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PFAS : les habitants de l’est du département méprisés !

L’eau de plusieurs communes des Portes du Luxembourg et de la Meuse a été contaminée par des PFAS à la suite de l’épandage de boues venant d’une papeterie maintenant fermée à Stenay.

Le ministre délégué à la Transition écologique a annoncé en avril, lors d’une visite dans les Ardennes son projet de circulaire pour imposer aux stations d’épuration le contrôle de la présence de PFAS dans les boues d’épandage. C’est bien pour l’avenir, mais cela ne résout en rien les problèmes des communes concernées et de leur population.

Un rapport de l’Académie des sciences de 2025 est consacré aux PFAS. Il souligne l’important degré d’incertitude scientifique : les mécanismes exacts de toxicité, l’impact de faibles doses chroniques et les effets combinés de mélanges de PFAS sont encore mal compris. La diversité même des PFAS complique l’évaluation des risques. Il énonce cinq recommandations : transparence et traçabilité des PFAS ; contrôle des rejets en milieu industriel ; intensification des connaissances par la recherche ; plan de recherche sur la substitution chimique des PFAS ; remédiation par le développement de méthodes de décontamination.

Dans la vallée de la chimie rhodanienne deux industriels de la plate-forme chimique d’Oullins-Pierre-Bénite, Arkema et Daikin Chemicals, ont été assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon par des riverains soutenus par des associations environnementales locales. Une étude de biosurveillance humaine chez les riverains des industries a été lancée en avril 2024.

Dans les Ardennes les maires ont demandé un suivi épidémiologique des habitants. Il a été refusé au motif que la population concernée n’était pas assez importante. Ce serait pourtant un atout pour faire progresser la recherche sur les conséquences humaines des PFAS et un suivi pour la population qui la rassurerait. En fait, il s’agit avant tout de manque de moyens pour la recherche alors que celle-ci est particulièrement nécessaire comme l’indique l’académie des sciences.

Michèle LEFLON

Une expo à voir !

Une exposition sur les anarchistes ardennais de la fin du XIXe-début XXe siècle se tient en ce moment aux Archives départementales, 10 rue de la Porte de Bourgogne à Mézières. Nous recommandons chaleureusement la visite. Il s’agit d’une déambulation dans l’histoire ouvrière et révolutionnaire de nos Ardennes initiée par l’association Terres ardennaises et le commissaire de l’exposition Dominique Petit : documents d’archives, meubles originaux de la communauté anarchiste d’Aiglemont. Le sujet est approfondi : l’histoire de ces femmes et de ces hommes, l’histoire des évènements et des tentatives de faire vivre cet idéal libertaire entre 1888 à 1913. Ce sont les racines de nos luttes qui sont mises en valeur, avec des pépites archivistiques : comme ce courrier sans concession d’un anarchiste à sa promise plus conformiste qui évoque à nos yeux contemporains les vers de Brassens :

« J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main, Ne gravons pas nos noms en bas d’un parchemin. »

Ce sont aussi ces photographies en noir et blanc qui donnent des visages à ces militants et des formes à ces lieux où vit le jour une utopie de liberté qui nous inspire aujourd’hui. 

Un bon moment aux Archives départementales du 19 mai au 4 septembre 2026 : « Les Anardennais (1888-1913) : de la grève générale à l’utopie communautaire ». A ne pas rater !

Irène PERRIN-TOININ

A VOS AGENDAS !

REPAS des Vétérans-es, Camarades du PCF et de leurs Amis-es

LE DIMANCHE 4 OCTOBRE à DEVILLE

(infos complémentaires en septembre)

Démocratie en danger

Les fondamentaux pour préserver et conserver la démocratie reposent sur des principes essentiels : le pluralisme politique, un État de droit, la protection de la liberté de pensée, sans omettre le respect des minorités…

Préserver la démocratie implique donc une vigilance constante traduite par le respect des résultats des consultations électorales, la liberté d’expression et l’indépendance des moyens d’informations tels que la presse écrite, parlée télévisée et la libre expression de la culture.

Historiquement, les mouvements d’extrême droite ont toujours tenté de développer une vision politique fondée sur leur unique façon de concevoir une société basée sur le nationalisme exclusif.

