Au sortir de la crise du COVID-19, l’exécutif n’a eu de cesse de se répandre en excuses, promesses, mea culpa et autres exercices de contrition, on a vu Emmanuel Macron à la Pitié-Salpêtrière, promettre une « revalorisation des rémunérations et des carrières » aux soignants en colère qui l’ont interpellé lors de sa visite. (1) Le gouvernement se veut rassurant et prétend avoir pris acte de la détresse des personnels mais concrètement, quelles réformes sont à l’agenda gouvernemental ?
La crise de l’hôpital public, si l’épidémie de COVID l’a mise en évidence, ne date pas d’hier : 25 ans d’austérité budgétaire ont contribué à appauvrir l’hôpital et à dégrader les conditions de travail des personnels soignants. Depuis l’adoption de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HPST) en 2009, les gouvernements successifs ont régulièrement réduit les budgets de l’hôpital public, durcissant les conditions de travail des personnels. (2)
Une tendance qui ne semble pas devoir s’inverser : en pleine crise du COVID, le directeur de l’ARS Grand Est a tenu des propos scandaleux sur le maintien de la suppression de 589 postes et 178 lits au CHRU de Nancy, propos qui lui ont coûté son poste sans pour autant que le projet qu’il évoquait ne soit remis en cause. Le projet en question dit « Plan du Comité Interministériel de Performance et de la Modernisation de l’Offre de soins », surnommé « Plan Copermo », prévoit une restriction extrêmement dure des financements pour l’hôpital public, inspirée des orientations ministérielles. Ces mesures sont très similaires à d’autres antérieures qui ont largement contribué à dégrader la situation des services d’urgences, entre autres, le gouvernement a superbement ignoré les nombreuses grèves qui ont eu lieu afin de résister à ces réformes. Il est prévu depuis l’adoption par l’ARS en juillet 2019 de la déclinaison locale des plans nationaux pour l’hôpital que 598 emplois soient supprimés, de même que 174 lits au CHRU de Nancy. En pleine crise du COVID, l’ancien directeur de l’ARS avait affirmé que le plan Copermo n’était aucunement remis en question, au grand dam des élus locaux et régionaux, qui ont alors vigoureusement protesté, au point que le ministre de la santé a dû intervenir pour préciser que les plans de restructuration de l’hôpital étaient suspendus. Suspendus mais pas supprimés… (3)
Et pourtant le lourd bilan de la crise du COVID devrait faire réagir : au 17 mai 2020 on déplorait pour la région Grand Est 2806 personnes hospitalisées, 234 patients en réanimation et 3272 morts dans les hôpitaux et il faut y ajouter les 1707 personnes décédées dans les EHPAD. La région Grand Est a été une des plus touchées par l’épidémie, et les morts, s’ils sont décédés du coronavirus ont aussi payé le prix de 25 ans de réformes néo-libérales d’appauvrissement de l’hôpital public, un hôpital mieux doté en moyens et en personnel aurait peut-être été plus à même d’accueillir et de soigner les victimes de l’épidémie. (4)
L’austérité a tué, et malgré la lourdeur du bilan, le gouvernement ne remet pas en question les mesures d’économie. Jusqu’où va-t-on poursuivre dans la violence économique ? Le gouvernement reste sourd, aveugle et indifférent aux souffrances voire à la mort de la population.
L’austérité budgétaire a un coût humain : elle tue les plus pauvres, les plus fragiles et les plus vulnérables. Nous nous rappelons tous de ces moments dramatiques au cours desquels le virus a emporté parfois jusqu’à la moitié des effectifs dans certains EHPAD. Tout en menant des opérations de communications qui ne trompent personne, et surtout pas le personnel soignant, le gouvernement ne change pas d’un iota sa politique budgétaire, combien faudra-t-il encore de morts pour que l’exécutif entende la détresse de la population et infléchisse réellement sa politique ?
Christine
Bibliographie
1. http://www.leparisien.fr/politique/hopitaux-gilets-jaunes-emmanuel-macron-face-au-risque-du-reveil-social-17-05-2020-8318496.php
2. « Hôpital public à vendre » Anne Gervais, André Grimaldi, le monde diplomatique, novembre 2010, p 1, 20-21.
3. https://nvo.fr/macron-vire-le-directeur-de-lars-grand-est-mais-pas-son-plan-hospitalier/
4. https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/infographies-coronavirus-4979-morts-du-covid19-2806-patients-hospitalises-234-reanimation

L’aménagement de la friche Deville, avenue Forest à Charleville-Mézières, semble au point mort. Après une fermeture définitive en juin 2016 c’est la société Invicta qui a fait la meilleure offre de reprise supprimant au passage 42 salariés. Après avoir récupéré le matériel industriel Invicta a aussitôt délocalisé la production à Donchery et Vivier au Court.
En pleine crise du capitalisme, amplifiée par la crise du COVID-19 les locataires sont une fois de plus parmi les grands oubliés. Pour pallier à cela, plusieurs associations de locataires demandent (entre autre) un moratoire des loyers. Historiquement c’est une revendication forte du mouvement ouvrier face aux périodes de crises ; durant le siège de Paris de 1870 par exemple. C’est pour cela que la CNL, qui s’inscrit dans cette lignée historique, fût la première association de défense des locataires à demander la mise en place immédiate d’un moratoire.
Avec la crise sanitaire actuelle on parle beaucoup de l’hôpital. Il est peut-être utile de rappeler comment celui-ci est financé. Pas par l’impôt mais par la Sécurité Sociale.
Les lycéens sont dans le flou depuis la fermeture de leur établissement. Enseignement à distance rendu lacunaire par l’inefficacité des supports utilisés, man
Réuni le 5 mai dernier en vidéo conférence le conseil communautaire de l’agglomération Ardenne Métropole à validé, pour la quatrième année consécutive, son adhésion à l’Agence d’urbanisme de Reims. L’intérêt de cette démarche n’apparaît pas clairement. A bien regarder les statuts de cette agence on constate que celle-ci ne regroupe que quelques adhérents de collectivités, essentiellement la ville de Reims et l’agglomération rémoise.
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C’est dans des conditions dramatiques que la pandémie COVID 19 met à nu l’affaiblissement de notre système public de santé. Cette crise sanitaire est la conséquence des choix des gouvernements successifs.
Gratuité des bus : c’est bon pour les gens, c’est bon pour la planète et c’est POSSIBLE !