Actualités

Les cheminots en grève pour sonner l’état d’urgence

Les cheminots dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, de salaires et du service public du rail : ouverture à la concurrence, processus de filialisation…

L’appel unitaire des quatre syndicats de cheminots (CGT cheminots, SUD rail, Unsa ferroviaire et CFDT cheminots) à une journée de mobilisation le 10 juin indique : « Nous sommes à un moment de bascule à la SNCF ». Ils accusent la direction « de poursuivre une politique visant à démanteler progressivement l’unité sociale du groupe » et s’inquiètent « d’un climat anxiogène devenu structurel ».

Dans les Ardennes, nous voyons la fermeture progressive de gares, encore récemment celle de Rethel, après celle de Revin.

Le Conseil régional de droite du Grand Est envisage l’ouverture à la concurrence du lot « Etoile de Reims » qui concerne les Ardennes en 2027. La Région confirme son ambition : devenir propriétaire et gestionnaire de ses lignes ferroviaires locales. Plusieurs sections ont déjà été transférées par l’État, notamment en Alsace et en Lorraine. Des demandes de transfert sont actuellement à l’étude : l’une d’elle concerne les Ardennes avec la ligne Charleville-Mézières – Givet.

Pourtant, l’exemple allemand est édifiant : depuis l’ouverture à la concurrence, les retards ont augmenté de 30 %, les tarifs ont explosé sur certaines lignes, et les travailleurs ferroviaires subissent une précarisation sans précédent.

En France, les appels d’offres pour les TER risquent de reproduire les mêmes erreurs :

– C’est la fragmentation du service public, les correspondances plus compliquées, l’absence de solidarité entre les lignes à forte fréquentation et d’autres indispensables, mais moins fréquentées et donc moins « rentables »

– C’est la hausse des tarifs car il faut bien financer les actionnaires des opérateurs privés

– C’est la dégradation des conditions de travail : externalisation, sous-traitance, pression sur les salaires.

École inclusive : un défi sans moyens !

Ce mardi, les AESH (Accompagnant.es d’élèves en situation de handicap) faisaient de l’information devant la préfecture et à des sorties d’école, à l’appel de la CGT .

Ce métier incarne aujourd’hui une contradiction majeure des politiques publiques : alors que le handicap et l’égalité femmes/hommes sont brandis comme deux grandes causes nationales, les 186 000 AESH, à 97 % des femmes, qui font vivre l’école inclusive sur l’ensemble du territoire, sont maintenues dans une précarité statutaire et salariale scandaleuse.

Depuis plus d’une décennie, le ministère de l’Éducation nationale affiche l’ambition d’une école inclusive capable d’accueillir tous les élèves quels que soient leurs besoins particuliers et leur situation de handicap. Cette orientation s’est traduite par la scolarisation en milieu ordinaire de dizaines de milliers d’élèves en situation de handicap. Mais comme toujours avec des dirigeants libéraux, les choix politiques, quand ils répondent à une demande sociale, ne sont jamais suivis d’un budget à la hauteur des enjeux. Cette ambition s’est donc heurtée à une réalité brutale : l’absence de moyens humains et financiers ont mis en grande difficulté élèves, familles, enseignant.es et personnels accompagnants.

La stratégie de la direction nationale du PCF confortée

En fin de semaine dernière, les adhérents du PCF se prononçaient sur le texte qui sera débattu et enrichi lors des conférences de section, de fédération et au congrès national à Lille les 3, 4 et 5 juillet prochain.

A voir les publications sur les réseaux sociaux, d’autres militants de gauche s’immisçant dans le débat, la démocratie du PCF est enviée !

C’est le texte présenté par la direction nationale qui a été largement choisi avec 61,38 % des voix (78,3 % dans les Ardennes), confortant les orientations des 38è et 39è congrès. Le texte soutenu notamment par Pierre Laurent, ancien secrétaire national du PCF et Stéphane Peu, président du groupe GDR à l’Assemblée Nationale, a recueilli 25,35 % des voix (11,6 % dans les Ardennes). Les deux autres textes ont recueilli respectivement 7,6 % et 5,67 % (10 % et 0 dans le département).

Ce grand moment de démocratie au sein du PCF va se poursuivre ce week-end et le suivant, avant le congrès national.

Affaire Lyhanna : l’émotion ne suffit pas !

Toutes et tous ont partagé une profonde émotion et la douleur de la famille et des proches de Lyhanna.

Mais l’émotion ne suffit pas : cette affaire dépasse le cadre d’un fait divers tragique. Elle met en lumière la contradiction devenue insupportable entre une protection de l’enfance proclamée priorité nationale et l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants dénoncée par les professionnels, les magistrats, les associations.