Actuellement, sous l’œil presque bienveillant des derniers gouvernements «macronistes » l’ombre sombre des idées nationalistes tisse sa toile avec l’assentiment des forces de droites de moins en moins républicaines.

Le plus bel exemple de cet inquiétant phénomène est illustré par Vincent BOLLORÉ qui affiche clairement sa volonté de vouloir posséder tous les outils de production, de diffusion et de distribution de la culture et des médias. Il n’a pas hésité à établir une liste noire des résistants à sa stratégie via la voix d’un de ses vassaux (le Président de Canal+) lors du dernier festival cinématographique de Cannes, qui historiquement a été créé en 1946 par les forces progressistes de l’époque en réponse à la MOSTRA de Venise, créée en 1938, sous l’influence des forces fascistes et nazies.

Dernier fait significatif de cette dérive ultra droitière la mise en examen de Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT et Fabien GAY, directeur de publication du journal L’HUMANITÉ.

Ces deux mises en examen traduisent parfaitement la chasse aux sorcières appliquée par les forces de droites pour contrer toute contre-offensive venant d’opposants porteurs d’un discours anti capitaliste.

Le PCF réaffirme par communiqué de presse de Fabien GAY dans l’Humanité que la liberté de la presse et la liberté syndicale ne sont pas négociables. Elles sont au cœur de l’État de droit et des conquêtes démocratiques et sociales de notre pays.

Patrick LATTUADA

Petites économies sur les « petites gens »

La région Grand Est supprime des aides aux vacances de milliers d’enfants défavorisés qui ne pourront peut-être pas partir en vacances. Elle assume son choix sous prétexte d’un contexte budgétaire difficile. La loi de la jungle en somme, s’attaquer aux plus fragiles en supprimant plusieurs dizaines de milliers d’euros de subventions à des associations qui organisent chaque année des vacances pour les plus précaires d’entre nous.

Dans sa communication, la vice-présidente de la région Grand Est refile la patate chaude aux communes, aux départements et à l’État ! Les politiques de solidarité en particulier pour les plus jeunes, ce n’est obligatoire pour les régions !

Concrètement, près de 2 000 enfants avaient pu quitter leur quotidien l’été dernier. Cette année, le Secours Populaire ne désarme pas mais chaque fédération départementale devra trouver d’autres moyens humains et financiers pour pouvoir continuer la solidarité. Seront donc fait appel aux fidèles donateurs et partenaires pour maintenir ces journées extrêmement importantes pour les enfants indique Amandine Grienesen, directrice du Secours Populaire dans le Haut-Rhin.

La région Grand Est oublie la Journée des oubliés des vacances ayant lieu chaque année le 15 août. Elle oublie 2 000 enfants qu’elle laisse au bord du chemin. Néanmoins, le Secours Populaire ne s’avoue pas vaincu et une autre subvention a été demandée à la région pour prendre en charge le transport des enfants. Le transport étant une compétence de la région, va t-elle aidé ou renié ses attributions ???…

Ces refus de financement touchent de nombreuses associations des 10 départements de la région.

Aujourd’hui, 1 enfant sur 3 ne part toujours pas en vacances.

Corine POSTAL

Fête de l’Humanité

La Fête de l’Humanité se déroulera du 11 au 13 septembre 2026 sur la Base 217 du Plessis-Pâté, en Essonne, comme lors des dernières éditions.

Bien sur, la Fédération des Ardennes du PCF y tiendra son stand.

Évènement politique de rentrée, cette fête sera un grand moment pour la paix, contre le fascisme et pour vivre mieux !

Les bons de soutien, donnant droit à l’entrée sont déjà disponibles au siège de la Fédération des Ardennes, au prix de 45 euros.

AESH méprisées

Le Parti communiste partage les préoccupations des organisations syndicales concernant les AESH (Accompagnement des élèves en situation de handicap).

En effet, la situation des AESH était au cœur des échanges organisés la semaine dernière entre les élus représentant les personnels et la Directrice académique des services de l’Éducation nationale. À l’approche de la prochaine rentrée scolaire, plusieurs questions ont été soulevées concernant l’avenir des accompagnants d’élèves en situation de handicap, notamment avec la mise en place progressive des PAS (Pôle d’Appuis à la Scolarité) venant remplacer les PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnements Localisés).

