Jean Meslier honoré dans son village

On connaît bien (sinon, on gagne à connaître !) Jean Meslier, le « curé Meslier », ce curé athée des Ardennes (Étrépigny) du début du XVIIIe siècle (1664-1729).

Précurseur des Lumières, il a laissé à sa mort un volumineux Mémoire manuscrit dans lequel il a compilé l’exact contraire de ce qu’il était censé prêcher !

Communiste et révolutionnaire, athée et matérialiste en philosophie, ce penseur longtemps ignoré fait aujourd’hui l’objet d’une reconnaissance méritée. Non seulement dans les cercles universitaires où l’on commence à s’intéresser à lui, mais aussi dans le grand public.

L’Association des Amis de Jean Meslier n’est pas pour rien dans cette reconnaissance !

Depuis sa fondation il y a une il y a quinzaine d’années, elle contribue à en faire connaître la pensée.

Tel qu’énoncé dans ses statuts, « son but est, dans la diversité des opinions de ses membres, de favoriser la connaissance de la personnalité et de l’œuvre de Jean Meslier et toutes les activités visant à honorer sa mémoire ».

Balade annuelle

Dans cet esprit, elle organise chaque année, autour du 15 juin, sa date anniversaire, une « Journée Meslier », ouverte à toutes et tous, avec visite et balade.

Cette année, le jour de la balade sur les pas de Meslier était le 6 juin 2026, et l’abbaye d’Élan y était à l’honneur. Meslier s’y rendait lui aussi annuellement pour discuter de la répartition de la dîme avec leurs abbés décimateurs.

La balade qui a réuni pas moins de 60 participants, s’est aussi faite « sur les pas » de notre camarade Sylvain Dalla Rosa qui était un membre actif et dévoué de l’association des Amis de Meslier. Nous avons rendu hommage à ce militant communiste qui, dans la droite ligne de Meslier, s’est battu toute sa vie pour les autres sans jamais rien demander pour lui-même.

Un nouvel ouvrage sur Meslier

Dix ans après celui qu’elle avait publié sous l’égide de la Société d’Histoire des Ardennes, l’association vient aussi de publier un petit ouvrage plein de révélations nouvelles sur Meslier. Il prend la forme d’un tiré-à-part de 140 pages du n° spécial que la revue Maugis publiée par les Amis de l’Ardenne lui a consacré, sous le titre évocateur : Le singulier curé Meslier ou le Facteur Cheval du Matérialisme. Un livre coordonné par Stéphane Collet, secrétaire général des Amis de l’Ardenne, et Serge Deruette, le président de l’association et spécialiste de Meslier.

Il est à commander auprès des Amis de Jean Meslier au prix de 10 euros (+ port) ou à retirer auprès d’un de ses animateurs, à Charleville (tél : 06 42 42 14 18 ou 06 72 29 81 91) ou à Étrépigny (tél : 07 67 08 96 33).

Serge DERUETTE

Soutien à la grève des agents des cantines de Charleville-Mézières !

Depuis lundi 15 juin 2026 et toute cette semaine, les agents de la restauration scolaire sont en grève et mobilisés tous les midis place Ducale pour protester contre des conditions de travail devenues insupportables.

Nous nous sommes rendus à leur rencontre pour soutenir leur mobilisation. Alors que la municipalité cherche à faire des économies sur les services publics, ce sont d’abord les agents des cantines, à grande majorité des femmes qui vont en payer les frais.

Déjà pressurisées par des sous-effectifs avec les non-remplacements des départs, une brigade mobile en nombre d’agents insuffisants qui ne permet pas de palier les absences, on veut maintenant leur imposer une mission supplémentaire qui est celle du ménage des locaux pendant les vacances d’été.

Alors qu’elles exercent un métier exigeant du point de vue des règles sanitaires, et physiques, un métier difficile qui use les corps et les esprits au service des enfants de notre commune, ajouter des missions supplémentaires, c’est un manque de considération qu’elles n’ont pas supporté.

La première préoccupation de la municipalité devrait pourtant d’abord être celle de l’amélioration des conditions de travail sur leur poste. Cela passe par le renforcement des équipes des cantines, un management humain favorisant la bonne entente au sein des équipes. C’est surtout pour les enfants qu’elles se mobilisent. Quand le service public souffre, ce sont les usagers et ici les enfants qui en subissent les conséquences.

