Les fusillés pour l’exemple toujours ignorés

L’UNESCO vient de se réunir à Riyade (Arabie Saoudite) afin de classer 139 sites de la 1ere guerre mondiale au patrimoine international. L’UNESCO est l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la culture ou la paix. Cette démarche pour le classement des sites liés à la guerre est un geste qui se veut comme un hommage rendu aux poilus et une sensibilisation à la paix. Dans les sites retenus on trouve exclusivement des cimetières de la guerre 14/18. Pour les Ardennes l’UNESCO à désigné 4 sites où sont enterrés les soldats morts au front et souvent inconnus. Rendre hommage à ces combattants souvent morts pour accomplir des ordres qui conduisaient immanquablement au massacre est une action forte pour la paix et la démonstration du caractère imbécile de la guerre.

C’est pourquoi, il est préjudiciable pour l’Histoire qu’aucun site retenu ne cherche à mettre en valeur les 639 fusillés pour l’exemple. Il aurait été symbolique que l’UNESCO apporte sa contribution à la réhabilitation collective de ces soldats qui n’avaient pas démérité devant l’ennemi. D’autant que depuis 2019 il existe à Chauny (Aisne) un monument financé par la souscription populaire et par des organisations comme la Libre Pensée. L’objectif de ce monument est de réhabiliter les fusillés pour l’exemple. Ces 639 poilus étaient souvent désignés au hasard pour être fusillés. Néanmoins la hiérarchie militaire avait tendance à privilégier pour être fusillés ceux qui dans le civil étaient engagés dans la lutte syndicale ou politique à gauche.

Si l’UNESCO avait classé le monument de Chauny comme site mémoriel de la 1ere guerre mondiale cela aurait été un pas vers la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple. Encore un rendez vous manqué!

Sylvain DALLA ROSA

Combattre l’insécurité nécessite des actes

La nouvelle vient d’être rendue publique à grand renfort d’annonces dans les médias. Le président de la République tiendrait ses promesses électorales. Avant la fin de son mandat, en 2027, il veut créer 238 nouvelles brigades de gendarmerie. Les Ardennes se voient attribuer 2 brigades. Une mobile à Revin et une autre fixe à Auvillers-les-Forges.

Pourtant, quoi qu’en dise G. Darmanin, Ministre de l’Intérieur, le compte ni est pas. Ces créations ne couvrent pas les fermetures de ces dernières années. A l’exemple de la brigade de Charleville-Mézières fermée en 2016. Localement, cette fermeture n’a pas eu d’impact direct sur la ville chef lieu, celle-ci étant placée en zone police. Cependant les effectifs (91 gendarmes) pouvaient venir en renfort en cas de problèmes majeurs. En 2022 les actes de délinquance ont progressé de 9%. Cambriolages, agressions ou violences conjugales sont en hausse. Charleville connaît le même phénomène malgré les 124 caméras disséminées à travers la ville.

En zone police (Charleville et Sedan) l’État avait annoncé la création de 29 postes supplémentaires. Mais là également on assiste à une gestion en « trompe-l’œil ». Les syndicats de policiers pointent le fait que ces créations compensent à peine les départs en retraite.

Depuis le début des années 2000 nous assistons à une diminution de la présence policière à l’image de la fermeture de l’antenne de commissariat située à la Ronde-Couture. Avec la politique menée nous sommes plus dans l’affichage que la prise de décisions du renforcement réel des effectifs de police. Nous avons d’ailleurs assisté en septembre 2022 à un exemple flagrant de cette gestion avec le déploiement de CRS spécialistes de la lutte contre les violences urbaines. Ils sont restés quelques jours sur le quartier de Manchester et sont repartis.

Afin de réparer la cassure entre la population et sa police il est nécessaire de renouer avec la présence policière sur le terrain dans une démarche de proximité et d’îlotage.

Sylvain DALLA ROSA

L’exode massif et l’indifférence spectatrice

Le processus d’attaque perpétrée par l’Azerbaïdjan a démarré en 2020 et un blocus s’en est suivi. Aujourd’hui, l’exil forcé des habitants du Haut-Karabakh se poursuit inexorablement vers l’Arménie. Plus de 100 000 personnes ont quitté la région peuplée de 120 000 Arméniens. L’ambassadrice d’Azerbaïdjan affirme que les Arméniens avaient le choix et que leur départ est volontaire !

Les risques d’expansion de l’Azerbaïdjan sont réels.