Lors de cette audience, les représentants des personnels ont fait remonter les fortes inquiétudes exprimées par les AESH face à cette réforme. Déjà confrontés à des conditions de travail difficiles : contrats précaires, temps incomplets imposés, faibles salaires et manque de reconnaissance — les personnels craignent que le passage des PIAL aux PAS entraîne une nouvelle dégradation de leur quotidien professionnel.

Pour la CGT Éducation, cette réforme s’inscrit dans une logique de gestion comptable de l’école inclusive. Les AESH redoutent une mutualisation encore plus importante des accompagnements, avec davantage de déplacements, des changements d’affectation plus fréquents et un nombre d’élèves toujours plus élevé à suivre. Une organisation qui risque de fragiliser autant les personnels que les élèves accompagnés.

Les élus du personnel ont ainsi demandé des garanties précises concernant les affectations, les conditions de travail et le maintien d’un accompagnement humain de qualité pour les élèves en situation de handicap. Ils ont rappelé que l’école inclusive ne peut fonctionner sans moyens humains suffisants ni sans une véritable reconnaissance du métier d’AESH.

Le Parti communiste partage ces préoccupations et soutient les revendications portées par les personnels et les organisations syndicales. Les communistes dénoncent une réforme menée sans moyens supplémentaires et défendent au contraire une école inclusive fondée sur des recrutements massifs, la titularisation des AESH, une revalorisation salariale et un véritable statut garantissant des conditions de travail dignes.

Face aux interrogations soulevées, la Directrice académique a indiqué que des précisions seraient apportées dans les prochaines semaines concernant l’organisation concrète des PAS à la rentrée. En attendant, les représentants des personnels restent vigilants et entendent poursuivre la mobilisation afin que cette réforme ne se fasse ni au détriment des AESH, ni au détriment des élèves qu’ils accompagnent au quotidien.

Au Parlement, les élus communistes ont voté contre les mesures liées aux PAS et ont soutenu les revendications des AESH pour :

un vrai statut de fonctionnaire,

une hausse des salaires,

la fin de la précarité,

davantage de moyens pour l’école inclusive.

Mezhoura NAIT ABDELAZIZ

Le gouvernement ne respecte pas les décisions du Parlement !

Fabien Roussel avait initié une proposition de loi pour la gratuité des soins liés au cancer du sein. Celle-ci a fait son chemin, à l’Assemblée Nationale puis au Sénat et a été promulguée au journal officiel du 5 février 2025, il y a plus d’un an.

Cette loi autorise le remboursement intégral des soins permettant la prise en charge des soins de support, des produits prescrits (crème, gels, pansements, vernis …) ou de dispositifs comme comme des sous-vêtements adaptés au port de prothèse mammaire amovible.

Cette loi n’est toujours pas appliquée faute de décrets d’application ! Les restes à charge peuvent atteindre 1500 à 3000 €.

Interpellée par Cathy Apourceau-Poly sénatrice communiste du Pas de Calais en octobre dernier, la ministre de la santé avait promis la parution des décrets dans les deux mois. Toujours rien !

Dans une conférence de presse ce mardi, Fabien Roussel, Yannick Monnet, député PCF de l’Allier, membre de la commission des affaires sociales et Cathy Apourceau-Poly ont lancé une pétition que Nouvelles des Ardennes vous invite à signer : https://yannickmonnet.fr/tous/a-la-une/petition-cancer-du-sein-la-loi-votee-doit-etre-appliquee-maintenant/

Cette loi est un premier pas vers un remboursement à 100 % des soins prescrits par la Sécurité Sociale, une mesure forte prônée par le PCF qui permettrait enfin d’éviter le renoncement aux soins pour des raisons financières.

Michèle LEFLON

Qualité des soins ?