Le gouvernement préfère bafouer l’indépendance de la justice plutôt que de lui donner les moyens : quand les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, quand les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, quand les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, il ne s’agit plus de dysfonctionnements isolés, mais d’une faillite structurelle. C’est la responsabilité des gouvernements successifs qui est engagée quand, selon le rapport de 2024 de la CEPEJ (Commission européenne pour l’efficacité de la justice), la médiane d’investissement de la justice est de 0,31% du PIB, contre 0,20% en France. La France a 3 procureurs pour 100 000 habitants, le chiffre le plus bas du Conseil de l’Europe. La moyenne est de 12,2.

Le Parti Communiste Français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

– l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants : renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés, développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes

– une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance

– le vote de la loi-cadre intégrale proposée par la coalition féministe, contre les violences.

Le gouvernement doit cesser de fuir ses responsabilités et de désigner des boucs émissaires. La mort de Lyhanna ne doit pas être instrumentalisée. La justice doit enfin avoir les moyens de travailler efficacement, au service de nos concitoyens dans le respect de l’État de droit, des libertés publiques, et de la sécurité de toutes et tous.

Michèle LEFLON

Balade sur les pas du curé Meslier

Comme chaque année, l’association des amis de Jean Meslier organise une balade à la suite de son assemblée générale : rendez-vous à 13 h 45 le samedi 6 juin à la salle des fêtes d’Etrépigny. Cette année, ce sera à l’abbaye d’Élan, où Meslier allait batailler avec les abbés décimateurs. Renseignements : 07 67 08 96 33

L’association des amis de Jean Meslier s’emploie à faire connaître ce petit curé de campagne qui dans un petit village de l’Ardenne française, entre XVIIe et XVIIIe siècle, rumine de grandes idées de liberté, d’égalité et de fraternité. Novateur, jour après jour, il va, avec persévérance, consigner ses idées révolutionnaires dans un Mémoire qu’il destine à n’être publié qu’après sa mort…

Récemment, la revue Maugis éditée par la société des écrivains de l’Ardenne a consacré un numéro à Jean Meslier. Il y avait salle comble aux archives du département lors de la présentation de la revue pour écouter Stéphane Collet présenter l’ouvrage. Il en profita pour rappeler le regretté Roland Desné et son travail inlassable pour réhabiliter l’œuvre du curé athée d’Etrépigny. Figure d’ailleurs en bonne place un article que Desné avait écrit et qui n’avait jamais été publié : « Le singulier curé Meslier ou le Facteur Cheval du matérialisme » dont on a fait le titre de ce numéro spécial Meslier de la revue. On y trouve aussi des articles de Serge Deruette et d’Yvon Ancelin, les inlassables animateurs de l’association des amis de Jean Meslier.

Au loup

Les éleveurs de moutons verraient bien le bout du tunnel grâce à plus de facilité de tuer le loup responsable de « drames humains » selon le député Cordier.

Le problème de la filière est pourtant ailleurs et date de bien avant l’arrivée du loup. Les deux députés ardennais Cordier et Warsmann, à l’origine de cette nouvelle possibilité, se sont-ils émus de l’arrivée sur le marché des moutons néo-zélandais grâce à un accord avec un pays situé à plus de 18 000 kilomètres, portant un coup dramatique à l’élevage français et bien sur ardennais ? Ces dernières semaines c’est un autre accord avec l’Australie qui vient d’être signé pour quelle réaction de nos deux députés ?

Il est facile d’apparaître sympathique auprès des éleveurs avec un loup, bien pratique bouc émissaire plutôt que de s’attaquer au fondamental.

S’attaquer au fondamental, c’est mettre en évidence la responsabilisé d’un système qui se révèle tel qu’’il est, faisant fi de l’humain, c’est dramatique Monsieur Cordier, c’est le système capitaliste

Jean-Pol BOIS

Héritage précieux dilapidé

La « SÉCURITÉ SOCIALE », cette grande avancée sociale, modèle mondialement envié, est en grand danger de disparition.

Un des derniers rapports de la Cour des comptes estime à dix milliards d’euros les économies qu’il va être nécessaire de réaliser chaque année jusque 2030 pour parvenir à équilibrer les comptes de la sécurité sociale.

Et une fois de plus les principaux impactés par ces nouvelles restrictions imposées seront les plus fragiles financièrement. La gestion libérale imposée depuis l’arrivée d’E. Macron à l’Élysée est opposée à la logique de gestion de la sécurité sociale, reposant sur le dogme de : « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Les futurs PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) des prochaines années, notamment celui de 2027, vont voir apparaître tout un cheptel de nouvelles franchises et autres déremboursements, moyens classiques de pseudo auto-défense utilisés par les derniers gouvernements macronistes.

Cette gestion libérale du budget de la Sécurité sociale repose sur une logique de maîtrise des dépenses qui tend à considérer la santé et à fortiori sa protection sociale comme des coûts à réduire comme n’importe quelle autre dépense mercantile, plutôt que comme un investissement bénéfique au collectif.

Cette gestion impose une politique de restrictions budgétaires et favorise largement l’ouverture au développement du secteur privé dans le domaine de la santé et de sa protection sociale.

