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Penser et construire des intercommunalités populaires

Les intercommunalités et métropoles sont bien souvent confisquées, éloignées de nos concitoyen·nes. Pourtant, elles ont des compétences toujours plus importantes avec un impact sur la vie quotidienne, (logement, transport, eau, déchets, développement économique …) Le fossé démocratique est grandissant, élections locales après élections locales sapant à sa base même le pacte républicain et démocratique.

La question n’est pas d’opposer les politiques communales et intercommunales : les coopérations entre communes sur des politiques publiques sensibles à la taille critique de leur déploiement. Par exemple, les politiques de l’eau et de l’assainissement servent d’autant plus nos habitant·es quand elles sont mises en œuvre à l’échelle d’un bassin de population plutôt que dans une segmentation calquée aux frontières communales. Mais il est nécessaire de s’interroger sur le contenu, la forme et la légitimité démocratique.

Pour le PCF, il est nécessaire de :

– revivifier l’échelon communal et stopper la marche folle aux transferts de compétence.

– structurer le débat politique plutôt que l’étouffer, accepter le conflit et la controverse comme force motrice. Il faut assumer de faire vivre une démocratie locale véritable, opposant parfois une majorité et une minorité, permettant l’expression de visions différentes, ce qui aurait dans la même foulée l’avantage de promouvoir des directions politiques identifiées plutôt qu’un parlement des maires sans contrôle des conseils municipaux eux-mêmes.

– faire avec les habitant·es et leurs organisations. Pour compléter le panel de réponses progressistes au fait intercommunal, il faut réaffirmer le rôle et la place des organisations sur les territoires concernés (syndicats, partis, associations) et développer les capacités d’interpellation citoyenne en direction de l’intercommunalité.

Une réponse novatrice serait la création de CESEL (Comités économiques sociaux et environnementaux locaux) rassemblant les différents acteurs et les administrations. Outre l’évolution significative de la démocratie locale qu’ils représenteraient, ils auraient une fonction économique et politique déterminante.

Les extrêmes mènent à la violence

Aucune vie ne mérite d’être prise brutalement quel que soit la cause défendue, l’actualité récente vient de nous renvoyer à cette triste réalité.

La politique devrait et se doit d’être l’espace du débat, de la confrontation des idées pour parvenir à une construction collective dans le respect de la démocratie et de l’autre. Jamais elle ne doit devenir le terrain de la haine, d’intimidations et /ou d’agressions.

Même si l’affrontement politique avec l’extrême droite implique une franche rupture avec sa rhétorique de guerre civile et tous ses penchants xénophobes aboutissant sur des méthodes criminelles. Dans une démocratie comme la nôtre le désaccord est légitime, Il est même nécessaire. Mais lorsque la violence remplace l’argument, la première victime est la démocratie.

Aujourd’hui la violence politique ne se limite plus au débat, elle déborde sur les réseaux sociaux, mais aussi dans le discours totalement désinhibé de pseudos spécialistes dans les médias écrits, radiophoniques et télévisés. Les réseaux sociaux et tous les médias peuvent et devraient être des outils formidables de mobilisation et d’information pour les citoyen.nes.

Cette banalisation de la violence est dangereuse, elle provoque le découragement de l’engagement, éloigne les citoyen.es du débat public et affaiblit leur confiance envers les institutions et leurs représentants.

Refuser ces comportements brutaux et mensongers ce n’est pas refuser le combat des idées Il est urgent que les responsables politiques, le gouvernement et le président de la République prennent leurs responsabilités pour stopper l’instrumentalisation et ne participent pas volontairement ou passivement à cette surenchère.

La politique doit être et rester un lieu de parole, pas un champ de bataille. Dire non à la violence en politique ou ailleurs, c’est dire oui à la démocratie, au respect de l’autre, à la protection de toutes et tous et à la Paix.

Patrick LATTUADA

Les municipales : au cœur des préoccupations des citoyens, une campagne politique

Alors que l’actualité politique nationale est irradiée de violences sans commune mesure, la campagne des municipales bat son plein à Charleville-Mézières avec les colistiers et militants de la liste d’union de la gauche autour de Damien Lerouge. Le dévoilement du programme a permis de montrer notamment notre préoccupation pour les moyens mis pour la petite enfance, l’enfance et la jeunesse de notre ville.