C’est un nouveau drame qui s’abat sur la communauté arménienne avec des répercussions sur l’Arménie. Les Arméniens du Haut-Karabakh apparaissent biens seuls sur la scène internationale. A l’heure de la guerre en Ukraine, la communauté internationale est beaucoup plus préoccupée de l’intégrité des frontières de la Crimée et du Donbass plutôt qu’aux revendications des Arméniens du Haut-Karabakh qui demandent à être rattachés à l’Arménie et donc à modifier une frontière internationalement reconnue.

L’Europe reste passive et semble insensible à ce drame humain.

Cette région n’intéresse pas et la volonté de ne pas se fâcher avec l’Azerbaïdjan , acteur riche et puissant en pétrole et gaz en est la cause. L’Europe achète le gaz russe via l’Azerbaïdjan considéré comme un partenaire loyal. Ce sont les Arméniens qui payent le prix fort de notre dépendance, de notre faiblesse et de notre laisser-faire.

Soutien français de façade quand la ministre des affaires étrangères se rend en Arménie pour réaffirmer « le soutien de la France à l’intégralité territoriale » du pays. Mais concrètement, que fait la France et surtout l’UE pour endiguer cet exode massif ?

Une force d’interposition s’impose et des décisions volontaristes doivent être prises.

Il y a une hypocrisie fondamentale entre les déclarations de soutien et l’envoi d’aide humanitaire aux Arméniens agressés et la volonté de ne pas se fâcher avec un acteur riche et puissant.

Nous restons spectateurs alors que nous devrions craindre un appétit d’extension encore plus féroce de continuité territoriale pan-turque de l’Azerbaïdjan et son allié Turc. Le défi à relever est de faire respecter les frontières mais visiblement, l’Europe a perdu ses valeurs.

Corine POSTAL

Sénat, le PCF se renforce

Après le renouvellement de la moitié des sénateurs par les grands électeurs (exclusivement des élus) le Sénat reste à droite. Les macronistes sont en difficulté, dans un scrutin marqué par le retour du RN au Palais du Luxembourg. Le président de la Chambre haute sera réélu dimanche à l’issue de ce scrutin où la droite reste majoritaire.

Des résultats sur lesquels le président de la République ne s’est pas appesanti dans son interview à TF1 et France 2 dimanche soir. D’autant que le scrutin est marqué par l’arrivée de trois sénateurs du Rassemblement national qui jusqu’à maintenant n‘avait plus de sénateurs.

La gauche – deuxième force du Sénat – visait les cent sièges suite notamment à un accord « gagnant-gagnant » conclu entre le Parti socialiste, le Parti communiste et les écologistes. À Paris, Ian Brossat, adjoint au maire et porte-parole du PCF a été élu sénateur. Le PCF passe de 15 à 17 sièges, « un résultat solide et un point important pour le mouvement social » souligne le groupe Communiste républicain citoyen et écologiste (CRCE). Dans le Grand Est on salue l’élection de Silvana Silvani, nouvelle sénatrice PCF de Meurthe et Moselle.

Droit à l’avortement : un droit à défendre !

Le 28 septembre est la journée internationale pour le droit à l’avortement. Pour le PCF, c’est un droit à défendre.

Aux États Unis, la cour suprême a porté l’année dernière un coup décisif contre ce droit. En Europe, Andorre, Malte, Pologne, Hongrie, Italie, Espagne le droit à l’avortement est menacé par la progression des extrêmes-droites, des milieux les plus réactionnaires, masculinistes. Ainsi en 2023, les femmes ne sont toujours pas libres de choisir d’avoir ou non un enfant, de prendre des décisions qui concernent leur propre corps !

En France, il faut une inscription réellement protectrice du droit à l’avortement dans la Constitution.

D’autant plus que l’effectivité réelle de ce droit recule avec la fermeture de maternités de proximité et de centres d’IVG, avec les pénuries médicamenteuses frappant les produits qui sont nécessaires aux IVG.

Michèle LEFLON

1973/2023 : 50 ans d’oubli organisé

Le 11 septembre 1973, le dictateur Pinochet renverse le président socialiste Allende. Le rêve est brisé.

Les plaies sont toujours ouvertes pour les familles et les proches des disparu(e)s. Sévices jusqu’à la mort, exécutions sommaires, disparitions et exil forcé sont à mettre à l’actif du bourreau jamais repenti.