La Cour des Comptes vient de publier un rapport sur la politique d’amélioration de la qualité des soins dans les établissements de santé. Pas un mot sur les conséquences des politiques d’étranglement financier des hôpitaux sur la qualité des soins ! Mais dans le détail, des éléments intéressants. Globalement, on en retient un avis nuancé de la Cour des Comptes sur les politiques menées pour améliorer la qualité des soins. On note la confusion à travers l’ensemble des instances d’évaluation qui ne communiquent par forcément entre elles : la HAS (Haute Autorité de Santé), les ARS (Agences Régionales de Santé), la Sécurité Sociale et d’autres !

On apprécie que ce rapport note que les questions d’inégalités d’accès aux soins, de coût pour les malades ne sont jamais prises en compte ! Il s’agit là d’un facteur essentiel de non-qualité de notre système de soins.

On partage aussi le scepticisme sur les procédures d’accréditation.

Un long passage est consacré aux incitations financières à la qualité. Si on ne peut qu’être d’accord avec la complexité de ces dispositifs, le principe même est inquiétant : réduire les moyens financiers là où la qualité n’est pas au rendez-vous ne va pas aider à l’amélioration ! Tout du moins en ce qui concerne le service public, là où l’argent public n’est pas utilisé pour des intérêts privés, les moyens doivent être donnés pour la qualité partout !

On y lit : « En outre, alors qu’ils sont à l’origine de nombreuses plaintes et réclamations et d’articles de presse relatant des décès suspects, les services d’urgence hospitalière ne font l’objet d’aucun indicateur de qualité ». Un reproche qui pourrait particulièrement s’appliquer à l’hôpital de Charleville-Mézières : le comité de défense des hôpitaux y mène actuellement une campagne pour l’humanisation de ce service où il n’y a pas de salle d’attente pour les familles, rejetées à la rue et un refus d’accompagnement dans le service, même dans des situations particulières qui le nécessiteraient comme des difficultés linguistiques ou des fins de vie. Le groupe de gauche a d’ailleurs fait adopter un vœu au dernier conseil municipal pour soutenir cette campagne, un vœu sur lequel la majorité municipale et l’extrême droite ont préféré s’abstenir !

Michèle Leflon

ANRU 3 et « relance logement » : des annonces en trompe-l’œil qui confirment un tournant inquiétant

Le premier ministre Sébastien LECORNU a annoncé le lancement d’un troisième programme national de renouvellement urbain pour la période 2030-2040, ainsi qu’un projet de loi dit de « relance logement » .

La confédération nationale du logement (CNL) prend acte de cette annonce. Mais, dans les faits, les orientations annoncées ne constituent pas un simple ajustement : elles actent un basculement lourd de conséquences. L’exécutif assume désormais une rupture nette, organisant la marchandisation accélérée du logement tout en démantelant les politiques sociales et écologiques dans les quartiers populaires . A leur place, il impose une logique sécuritaire qui stigmatise et abandonne les plus fragiles.

Le renforcement du pouvoir des maires dans l’attribution des logements sociaux et la conduite des projets constitue un premier pivot d’alerte majeure. Donner davantage de place aux élus locaux ne peut signifier ouvrir la voie à des pratiques discrétionnaires, à des logiques clientélistes ou à une gestion territorialisée des droits. La possibilité évoquée d’un droit de veto des maires sur les attributions, au nom de « l’ordre public », est particulièrement grave. Elle remet en cause les principes d’égalité et de transparence dans l’accès au logement social.

Une dérive sécuritaire au détriment du social : l’accent mis sur la lutte contre les trafics dans les quartiers populaires confirme une dérive déjà à l’œuvre, celle d’une approche sécuritaire des politiques urbaines.

Le logement ne peut pas devenir un outil de contrôle social !

A cela, s’ajoute une incertitude majeure sur les financements : à ce stade, l’état n’a versé qu’une part très minoritaire des engagements pris dans le cadre du programme actuel. L’annonce d’un « tour de table » d’ici l’automne ne saurait tenir lieu de garantie.

Pour la CNL, une autre politique est non seulement possible, mais indispensable.

Le logement est un droit fondamental qui doit rester une politique régalienne de l’état. Il ne peut être soumis ni aux logiques sécuritaires, ni aux intérêts du marché, ni aux arbitrages locaux.

La CNL appelle le gouvernement à revoir profondément sa copie et à engager enfin une politique à la hauteur des besoins.

Christine CARUZZI