Ce n’est pas pour rien, si le seul syndicat agricole à ne pas soutenir le mouvement de colère actuel des agriculteurs, c’est la FNSEA. C’est le syndicat dominé par les intérêts financiers de l’agro-industrie à l’image de son président, Arnaud Rousseau, céréalier, également à la direction de la multinationale agro-industrielle Avril, une firme présente dans les huiles.
La colère des éleveurs est justifiée : l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse pourrait être enrayée par la vaccination, mais cela ferait perdre à la France son statut de pays indemne et l’empêcherait d’exporter sa viande, selon la réglementation européenne. Alors la politique appliquée est l’abattage de toutes les bêtes d’un troupeau où il y a un cas ! Au mépris du respect des animaux, de la diversité génétique et du travail des éleveurs ! C’était déjà le retard à la décision gouvernementale de délivrer des vaccins qui avait amplifié la fièvre catarrhale touchant ovins et bovins dans les Ardennes l’année dernière.
À cela s’ajoute le MERCOSUR, cet accord avec les pays de l’Amérique du Sud que la Commission Européenne est prête à signer. Il s’agit de supprimer 91 à 92 % des droits de douane auxquels sont assujettis les biens et services. L’Europe ouvrirait ses portes à 99 000 tonnes de viande bovine assujetties à un droit de 7,5 % !
Mais la colère ne doit pas conduire à épouser les propositions du RN, devenu la roue de secours du grand capital, face à l’incurie gouvernementale !
Michèle LEFLON