Les marchés financiers considèrent actuellement le domaine « santé » comme le plus prometteur en termes de rapport, supplantant les marchés classiques de la spéculation.

Le PCF reste le principal des partis politiques à dénoncer cette dérive et dénonce la remise en cause brutale du modèle social fondé sur la collectivité, au profit d’une logique de marché creusant encore un peu plu la fracture sociale et ouvre grand les portes à une protection santé et sociale des riches laissant sur le côté les malades et les plus fragiles financièrement.

Comme le dit Fabien ROUSSEL : « être à gauche aujourd’hui c’est rouvrir au monde du travail un horizon d’espoirs. »

Patrick LATTUADA

Le stade du Theux va porter le nom de Christian Preux

Notre camarade Christian Preux, disparu en juillet dernier, était, outre ses activités politiques et syndicales, un bénévole du club de football du Theux, un bénévole particulièrement actif, y faisant preuve de la solidarité, de la fraternité qui le caractérisait, n’hésitant pas à assurer les taches matérielles nécessaires.

Le stade de foot du Theux va porter son nom. L’inauguration aura lieu le samedi 6 juin à 11h00, rue des Bannettes .

Soyons nombreuses et nombreux afin de marquer collectivement cet instant de mémoire, de fraternité et pour lui rendre l’hommage qu’il mérite.

Plan climat « empreinte 2050 »

Le PCF a fait un point d’étape de son plan climat « empreinte 2050 » ce lundi soir.

Ce plan, mis en débat depuis deux ans, vise à annuler l’empreinte carbone. En introduction, Amar Bellal, responsable de la commission écologie du PCF, soulignait l’accueil favorable du secrétaire national, Fabien Roussel qui a largement contribué à sa popularisation. Le PCF est la seule formation politique à avoir un plan complet conduisant à la neutralité carbone. Depuis deux ans, les nombreuses rencontres avec des citoyens, des organisations syndicales, des associations, des sociétés savantes, des représentants d’entreprise du secteur de l’énergie, des personnalités, comme des membres du GIEC, ont contribué à enrichir ce plan dont une nouvelle version sera présentée à l’automne.

« Empreinte » aura prochainement un petit frère : un plan d’adaptation au réchauffement climatique, celui-ci étant déjà une réalité. Un plan, lui aussi « en rupture avec le capitalisme ».

Amar Bellal a insisté. Ce plan s’articule à la visée communiste. « C’est une question sociale que de s’occuper d’écologie. Faire du social sans écologie est un leurre. Nous tentons de démontrer qu’il est possible d’avoir et le climat et les « Jours heureux ». « Empreinte 2050 » n’a pas opté pour des « changements individuels brutaux » en matière de consommation, et s’articule autour des moyens technologiques actuels.

Le plan vise la neutralité carbone à l’horizon 2050. Il réduira également les émissions liées à nos importations, les émissions de gaz à effets de serre ne connaissant pas les frontières. C’est une démarche globale replaçant au centre la solidarité et la coopération internationale, remettant en cause les politiques de délocalisation faisant porter de façon injuste l’effort climatique aux autres pays, souvent plus pauvres et disposant de moins de moyens.

« Empreinte 2050 » prévoit une forte réindustrialisation pour répondre aux besoins nationaux, une électrification massive du pays pour limiter le recours aux ressources fossiles, la transformation des pratiques agricoles, la reforestation. Cela nécessite planification et des investissements massifs.

Michèle LEFLON

Xi-Trump : deux visions du monde

La rencontre au sommet Trump-Xi aura mis en avant deux visions du monde entre ces grandes puissances. Pour Pékin l’objectif est « d’élargir la coopération et de gérer les différends afin d’apporter stabilité et certitude dans un monde en pleine mutation ». Les actions des États-Unis en Iran et au Venezuela, ainsi que le blocus pétrolier contre Cuba, prouvent pour Pékin que la puissance prime désormais sur le droit. Face à ce monde imprévisible et dangereux, Xi exposait à Trump sa vision des relations internationales : « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. Nous devons être des partenaires, pas des rivaux, nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère. »

Empêtré dans les conséquences désastreuses de sa guerre contre l’Iran, Trump entendait surtout obtenir une aide de la Chine pour débloquer rapidement le détroit d’Ormuz. La position chinoise sur cette question a été explicitement exposée par le ministre des Affaires étrangères Wang Li : « Il faut instaurer un cessez-le-feu et mettre fin aux hostilités. La sagesse chinoise ancestrale nous enseigne que les armes sont des instruments redoutables et ne doivent pas être utilisées sans discernement. Aujourd’hui, le Moyen-Orient est ravagé par les flammes ». Et de rappeler qu’une fois encore, la Chine appelle à un arrêt immédiat des opérations militaires afin d’éviter une escalade incontrôlée de la situation.

Pour la Chine qui entend se positionner comme une puissance stable, le sommet a clairement consacré son accession au statut d’égal des États-Unis, marquant la fin des ambitions de Washington depuis les années 1990 d’imposer un monde unipolaire sous son égide.