À Charleville-Mézières, une question revient de plus en plus souvent dans les discussions entre habitants : pourquoi est-il devenu si compliqué de faire ramasser ses cartons ?
Le constat est sans appel. Dans le centre-ville, les bacs jaunes sont collectés deux fois par semaine. En revanche, dans les quartiers extérieurs, la collecte n’a lieu qu’une fois tous les quinze jours. Une différence difficile à comprendre lorsque chacun paie les mêmes impôts et contribue au financement du même service public.
À cette inégalité s’ajoute une règle qui pénalise de nombreux habitants : si les cartons dépassent de la poubelle ou sont déposés à côté du bac, ils ne sont tout simplement pas ramassés. Les agents appliquent les consignes qui leur sont données, mais le résultat est toujours le même : les cartons restent sur le trottoir, au grand désarroi des riverains.
La réponse apportée par la collectivité est désormais bien connue : « Il suffit de les déposer en déchetterie. » Une réponse qui semble ignorer la réalité de milliers de personnes.
Tout le monde ne possède pas de voiture. Tout le monde ne peut pas charger plusieurs cartons dans un véhicule pour parcourir plusieurs kilomètres jusqu’à la déchetterie. Les personnes âgées, les étudiants, les familles modestes ou encore celles qui dépendent des transports en commun sont les premières victimes de cette organisation.
Une question mérite donc d’être posée : à quoi servent les impôts que nous payons si les services publics essentiels sont progressivement réduits ou reportés sur les usagers eux-mêmes ?
Le service public ne devrait pas être réservé à ceux qui disposent de moyens matériels pour pallier à ces insuffisances. Il doit garantir les mêmes droits à tous, quel que soit le quartier où l’on habite.
Cette situation illustre une logique inquiétante : celle d’un service public qui recule, où l’on demande toujours davantage aux citoyens tout en leur en offrant moins. Derrière une simple histoire de cartons se cache une question de fond : celle de l’égalité entre les habitants et de la place accordée à l’intérêt général.
Le Parti Communiste Français refuse cette logique. Nous défendons un service public de proximité, efficace et accessible à toutes et tous. La collecte des déchets n’est pas un luxe, c’est une mission essentielle de la collectivité.
Nous demandons que les fréquences de collecte soient réévaluées, que des solutions adaptées soient proposées pour les habitants ne disposant pas de véhicule et que la qualité du service rendu soit la même dans tous les quartiers de Charleville-Mézières.
Parce que la propreté de notre ville est une responsabilité collective, mais aussi parce que l’égalité devant le service public ne doit jamais devenir une variable d’ajustement budgétaire.
Joffrey DEMEYER