Au lieu de cela, les élus et les cadres ont organisés la casse du mouvement social en « anticipant la grève ». Nous les retrouvons tout au long de la semaine en train de servir des menus dégradés dans les cantines scolaires.

Nous nous posons la question : quand se tiendra un dialogue social respectueux ? Quand les revendications des agents, qui portent le service public, seront entendues ?

Les élus de gauche, pour le groupe « Ensemble une autre ville » restent mobilisés. Nous conclurons avec les mots des cantinières :

« Les enfants ne sont pas des chiffres ! »

« Considération et humanité pour la restauration scolaire ! »

Irène PERRIN-TOININ

Conseillère municipale PCF

Attaques en règle contre tous les conquis sociaux !

C’est à une attaque en règle que se livre le gouvernement contre tous les conquis sociaux pour mieux satisfaire les appétits du grand patronat. Et tout y passe ! Avec l’aide des medias à la solde du capital et des élus de droite et d’extrême droite.

C’est une campagne médiatique pour justifier les restrictions budgétaires, alors même qu’il faudrait investir pour relancer l‘économie, s’engager réellement dans la transition écologique, répondre aux besoins humains.

C’est la mise en cause des fonctionnaires, dont le statut même est l’intérêt collectif. A Paris, Ian Brossat, élu communiste, est obligé de corriger un élu de droite qui veut s’attaquer à la « masse salariale » des personnels communaux, pour rappeler leur évidente utilité. A Charleville-Mézières, le maire emboîte ce même pas de droite pour désorganiser les services municipaux et pousse le vice jusqu’à demander à ses élus de suppléer lorsque les agents des cantines se mettent en grève.

C’est la politique des petits pas, l’air de pas y toucher, avec par exemple cette semaine des restrictions sur les arrêts de travail, sans même une interrogation sur les causes de l’augmentation des dépenses de l’Assurance Maladie pour les arrêts de travail, comme par exemple les burn-out à la suite d’organisations délétères du travail, ne cherchant que la rentabilité.

La remise en cause du 1er mai est le symbole de ces petits pas ! Après l’échec de la tentative à l’Assemblée nationale de créer des dérogations à ce jour férié à la suite des mobilisations massives, c’est au Sénat que le débat est relancé. Comme l’a déclaré Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF du Pas de Calais, « Ce texte cherche à briser l’exceptionnalité des dérogations à l’interdiction du travail le 1er mai chômé, entamant ainsi un processus de remise en cause de ce jour de célébration de la lutte des travailleurs pour leurs droits. Nous ne sommes pas dupes ! Vous n’acceptez pas cette flamme de la lutte, de l’espoir, de l’émancipation et de l’amélioration de la condition humaine, malgré les assauts du libéralisme. »

C’est la mise en cause des militants syndicaux ! Dans les Ardennes, c’est Fabien Pinçon qui est convoqué à une entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement par son entreprise Forgex. Rappelons l’histoire. Fabien était le responsable du syndicat CGT de Walor (ex Atelier des Janves) et il a mené la lutte contre le gâchis de la fermeture de cette entreprise, contre les agissements voyous de ceux qui l’avaient repris récemment pour mieux la liquider. Cela avait abouti à la reprise par Forgex, accompagnée d’une kyrielle de licenciements. Ce n’est pas la première fois que Fabien est attaqué, et ce n’est pas le seul militant CGT de Forgex menacé ! La CGT appelle à un rassemblement à Bogny sur Meuse ce jeudi. La fédération du PCF 08 témoigne toute sa solidarité à Fabien.

Michèle LEFLON

Le stade du Theux porte le nom de notre camarade Christian Preux

Il y avait du monde ce samedi au stade de foot du Theux pour l’inauguration de la plaque portant le nom notre camarade : des officiels, des militants de la CGT et du PCF et bien sur la famille et les responsables du club de foot : Christian est l’exemple du bénévole, de ceux qui permettent au sport amateur de vivre, des invisibles.

