17 octobre 1961

Rappelons nous le contexte : c’est la guerre d’Algérie, la lutte du peuple algérien pour son indépendance. En février, cela a été la création de l’OAS (organisation de l’armée secrète)  : une organisation clandestine française terroriste d’extrême droite pour préserver la présence française en Algérie. La guerre touche à sa fin (elle se terminera avec les accords d’Évian le 18 mars 1962 entre les représentants du Gouvernement de la France et du Gouvernement provisoire de la République algérienne). Mais les attentats se multiplient, en Algérie mais aussi en métropole. C’est le prétexte donné par la préfecture de Paris dirigée par Maurice Papon, pour imposer un couvre feu uniquement pour les « Français musulmans d’Algérie ». Rappelons que Maurice Papon a aussi été impliqué dans la rafle de juifs à Bordeaux entre 1942 et 1944.

Face à cette règle discriminatoire le FLN (Front de Libération Nationale) appelle les Algériens en France à une manifestation pacifique le 17 octobre 1961. En fin d’après midi, 20 000 à 40 000 personnes, selon les estimations, manifestent. Ils viennent largement des bidonvilles de la banlieue parisienne car ils n’en peuvent plus de leur situation sociale ! La situation se tend rapidement après l’heure du couvre-feu. Des manifestants sont tués par balle, à coup de pioche ou de crosse de fusil par la police et jetés dans la Seine. D’autres sont emmenés dans des centres d’internement où les violences continuent. Il y a sans doute eu 200 Algériens tués. La police parisienne est couverte par le pouvoir gaulliste en place. La presse à cette époque est censurée. Ce n’est que plus de vingt ans plus tard que les langues commencent à se délier.

C’est sur ces événements que revient le film de Daniel Kupferstein dont la fédération des Ardennes organise la projection le 17 octobre, jour anniversaire de ce massacre, à l’amphithéâtre Pierre Mendès France de Sedan à 18 h 30. Venez nombreux !