La récente lettre du Premier ministre aux Préfets, concernant l’organisation d’un plan de relance, n’a pas suscité l’enthousiasme. Certainement que la principale mesure annoncée, la mise en place d’un comité régional de pilotage de ce plan ne dupe personne. Il faut dire que les Ardennais sont habitués aux annonces de dispositifs censés relancer l’activité économique qui ne débouchent sur rien. A chaque fois qu’une entreprise ferme on lance un plan de sauvegarde. Au mieux on assiste à la distribution de fonds publics qui servent à tout sauf à créer ou à maintenir l’emploi…..Pendant ce temps l’activité industrielle est en chute libre. Les Ardennes sont un des rares départements à connaître une baisse régulière de la démographie (nous sommes passés sous la barre des 280 000 habitants) et le taux de chômage se maintien à 2% au dessus de la moyenne nationale.
Depuis une quarantaine d’années, sous tous les gouvernements, nous avons connu au moins une dizaine de dispositifs pour relancer notre département (comités locaux pour l’emploi, Pôles de conversion, ADES (association pour le développement de la Vallée), un pôle de la métallurgie ou un plan de redynamisation économique……). Si le sujet n’était pas si grave on pourrait en rire. Mais derrière les chiffres ce sont les Ardennais qui souffrent.
Corollaire de cette politique c’est la nomination, épisodiquement, d’un responsable haut fonctionnaire pour animer la relance économique. Ainsi, j’ai recherché sans succès la trace d’un certain Guy Veyrard nommé en 1997 commissaire à l’industrialisation des Ardennes ou plus récemment de Simone Mielle en 2009 également commissaire à l’industrialisation. Depuis leur désignation ces hauts fonctionnaires ont disparu de la vie publique. Il serait peut être utile de lancer un avis de recherche pour retrouver ces personnes. Au moins pour le plan de relance 2020 c’est le Préfet de la région Grand Est qui doit assurer l’animation du comité régional de pilotage. Lui au moins on saura où le trouver.
Sylvain DALLA ROSA

A la suite du succès de la grève du 10 Novembre 2020, il faut poursuivre la dynamique. L’annonce de la grève avait déjà contraint le ministre à des annonces sur les lycées mais nous sommes encore loin de ce qu’il faudrait pour assurer la sécurité sanitaire de tous : personnels, élèves et familles. En outre aucune mesure n’a été présentée pour les écoles et collèges.
Lundi soir, 450 exilés ont occupé la place de la République pour dénoncer leurs conditions d’accueil qui sont indignes. Indignes de la France, indignes du pays qui a vu naître les fondateurs de notre République, indignes du pays des droits de l’Homme. Cette opération devait servir à alerter l’État et la Ville de Paris. Ceux et celles qui y ont participé ont payé cher le fait de vouloir être vus et entendus. C’est à l’appel de migrants issus des communautés afghanes, soutenus par des associations de solidarité, qu’environ 450 personnes exilées et à la rue ont installé leur tente, place de la République, à Paris. Parmi elles, des réfugiés et des demandeurs d’asile que l’État est normalement tenu de protéger. En réponse, un vaste dispositif de « maintien de l’ordre » se met rapidement en place. Les gendarmes mobiles et la police nationale s’empressent de saisir le matériel nécessaire au campement de fortune. Même occupées, les tentes sont arrachées à leur propriétaire, déchirées, piétinées, retournées et jetées dans un camion de la préfecture. Eddie Jacquemart, Président de la CNL ne manquera pas de s’exprimer, immédiatement il a exprimé son soutien indéfectible aux hommes et aux femmes qui se sont rassemblées, il a condamné cette opération en la qualifiant d’inhumaine. La liberté des hommes et des femmes est gravement attaquée.
Le confinement a mis en relief les inégalités déjà existantes en matière de qualité de vie. En Région Grand Est où plus d’un tiers des habitants vivent en appartement, on dénombre 252000 personnes soit 4.7% de la population vivant en logement sur occupé, dont une majorité de familles monoparentales. En période de confinement, la qualité du logement est déterminante pour la qualité de vie, vivre en logement sur occupé, sans accès à l’extérieur peut nuire fortement aux personnes concernées.
Covid, terrorisme sont deux occasions rêvées pour le gouvernement, outil de transmission de la grande bourgeoisie et du capital financier, pour faire passer en douce, en les distillant progressivement, les moyens d’éteindre définitivement les possibilités de luttes. La bataille idéologique est rude : pensons à l’acceptation tacite du relatif confinement actuel, assez inefficace d’un point de vue sanitaire, laissant les travailleurs se faire exploiter, tout en interdisant la culture, les loisirs et plus généralement l’exercice des libertés individuelles.