Les cheminots en grève pour sonner l’état d’urgence

Les cheminots dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, de salaires et du service public du rail : ouverture à la concurrence, processus de filialisation…

L’appel unitaire des quatre syndicats de cheminots (CGT cheminots, SUD rail, Unsa ferroviaire et CFDT cheminots) à une journée de mobilisation le 10 juin indique : « Nous sommes à un moment de bascule à la SNCF ». Ils accusent la direction « de poursuivre une politique visant à démanteler progressivement l’unité sociale du groupe » et s’inquiètent « d’un climat anxiogène devenu structurel ».

Dans les Ardennes, nous voyons la fermeture progressive de gares, encore récemment celle de Rethel, après celle de Revin.

Le Conseil régional de droite du Grand Est envisage l’ouverture à la concurrence du lot « Etoile de Reims » qui concerne les Ardennes en 2027. La Région confirme son ambition : devenir propriétaire et gestionnaire de ses lignes ferroviaires locales. Plusieurs sections ont déjà été transférées par l’État, notamment en Alsace et en Lorraine. Des demandes de transfert sont actuellement à l’étude : l’une d’elle concerne les Ardennes avec la ligne Charleville-Mézières – Givet.

Pourtant, l’exemple allemand est édifiant : depuis l’ouverture à la concurrence, les retards ont augmenté de 30 %, les tarifs ont explosé sur certaines lignes, et les travailleurs ferroviaires subissent une précarisation sans précédent.

En France, les appels d’offres pour les TER risquent de reproduire les mêmes erreurs :

– C’est la fragmentation du service public, les correspondances plus compliquées, l’absence de solidarité entre les lignes à forte fréquentation et d’autres indispensables, mais moins fréquentées et donc moins « rentables »

– C’est la hausse des tarifs car il faut bien financer les actionnaires des opérateurs privés

– C’est la dégradation des conditions de travail : externalisation, sous-traitance, pression sur les salaires.

École inclusive : un défi sans moyens !

Ce mardi, les AESH (Accompagnant.es d’élèves en situation de handicap) faisaient de l’information devant la préfecture et à des sorties d’école, à l’appel de la CGT .

Ce métier incarne aujourd’hui une contradiction majeure des politiques publiques : alors que le handicap et l’égalité femmes/hommes sont brandis comme deux grandes causes nationales, les 186 000 AESH, à 97 % des femmes, qui font vivre l’école inclusive sur l’ensemble du territoire, sont maintenues dans une précarité statutaire et salariale scandaleuse.

Depuis plus d’une décennie, le ministère de l’Éducation nationale affiche l’ambition d’une école inclusive capable d’accueillir tous les élèves quels que soient leurs besoins particuliers et leur situation de handicap. Cette orientation s’est traduite par la scolarisation en milieu ordinaire de dizaines de milliers d’élèves en situation de handicap. Mais comme toujours avec des dirigeants libéraux, les choix politiques, quand ils répondent à une demande sociale, ne sont jamais suivis d’un budget à la hauteur des enjeux. Cette ambition s’est donc heurtée à une réalité brutale : l’absence de moyens humains et financiers ont mis en grande difficulté élèves, familles, enseignant.es et personnels accompagnants.

La stratégie de la direction nationale du PCF confortée

En fin de semaine dernière, les adhérents du PCF se prononçaient sur le texte qui sera débattu et enrichi lors des conférences de section, de fédération et au congrès national à Lille les 3, 4 et 5 juillet prochain.

A voir les publications sur les réseaux sociaux, d’autres militants de gauche s’immisçant dans le débat, la démocratie du PCF est enviée !

C’est le texte présenté par la direction nationale qui a été largement choisi avec 61,38 % des voix (78,3 % dans les Ardennes), confortant les orientations des 38è et 39è congrès. Le texte soutenu notamment par Pierre Laurent, ancien secrétaire national du PCF et Stéphane Peu, président du groupe GDR à l’Assemblée Nationale, a recueilli 25,35 % des voix (11,6 % dans les Ardennes). Les deux autres textes ont recueilli respectivement 7,6 % et 5,67 % (10 % et 0 dans le département).

Ce grand moment de démocratie au sein du PCF va se poursuivre ce week-end et le suivant, avant le congrès national.

Affaire Lyhanna : l’émotion ne suffit pas !

