Affaire Lyhanna : l’émotion ne suffit pas !

Toutes et tous ont partagé une profonde émotion et la douleur de la famille et des proches de Lyhanna.

Mais l’émotion ne suffit pas : cette affaire dépasse le cadre d’un fait divers tragique. Elle met en lumière la contradiction devenue insupportable entre une protection de l’enfance proclamée priorité nationale et l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants dénoncée par les professionnels, les magistrats, les associations.

Le gouvernement préfère bafouer l’indépendance de la justice plutôt que de lui donner les moyens : quand les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, quand les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, quand les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, il ne s’agit plus de dysfonctionnements isolés, mais d’une faillite structurelle. C’est la responsabilité des gouvernements successifs qui est engagée quand, selon le rapport de 2024 de la CEPEJ (Commission européenne pour l’efficacité de la justice), la médiane d’investissement de la justice est de 0,31% du PIB, contre 0,20% en France. La France a 3 procureurs pour 100 000 habitants, le chiffre le plus bas du Conseil de l’Europe. La moyenne est de 12,2.

Le Parti Communiste Français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

– l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants : renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés, développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes

– une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance

– le vote de la loi-cadre intégrale proposée par la coalition féministe, contre les violences.

Le gouvernement doit cesser de fuir ses responsabilités et de désigner des boucs émissaires. La mort de Lyhanna ne doit pas être instrumentalisée. La justice doit enfin avoir les moyens de travailler efficacement, au service de nos concitoyens dans le respect de l’État de droit, des libertés publiques, et de la sécurité de toutes et tous.

Michèle LEFLON