Rien ne devait rester de l’UP (Union Populaire), de la soif de justice sociale et d’émancipation de la tutelle étrangère. Considérée comme une menace aux yeux de l’oligarchie, de la droite et des États Unis, Kissinger et Nixon financeront sans compter la guerre économique et politique avec entre autres ses Chicago Boys, formés à l’école monétariste de Milton Friedman.

Jamais les Américains n’ont eu à répondre de ce soutien actif au putsch et à ses conséquences. Pinochet non plus, lui qui a maté dans le sang ses opposants et dont les crimes restent toujours à ce jour impunis.

Les États Unis ont contribué activement à imposer un libéralisme débridé et prédateur gravé dans la Constitution toujours en vigueur.

Cet « héritage » a été rejeté lors de l’exemplaire rébellion sociale en 2019 dont le point de départ était l’augmentation du ticket de métro.

Le gouvernement de droite est renversé.

L’arrivée d’une gauche issue des mouvements sociaux n’a pas pansé les blessures. Le travail mémoriel ne reposant que sur les survivants, les familles des victimes, les organisations défenseurs des droits de l’homme et des formations politiques – à commencer par le parti communiste du Chili – qui ont payé un lourd tribut à la dictature et sa répression, la tentation du retour en arrière est grande.

36 % des Chiliens pensent que les militaires ont eu raison de « passer à l’acte » en 1973.

Les « nostalgiques » de Pinochet sont aujourd’hui majoritaires à l’Assemblée constituante.

L’amnésie est organisée jusque dans les manuels scolaires, la peur du rouge est agitée à grand renfort par des médias ultraconcentrés, ajouté à cela la tiédeur des réformes de l’exécutif, un boulevard est offert à la droite et l’extrême droite.

L’amnésie est mondiale : aucune évocation internationale le 11 septembre dernier.

Commémorer cette séquence socialiste dans le respect de la démocratie qui aura duré 3 ans, c’est rendre hommage et justice aux 30 000 torturé(e)s, aux 1 100 disparu(e)s, à Allende, à Pablo Néruda, communiste et prix Nobel de littérature, au chanteur Victor Jara, troubadour martyr et figure révolutionnaire. C’est lutter contre la répétition d’une histoire sanglante.

« Nous ne pleurons pas Allende, nous saluons son rêve d’un Chili pour tous » : Daniel Jadue, maire communiste de Recoleta.

Corine POSTAL

Agression contre le PCF !

Patrick LATTUADA, au nom de la fédération du PCF08, a saisi la Procureure de la République suite à la dégradation des locaux.

« Dans la nuit des 23 et 24 septembre derniers les locaux de la Fédération des Ardennes du PCF à Charleville-Mézières ont été tagués. Le texte inscrit sur la façade se rapporte à un débat national portant sur les désaccords au sein de la NUPES. Le débat doit rester dans les limites d’une confrontation sereine et respectueuse des uns et des autres. Ce sont tous nos adhérents qui sont choqués. En démocratie il n’est pas acceptable que des menaces et des dégradations touchent un parti politique.

C’est pourtant ce que les auteurs des tags s’évertuent à faire. Ils ne peuvent rester impunis. Devant les faits il nous semble indispensable que la recherche des auteurs soit mise en œuvre. Il s’agit de faire respecter la démocratie. Ce serait, par ailleurs, l’affirmation du bon fonctionnement du pluralisme politique. Cela touche l’ensemble des formations politiques.

C’est pourquoi nous souhaitons qu’une enquête soit ouverte pour déterminer et sanctionner les vandales à l’origine de cette dégradation de notre local carolomacérien. »

Agir ensemble à gauche dans la diversité et le respect mutuel

Crise sociale majeure en lien avec l’inflation, crise écologique, guerre en Europe … le mal-vivre, l’inquiétude gagne notre pays. Le capitalisme ravageur en est la cause essentielle et ses soutiens actifs dans notre pays, les Macron, Borne … ne sont plus supportables pour une large partie de la population.

La journée d’action intersyndicale du 13 octobre sera une occasion de manifester ce mécontentement profond. C’est une journée européenne de mobilisation pour mettre la pression sur le patronat et les gouvernements qui cherchent à imposer des politiques dites « d’austérité » en abîmant les services publics – mais aussi nos industries – au profit de la finance qui capte les richesses crées par le travail.

