jours, l’Autorité Palestinienne avait reçu des vaccins venant de Russie et annoncé son intention de les partager avec l’enclave de Gaza. Israël a bloqué l’entrée des doses !

A suivre…

Europe : vous avez dit Europe ?

Pour le fric, sans doute ! Pour les Européens, c’est différent ! Pour permettre aux habitants de la Pointe d’accéder à un établissement d’hospitalisation dans la proximité après les fermetures des cliniques de Revin et de Givet, un accord transfrontalier autorise l’accès aux hôpitaux belges et assure la prise en charge par la Sécurité Sociale.

Les mutuelles avaient suivi, évitant à la population d’avancer les frais restant à leur charge mais cette belle époque est passée et depuis plusieurs années, les factures pleuvent sur ceux qui ont le malheur de devoir être hospitalisés en Belgique. A la mobilisation qui monte, avait été promis un accord pour le 1er janvier de cette année. Mais aux dernières nouvelles il ne peut être mis en œuvre pour des questions techniques ! Quel beau paravent !