Il y a 90 ans, le 11 juin 1936, le Parlement adopte les lois sur la semaine de 40 heures, les conventions collectives et les congés payés.
Cela n’aurait pas été possible sans les luttes et les grèves massives et exceptionnelles de mai-juin 1936.
Des grèves mais aussi des occupations d’usines où on se met à penser l’impensable.
Tandis que des millions de salariés ont cessé le travail, les 2 lois sont adoptées. Une sur les congés payés et l’autre sur les 40 heures par semaine, le 11 juin à l’Assemblée et le 17 au Sénat. Il était impossible d’imaginer qu’un jour les patrons puissent accepter de vous payer pour aller vous reposer ! Mais, grâce à la grève et le Front Populaire, ce qui était vu comme une utopie est devenue réalité. Cette revendication a été arrachée malgré toute la propagande assénée pour la discréditer comme le doux refrain encore entendu aujourd’hui : « les congés payés vont alourdir le coût du travail ».
Rien n’y fera contre la dynamique enclenchée. Avec l’augmentation substantielle des salaires arrachée dans le même temps par les grèves, de nombreux « salopards en salopette » (« Figaro ») ont pu goûter à la joie des vacances. La masse laborieuse réalise son rêve au grand dam de la bourgeoisie même si nombre d’ouvriers ne sont pas partis en vacances. Le sport, la culture et les loisirs se sont développés durant ces temps libres grâce notamment à Léo Lagrange.
Les 3ème et 4ème semaines ont été obtenues par les ouvriers, la 5ème instaurée en 1982.
Le juste partage des gains de productivité reste un combat permanent. La preuve, puisque 90 ans après et presque jour pour jour, le 14 avril 2026, un député LR ressert la soupe que Bayrou avait mijoté en 2025. Vendre ses congés payés ! La solution pour augmenter individuellement son salaire. Renoncer à sa 5ème semaine de congés et la monnayer. Quand les décideurs se refusent obstinément à augmenter les salaires, que ce soit le patronat ou l’État, voilà la solution miracle inventée par des parlementaires aux ordres de la finance.
Et, si l’inflation continue d’augmenter, ce qui, au vu du contexte actuel est largement prévisible, il faudra abandonner la 4ème, la 3ème, voire l’intégralité de ses congés ?
En plus, pas d’impôts ni de cotisations sociales sur cette « vente » ! Non seulement vous vous reposerez moins mais en plus, vous aurez une pension diminuée quand vous ferez valoir vos droits à la retraite ! Une double peine en somme, 2 fois perdant !
C’est une attaque en règle aux conquêtes obtenues durant le Front Populaire et la libération.
Bayrou a essayé la suppression du lundi de Pâques et du 8 mai, Attal veut faire travailler le 1er mai. Ils veulent voler aux Français ce qu’ils ont si durement obtenu par leurs luttes. Les faire travailler plus pour gagner moins. À l’image de la dernière réforme des retraites appliquée à coup de 49.3. Travailler plus pour moins dans la semaine, dans l’année et dans la vie. C’est ça le progrès social ???
Nos droits ne sont pas à vendre « quoi qu’il en coûte » et ils sont à NOUS !
Corine POSTAL
