Voici quelques extraits de l’appel solennel lancé par Cécile Cukierman, la présidente du groupe CRCE-K, à la veille de l’examen par le Sénat du projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
C’est un budget d’austérité, pas de solidarité : «Les hôpitaux manquent de moyens, les soignants s’épuisent, les arrêts maladie sont désormais traités comme des abus, tandis que les dividendes du CAC 40 atteignent des niveaux historiques. Le gouvernement épargne les exonérations patronales et la taxation des superprofits – plus de 90 milliards d’euros chaque année – et fait payer la crise aux plus fragiles. Derrière le langage technique, c’est la punition de la solidarité pour mieux protéger le capital, alors que les services publics, la prévention et la santé collective sont sacrifiés. »
Le vote sur l’article 45 bis : illusion ou courage ? : « L’article 45 bis, qui aurait dû défendre les retraites, a révélé les choix de la gauche. Les socialistes et écologistes ont voté pour la suspension de la réforme, se contentant d’une demi-mesure qui ne remet pas en cause l’injustice structurelle de cette réforme imposée par 49.3. »
« Ce vote valide donc, pour la première fois à l’Assemblée nationale, le principe même du recul de l’âge de la retraite à 64 ans. Les communistes ont voté contre, car seule l’abrogation complète garantit la justice sociale. Face à une réforme injuste, il n’y a pas de demi-mesure : défendre pleinement les droits sociaux ou valider leur recul. »
« Au Sénat, nous ne serons pas complices
Les communistes refuseront cette logique. Nous ne nous résignerons pas à gérer la pénurie pendant que les profits explosent. Nous dirons non à la mise sous tutelle de la Sécu, à la surveillance des allocataires et à cette austérité sociale déguisée en morale républicaine. La Sécurité sociale n’est pas un coût, elle est une conquête appartenant à celles et ceux qui la financent : les travailleurs. Nous défendrons un autre modèle fondé sur la solidarité, la justice fiscale et la protection sociale universelle. »
Retrouver le cap du partage des richesses
« Dire non, ce n’est pas renoncer : c’est défendre une autre logique. Il faut cesser les exonérations massives sans contrepartie ; lutter enfin contre l’évasion et l’optimisation fiscales ; réinvestir massivement dans la santé, la vieillesse et la prévention ; revenir à une fiscalité juste où chacun contribue selon ses moyens et non selon le bon vouloir des lobbies. C’est cela, être de gauche. C’est cela, la cohérence politique et sociale.
Ce PLFSS n’est pas une réforme : c’est une régression. Être de gauche est factuellement incompatible avec sa caution. Nous ne sommes pas là pour accompagner le macronisme social-libéral, mais pour le combattre, par fidélité aux travailleurs, aux retraités, aux soignants et à toutes celles et ceux pour qui la Sécurité sociale reste le dernier rempart contre la précarité et l’injustice. Le courage politique consiste à défendre ces droits, sans concession. »