Les élections municipales appartiennent au passé. Au lendemain de ce type de scrutin les partis politiques se sentent dans l’obligation d’annoncer que leur camp sort vainqueur de cette campagne, se raccrochant aux victoires acquises, même les plus courtes et dans les plus petites communes, en guise de preuves irréfutables. En se gardant bien d’avouer le plus souvent que ses pseudos victoires sont dues à des alliances improbables sous l’œil bien veillant de médias complices.
Sans vouloir tomber dans un pathétisme outrancier et adopter une attitude de malheureuse victime, il est indéniable de constater qu’un étrange silence et black out règne depuis le 15 mars 2026 dans la plupart, pour ne pas dire tous, les médias nationaux à propos des résultats du Parti Communiste Français (PCF).
Il faut savoir que plus de 250 maires communistes avaient été élus ou réélus dès le premier tour. Ces 250 maires étant rejoints par plusieurs dizaines, lors du second tour dont plus de 70 communes étant au-dessus de 3 500 habitants.
Ce silence médiatique qui entoure les victoires du PCF, interroge. Alors que chaque élection locale est censée refléter les dynamiques politiques de la nation, certaines réussites semblent passer sous les radars. Comme si elles n’étaient que des incidents ou épiphénomènes ne correspondant pas à une véritable attente des populations ayant voté.
Le PCF continue pourtant d’ancrer son influence, même lorsqu’il n’a pas obligatoirement la tête de liste, mais est suffisamment représenté par des candidats garantissant l’application d’une politique tournée vers plus de service publics, d’équité et de liberté.
On a pu une nouvelle fois constater que les médias sont plus prompts à donner une image erronée de la réalité du terrain en privilégiant les victoires, en trompe l’œil, d’une droite exsangue, totalement dévouée à la politique et la gestion macroniste ainsi qu’au grand capital, n’hésitant pas à s’allier avec l’extrême droite dans certains cas.
Ce traitement met en évidence la question du pluralisme de l’information. Pluralisme devenu quasi inexistant depuis l’arrivée d’Emmanuel MACRON à l’Élysée.
Le silence n’est jamais neutre, il traduit par le biais des éditoriaux et des lignes rédactionnelles, des logiques d’audience et une fausse hiérarchisation des courants et forces politiques. Il aide à développer une méfiance poussant à la déconnexion les citoyens qui ne croient plus en la politique. La progression de l’abstentionnisme en étant une preuve récurrente et flagrante.
Cette marque de l’abstention doit être entendue comme une alerte sérieuse pour notre démocratie. La troisième place, comme force politique du PCF, nous incite à poursuivre l’échange avec nos concitoyen.es pour résister aux forces réactionnaires d’extrême droite et transformer la colère et l’incompréhension en victoires sociales et politiques comme seule une gauche unie peut le proposer.
Patrick LATTUADA