Toutes et tous ont partagé une profonde émotion et la douleur de la famille et des proches de Lyhanna.

Mais l’émotion ne suffit pas : cette affaire dépasse le cadre d’un fait divers tragique. Elle met en lumière la contradiction devenue insupportable entre une protection de l’enfance proclamée priorité nationale et l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants dénoncée par les professionnels, les magistrats, les associations.

Le gouvernement préfère bafouer l’indépendance de la justice plutôt que de lui donner les moyens : quand les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, quand les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, quand les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, il ne s’agit plus de dysfonctionnements isolés, mais d’une faillite structurelle. C’est la responsabilité des gouvernements successifs qui est engagée quand, selon le rapport de 2024 de la CEPEJ (Commission européenne pour l’efficacité de la justice), la médiane d’investissement de la justice est de 0,31% du PIB, contre 0,20% en France. La France a 3 procureurs pour 100 000 habitants, le chiffre le plus bas du Conseil de l’Europe. La moyenne est de 12,2.

Le Parti Communiste Français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

– l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants : renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés, développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes

– une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance

– le vote de la loi-cadre intégrale proposée par la coalition féministe, contre les violences.

Le gouvernement doit cesser de fuir ses responsabilités et de désigner des boucs émissaires. La mort de Lyhanna ne doit pas être instrumentalisée. La justice doit enfin avoir les moyens de travailler efficacement, au service de nos concitoyens dans le respect de l’État de droit, des libertés publiques, et de la sécurité de toutes et tous.

Michèle LEFLON

Balade sur les pas du curé Meslier

Comme chaque année, l’association des amis de Jean Meslier organise une balade à la suite de son assemblée générale : rendez-vous à 13 h 45 le samedi 6 juin à la salle des fêtes d’Etrépigny. Cette année, ce sera à l’abbaye d’Élan, où Meslier allait batailler avec les abbés décimateurs. Renseignements : 07 67 08 96 33

L’association des amis de Jean Meslier s’emploie à faire connaître ce petit curé de campagne qui dans un petit village de l’Ardenne française, entre XVIIe et XVIIIe siècle, rumine de grandes idées de liberté, d’égalité et de fraternité. Novateur, jour après jour, il va, avec persévérance, consigner ses idées révolutionnaires dans un Mémoire qu’il destine à n’être publié qu’après sa mort…

Récemment, la revue Maugis éditée par la société des écrivains de l’Ardenne a consacré un numéro à Jean Meslier. Il y avait salle comble aux archives du département lors de la présentation de la revue pour écouter Stéphane Collet présenter l’ouvrage. Il en profita pour rappeler le regretté Roland Desné et son travail inlassable pour réhabiliter l’œuvre du curé athée d’Etrépigny. Figure d’ailleurs en bonne place un article que Desné avait écrit et qui n’avait jamais été publié : « Le singulier curé Meslier ou le Facteur Cheval du matérialisme » dont on a fait le titre de ce numéro spécial Meslier de la revue. On y trouve aussi des articles de Serge Deruette et d’Yvon Ancelin, les inlassables animateurs de l’association des amis de Jean Meslier.

Au loup

Les éleveurs de moutons verraient bien le bout du tunnel grâce à plus de facilité de tuer le loup responsable de « drames humains » selon le député Cordier.

Le problème de la filière est pourtant ailleurs et date de bien avant l’arrivée du loup. Les deux députés ardennais Cordier et Warsmann, à l’origine de cette nouvelle possibilité, se sont-ils émus de l’arrivée sur le marché des moutons néo-zélandais grâce à un accord avec un pays situé à plus de 18 000 kilomètres, portant un coup dramatique à l’élevage français et bien sur ardennais ? Ces dernières semaines c’est un autre accord avec l’Australie qui vient d’être signé pour quelle réaction de nos deux députés ?

Il est facile d’apparaître sympathique auprès des éleveurs avec un loup, bien pratique bouc émissaire plutôt que de s’attaquer au fondamental.

S’attaquer au fondamental, c’est mettre en évidence la responsabilisé d’un système qui se révèle tel qu’’il est, faisant fi de l’humain, c’est dramatique Monsieur Cordier, c’est le système capitaliste

Jean-Pol BOIS