Ils figurent au cœur de notre projet parce que leur place respectée au sein de la cité est la condition sine qua non pour construire une société apaisée, loin des violences meurtrières.

Nous proposons donc le renforcement des services publics et l’amélioration de la formation des agents communaux et intercommunaux, la création de places en crèches familiales, l’adaptation des bâtiments scolaires et périscolaires aux changements, le valorisation des sites du Château des Fées et de Marie-Thérèse Berger pour les temps de loisirs des mercredis et vacances scolaires, mais également pour leurs usages en temps scolaire, la construction d’une cantine par école.

Ces projets sont dans la lignée des propositions développées nationalement par le PCF dans le cadre des municipales. Nous proposons également que le Maire accorde une place centrale à la protection de l’enfance.

Aujourd’hui, trop d’enfants et de familles restent seuls face aux difficultés. La commune doit être un point d’appui, un lieu de protection, d’écoute et d’action.

Les communistes portent des ambitions :

renforcer la prévention, mieux repérer les situations de danger, accompagner les parents, protéger les enfants et leur donner toute leur place dans la vie de la commune. Cela passe par l’application de toutes les mesures que nous avançons pour Charleville-Mézières avec Damien Lerouge.

Faire de la protection de l’enfance une priorité municipale, c’est agir concrètement pour aujourd’hui et pour demain.

En 2026, faisons le choix de communes qui protègent, accompagnent et émancipent.

Irène PERRIN TOININ

candidate en 2ème position liste d’union de la gauche avec Damien Lerouge

Secrétaire de section PCF de Charleville-Mézières

Pour une éducation primaire progressiste, laïque et gratuite

Pour les communistes, les enjeux du service public d’éducation sont ceux de la démocratisation de l’accès aux savoirs, et des conditions nécessaires à l’émancipation sociale et culturelle des citoyennes et citoyens. Pour cela, un investissement majeur doit être consacré par l’État au service public d’Éducation nationale. Une augmentation de la durée du temps d’enseignement et de formation des enseignants à des pratiques permettant un accès émancipateur et égalitaire aux savoirs, notamment concernant l’égalité filles/garçons sont ainsi des éléments primordiaux, permettant de garantir une éducation égalitaire et accessible à tous.

Si l’enseignement est de la compétence de l’état, les communes ont une compétence particulière vis à vis des écoles primaires.

Le PCF propose entre autre de :

– mettre fin au financement des écoles privées au-delà des obligations légales, et lutter au niveau national pour que les financements publics soient réservés à l’École publique.

– soutenir une politique de rénovation et de développement des locaux scolaires avec par exemple des cours de récréation inclusives et adaptées face au réchauffement climatique.

Les activités dites périscolaires doivent être développées dans les perspectives de l’éducation populaire et non comme des moyens de substitution aux manquements de la politique éducative nationale. Elles permettent de développer les pratiques sociales, sportives et culturelles, offrent un cadre favorable à l’éducation à l’esprit critique, à l’initiative solidaire, au projet collectif … Les partenariats engagés pour mettre en œuvre cette éducation populaire doivent être attentifs à ne pas servir les volontés de marchandisation de l’éducation. Cela suppose des animateurs bien formés !

Pour une politique municipale inclusive, qui garantisse l’égalité de tous

Les communes, comme lieu de vie citoyen de « premier niveau » sont aux fondements du vivre-ensemble et de la vie en commun. Garantir que tous soient inclus et pris en compte lors de l’élaboration des politiques publiques sans discriminations est essentiel.

Pour lutter contre l’exclusion des personnes en situation de handicap, il faut par exemple former les agents communaux à leur accueil, ouvrir les conseils de quartier à leur pleine participation, créer un médiateur municipal de l’accessibilité …

Contre les discriminations LGBTQI+ il faut créer des liens avec les associations locales, faciliter l’organisation d’événements inclusifs comme le mois des fiertés, là aussi former les employés communaux…

C’est aussi le soutien aux acteurs locaux de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et les discriminations.

