Aujourd’hui, mercredi 11 novembre 2020 nous ne pouvons pas nous rendre aux commémorations. Pour autant, nous tenons à rappeler notre indéfectible combat pour la paix, pour la souveraineté des peuples et pour la mémoire. Nous rappelons également que nous exigeons la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple !
Ci-dessous se trouve le discours écrit par Maxime Grulet, responsable à l’organisation de la fédération des Ardennes du MJCF. Discours que la fédération ne pourra malheureusement pas prononcer aujourd’hui.
11 novembre 2020 – « Si les morts étaient des chiffres » – MJCF 08
Si les hommes morts étaient des chiffres, comme il serait simple de les énumérer. Il y aurait d’abord le fusillé numéro 1. Puis le fusillé numéro 2. Et il y aurait le fusillé numéro 3. On totaliserait 639 fusillés. Mais comme il est rapide et facile de dire un nombre, mes amis, mes camarades ! Il y aurait 639 fusillés pour l’exemple, morts non pas pour avoir refusé de se battre pour la France, mais pour avoir refusé de mourir au nom du chiffre. Car c’est bien de cela dont nous parlons. Car les hommes morts vivaient de rires, de muscles et de sang, comme vous vivez de rires, de muscles et de sang. Ecoutons, amis et camarades, et ayons, rien qu’un instant, l’humilité de ceux qui les rejoindront. Ils sont les soldats de Craonne qui se battent depuis déjà deux semaines pour monter les trois terrasses qui les séparent du Plateau de Californie où sont juchées les positions allemandes. Trois terrasses et cent mètres. Déjà quinze fois, vingt fois qu’ils montent à l’assaut. Oui ! Ils montent. Ils montent car « cette fois, c’est la bonne », on leur a promis. Et quand ils montent, ce sont les copains qui tombent. Sur 1000 soldats qui s’élancent, 100 atteignent la première terrasse, 10 parviennent à la deuxième et personne, non personne, n’atteint jamais la dernière terrasse. Oui ! Ils montent pourtant. Vingt fois, trente fois puisque « la prochaine sera la bonne ». Mais un jour, ils ne peuvent plus. Ils ne veulent plus. Ils ne montent plus. Ils ne fuient pas, non. Simplement, ils ne montent plus. Les soldats de Craonne veulent bien tenir les positions mais ils refusent de mourir une trente-et-unième fois. Pas pour rien. Alors les copains se mettent à chanter. Alors on crie « A bas la guerre ! » et « Vive la révolution ! », et puis, parce qu’il le faut bien, on se rend. Sur quelques centaines, on en prend arbitrairement douze pour les juger en conseil de guerre. Sur ces douze, on en sélectionne quatre. Et ces quatre-là vont au poteau se faire fusiller par des copains contraints. Mais la mémoire joue parfois des tours…
C’était Bastien ou bien Gaston ? Ils devaient pourtant avoir des noms… Bof, quelle importance au fond ! Certains nous répliqueront qu’en temps de guerre, l’ordre et la discipline passe avant un prénom, et que la défense de la nation recommande des sacrifices nécessaires au bonheur du troupeau. Nous répondrons que la nation est ce que vous appelez troupeau, et ce que nous appelons peuple. Nous répondrons que lorsque dirigeants politiques et hauts gradés prennent la décision absurde d’envoyer mille et milles hommes prendre des collines imprenables, chaque entaille dans les corps des soldats déchire celui de Marianne. Car la défense de la nation n’est jamais un principe abstrait, elle prend chair dans des politiques et dans les idées qui les soutiennent. Le mépris pour la vie des hommes dont on fait preuve les dirigeants politiques et militaires de la Grande Guerre n’était pas une fatalité due à la menace allemande. Il fut théorisé en France avant 1914, par le général Lucien Cardot : « L’homme qui veut faire la guerre doit faire le sacrifice de sa peau, et tant que ce sacrifice n’est pas accompli sur sa personne, tant que sa propre peau est intacte, il ne peut pas s’en aller » écrivait-il. Mais nous l’avons dit. Vous n’étiez pas des chiffres, pas plus des pourcentages. Vous étiez des hommes. Vous étiez des patriotes. Vous viviez de rires, de muscles et de chants. Et nous le raconterons, nous. Nous qui, sans hâte, vous rejoindrons.

Les trois députés de droite des Ardennes se sont exprimés différemment lors du vote en première lecture du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale.
Il y a 100 ans, le 1er Novembre 1920, les Jeunesses socialistes décidaient lors de leur congrès de la Bellevilloise de rejoindre l’Internationale Communiste des Jeunes quelques semaines avant que la SFIC (Section Française de l’Internationale Communiste, futur PCF, voit le jour lors du célèbre Congrès de Tours. Cet acte fondateur marqua le début de la longue et riche histoire de la Jeunesse Communiste, histoire dans laquelle elle fît acte d’un engagement ininterrompu dans toutes les luttes de son temps aux côtés du PCF. Des luttes anti-militaristes et anti-impérialistes, des premières heures lors de l’invasion de la Ruhr par les armées françaises dirigées par une bourgeoisie apeurée, aux grandes mobilisations du Front Populaire, en passant par le mouvement contre la guerre du Vietnam et sans oublier évidemment son rôle dans la Résistance. La Jeunesse Communiste pendant ces cent ans a su exposer à la France entière les aspirations des jeunes face au capitalisme et à l’impérialisme et continuera de le faire sans relâche.
À partir de ce samedi 14 novembre, la Jeunesse Communiste lance ses « Livraisons Rouges ». Dans la situation actuelle, où la bourgeoisie sacrifie nos vies pour ses profits, la solidarité populaire devient une nécessité. Pour cela, nous avons mis en place un système de livraisons afin d’éviter notamment aux personnes fragiles des déplacements en magasin. Le principe est simple : les militants de la JC se chargeront de vous livrer vos courses dans le strict respect d’un protocole sanitaire. Les « Livraisons Rouges » seront reconduites tous les samedis et sont accessibles à tout le monde, dans tout le département.
Mathieu Kassovitz disait dans le film La Haine : « C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… Le problème ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »
Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, la 1ère Guerre Mondiale qui opposa les puissances de l’entente, Grande-Bretagne et France, aux empires centraux ayant pour centre le Reich allemand, prenait fin lors de l’armistice négocié et signé par les représentants des deux coalitions. Cette guerre avait éclaté au moment où les puissances colonialistes avaient pratiquement terminé un partage du monde, où elles ont pratiqué sans retenue la violence.