Il n’y aura pas de changement réel, profond sans grandes mobilisations sociales, mais il y a aussi besoin de bouleversements politiques progressistes et cela ne peut se faire sans une action conjointe du peuple de gauche et de ses partis politiques, dans leur diversité, d’autant plus que l’extrême droite xénophobe, roue de secours du capitalisme, est en embuscade. Cela implique le respect mutuel. Or, des parlementaires de LFI ont relayé sur les réseaux sociaux des commentaires injurieux et calomnieux, d’une extrême gravité contre Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Cette mouvance anticommuniste, véritable appel à la haine et à la violence, comme en témoigne aussi les tags sur le siège de la fédération du PCF 08, est de fait un soutien au capital en handicapant lourdement l’action commune. Les nombreux messages d’indignation montrent que militants et citoyens de toutes les sensibilités de gauche sont stupéfaits face à ces outrances.

Les communistes assument la diversité à gauche. Pour les élections européennes, ils assument d’être la seule force politique qui n’a jamais accepté les traités européens tels qu’ils sont constitués. Le PCF propose d’aller dans le sens d’une union de nations et de peuples libres, souverains et associés, dans l’objectif de combattre la domination du capital et une politique qui soit fondée sur le mieux-disant social et démocratique, comme sur les nécessaires coopérations industrielles, sanitaires, énergétiques. C’est avec toutes les forces de gauche en accord avec cette conception qu’il compte présenter une liste aux élections européennes avec comme tête de liste Léon Defonttaines.

Michèle LEFLON

Automobilistes, un racket institutionnalisé

Le gouvernement appelle les grands distributeurs de carburant à pratiquer le prix coûtant et cela pendant plusieurs mois. Cette mesure « Tape-à-l’œil » est loin de régler la question de la hausse du prix de l’essence et du gazole.

Un autre sujet qui pénalise le pouvoir d’achat, c’est la hausse récente des péages des autoroutes. Pour la SANEF, la compagnie qui gère l’autoroute de Reims à Paris et de la région Grand Est, c’est le jackpot permanent qui se fait au détriment des automobilistes. Il s’agit d’un véritable racket. Pour l’ensemble des sociétés autoroutières, en 2022, la hausse moyenne des péages aura été de 4,75% avec des bénéfices records de 3,9 milliards.

Pour les automobilistes la limite de l’acceptable est atteinte. Si des gestes financiers sont faits en direction des abonnés ils laissent de coté ceux qui prennent l’autoroute occasionnellement.

Résultat, on trouve de plus en plus de circulation sur les nationales afin d’échapper au péage. Ce sont principalement les camions qui ont cette pratique tellement le prix des autoroutes est devenu prohibitif. Il est urgent de rompre les contrats de concession qui courent pour certaines sociétés jusqu’à 2036. Si Macron cherche à récupérer des finances pour rendre du pouvoir d’achat aux Français, celles des profits dans la gestion des autoroutes lui tendent les bras.

Un traité qui doit être dépoussiéré

Il y a 60 ans, le 22 janvier 1963, était signé le Traité de l’Élysée afin de marquer la coopération franco-allemande après deux guerres dévastatrices. Forte de ses jumelages avec 3 villes allemandes (Dülmen – Euskirchen – Nordhausen), Charleville-Mézières veut commémorer ce Traité.

A l’issue de la seconde guerre mondiale le lien avec l’Allemagne était déterminant pour assurer l’avenir d’une Europe de paix et de développement économique. Comme le disait Victor Hugo, la relation entre la France et l’Allemagne est déterminante pour l’avenir de l’Europe. Le Traité de l’Élysée, qui fête ses 60 ans, devait s’inscrire dans cette vision. Les peuples ont trop souffert de la guerre pour ne pas apprécier la paix, c’est particulièrement vrai dans les Ardennes. Cette paix est aujourd’hui menacée avec le conflit en Ukraine. Un autre défi doit être relevé, celui d’un traitement Humain des questions de l’immigration.

En Europe, la confrontation militaire a été remplacée par la guerre économique qui se fait avec des souffrances sociales dans nos pays. Cela doit nous engager vers de nouveaux défis. Contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique ou au développement économique respectueux des politiques sociales sont nos objectifs. Il s’agit de développer l’Europe sur des bases démocratiques, sociales et écologiques. Une Europe libérée de la tutelle des marchés financiers.

La vague d’extrême droite, nationaliste et xénophobe, reprend du « Poil de la bête » dans différents pays européens voir en France prenant le pas sur la défense des droits de l’Homme. Ne laissons pas faire ces « va-t-en- guerre » ; mobilisons nous! Pourquoi ne pas organiser à Charleville-Mézières un sommet de la paix entre toutes les villes jumelées.

Sylvain DALLA ROSA