Développer les services publics locaux

L’austérité imposée aux collectivités locales menace directement les services publics de proximité, sur fond de crise majeure des services publics nationaux (école, santé…).

L’action pour les services publics nationaux va de pair avec le développement des services publics municipaux. Nos communes ne peuvent compenser les services publics nationaux qui participent de notre République.

Il faut aussi élargir la maîtrise publique des services hors tout intérêt privé. Le PCF propose par exemple de développer l’offre de service public des villes sur certaines activités qui touchent au plus près la population, mais sont pour autant aujourd’hui pleinement dans une logique de profits et faisant l’objet de scandales répétés (crèches, EHPAD, pompes funèbres).

La république du copinage !

L’actuelle ministre des comptes publics Amélie de Montchalin, succède à Pierre Moscovici à la présidence de la Cour des Comptes.

Une place inamovible pour une fidèle du Président de la République qui s’est distinguée par ses volontés austéritaires, visant les opérateurs de l’État et les dépenses de la Sécurité Sociale.

Un véritable conflit d’intérêt pour celle qui a préparé le budget de l’État 2026 passé par 49.3 et devrait à la Cour des Comptes donner un avis à l’automne sur ce budget.

Il s’agit pour E. Macron de placer ses proches, un de plus après Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel, Emmanuelle Wargon à la commission de régulation de l’énergie, Clément Beaune au haut commissariat au plan, Stéphane Séjourné à la commission européenne …

C’est aussi un gouvernement qui se délite : la ministre de la culture, Rachida Dati a annoncé son départ pour se consacrer à la campagne des élections municipales à Paris.

Charlotte Parmentier-Lecocq, chargée de l’Autonomie et des personnes handicapées, devait présenter le plan Grand âge le 12 février. Ce plan, réclamé depuis des années par les professionnels du secteur est reporté sine die, la ministre ayant annoncé préférer quitter le gouvernement pour reprendre son poste de députée !

Michèle LEFLON

DOUBLE ENJEU

Les élections municipales approchent à grands pas, les candidatures se dévoilent une à une avec bien entendu la présentation des principales propositions que vont contenir les programmes proposés.

Il est un fait certain que ces élections restent encore un des votes qui mobilise le plus les électeurs de par le caractère spécifique que présente le mandat de maire. Malgré toute la méfiance et tous les doutes que ressentent beaucoup de citoyens à l’égard de la politique et de ses acteurs, le maire via son statut de proximité inspire encore un peu de confiance à tous ses concitoyen.es.

Mais étonnamment, il ressort qu’une des particularités de ce scrutin municipal échappe à une grande partie des électeurs. Cette particularité concerne l’élection des conseillers communautaires. L’intercommunalité est devenue un des vecteurs de la coopération entre les communes. Il est important pour les candidats, et le sera, à fortiori pour les futurs nouveaux élus de porter sur la place publique le contenu et les moyens alloués à la politique communautaire, qui rayonne beaucoup sur le quotidien des habitant.es.

C’est pour ces raisons que les candidats de la liste de l’union de la gauche, écologiste et citoyenns.es ‘’Ensemble : pour une autre ville’’ informent et viennent à la rencontre des habitants pour expliquer et développer leur programme.

DOUBLE JEU :

Il est indéniable est normal qu’une des préoccupations premières des Français.es, en cette période difficile, soit la sécurité et le pouvoir d’achat. Pour la sécurité en principe dans un pays démocratique et républicain comme le nôtre, la sécurité est une des missions régaliennes incontournable de l’État.

Mais les différents derniers gouvernements macronistes axés uniquement sur l’économie libérale n’ont eu qu’un seul objectif réduire les budgets des services publics. Dans le droit fil de cette politique néfaste, le Sénat réfléchit actuellement sur un projet de loi visant à l’extension de prérogatives de police judiciaire aux policiers municipaux.

Ce projet de loi pose de véritables questions. La première est la dangerosité de l’équité au niveau national, chaque commune n’ayant pas la même application sur son territoire. Autre problème, la dotation financière allouée par l’État aux structures territoriales ayant été très largement revue à la baisse, comment va être financée cette nouvelle charge par les communes, car les agents de police municipale sont des agents territoriaux engagés, formés et payés par les communes.

Là également il va être primordial que ces élections municipales 2026 soient le premier étage de la fusée du changement de politique que les Françaises et Français attendent comme ils l’avaient déjà manifesté lors des dernières législatives suite à cette improbable dissolution.

Patrick LATTUADA

Vive les Services Publics !

A l’occasion des élections municipales une campagne a été lancée pour les services publics locaux à l’initiative du collectif Nos services publics, avec une vingtaine d’organisations entre autres Oxfam France, Attac, ATD Quart-Monde, Anticor, la FSU, la LDH, la CNL, la coordination des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité…

L’échelon communal ne saurait, à lui seul, résoudre les crises écologique, démocratique et sociale, mais les municipalités peuvent être la source d’avancées concrètes pour la population.

Certes, la capacité d’agir des élus locaux est contrainte par les choix budgétaires nationaux, mais le choix du service public est un choix politique et par ailleurs les élu·es locaux ont un rôle politique qui dépasse le seul périmètre de leurs communes et les compétences du bloc communal, à la fois par leur action d’élu·es, de grand·es électeur·trices et de citoyen·nes.

Cette campagne vise à obtenir des candidat·es un engagement à œuvrer pour la construction d’un rapport de force en faveur des services publics, en lien avec les mobilisations sociales ou les associations de terrain.

Ce sont aussi des propositions concrètes pour l’action municipale, comme celle d’un service public de sécurité municipale préventif de proximité, de centres de santé, de conventions pluriannuelles plutôt que d’appels à projet pour garantir la continuité des actions culturelles. C’est un appel à la transparence avec la publication des critères d’attribution de l’ensemble des aides et subventions de la commune.

Manque de médecins : urgence, il y a les élections municipales !

Ardennes Métropole crée un « centre de santé » !

Ce ne sont pas les communistes qui critiqueront le principe ! Les premiers centres de santé ont été créés entre les deux guerres dans des municipalités communistes pour répondre aux besoins des populations sans discrimination sociale. Depuis l’idée a été reprise très largement et d’ailleurs le comité de défense des hôpitaux de proximité des Ardennes a fait deux réunions d’information pour promouvoir les centres de santé, en 2016 à Givet et en 2019 à Nouzonville.

Construit sur un projet de santé pour le territoire, les centres de santé permettent la prise en charge globale par une équipe, avec tiers payant intégral, sans dépassement d’honoraires. Pour les médecins, qui sont salariés, c’est attirant, avec la notion d’équipe, le fait qu’ils soient déchargés des taches de gestion de leur cabinet. Et c’est un véritable plus pour le territoire quand le centre de santé s’engage dans des actions de prévention.

La création d’un centre de santé nécessite des dépenses supplémentaires de la collectivité en particulier les premières années pour mettre en route le plus par rapport à la médecine libérale, le travail d’équipe, les actions de prévention.

L’accompagnement permis par le travail d’équipe, c’est par exemple la secrétaire qui ne laisse pas partir une personne à qui le médecin a dit d’aller voir un cardiologue sans lui avoir trouver le rendez-vous grâce aux relations tissées par le centre de santé, plutôt que de le laisser seul face à doctolib ou qui renseigne sur les aides possibles pour quelqu’un qui n’a pas de mutuelle.

Rien de tout cela dans le projet d’Ardenne Métropole ! Pas de quoi comprendre que l’agglo s’engage financièrement ! Juste des consultations faites par des médecins retraités dont on a du mal à comprendre comment leurs salaires ne seront pas compensés par le prix des consultations ! Ils auront un CDD de six mois avec l’hôpital : le temps de laisser passer les élections municipales ?

La localisation à Charleville interroge aussi : avec les spécialistes libéraux qui pratiquent allègrement les dépassements d’honoraires !

Si la création d’un centre de santé est de fait complexe, demandant l’élaboration d’un projet, du temps et un engagement des collectivités, là on a mis la charrue avant les bœufs. Ce n’est pas cela qui va attirer de jeunes médecins en leur proposant un travail d’équipe leur permettant une prise en charge globale des patients comme ils l’aimeraient ! Rien ne permet d’envisager un développement dans la durée. Cela s’appelle du bricolage préélectoral !

Michèle LEFLON