Chat GPT (Open AI), Claude (Anthropic), Gemini (Google), … les logiciels d’intelligence artificielle sont de plus en plus présents dans notre vie quotidienne. Au delà de ces IA conversationnelles, des applications sont développées dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la fabrication industrielle, de l’énergie, …
Si l’intelligence artificielle constitue un progrès, elle est également une menace.
Menace à l’égard de la planète, et notamment de la ressource en eau. Selon une étude récente, l’empreinte hydrique des systèmes d’intelligence artificielle pourrait représenter entre 312,5 et 764,6 milliards de litres d’eau pour l’année 2025. Soit une quantité d’eau équivalente à la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille.
Cette eau est nécessaire pour le refroidissement des centres de données (data centers) d’une part, et pour refroidir les centrales thermiques ou nucléaires qui produisent l’électricité dont a besoin l’IA. La consommation électrique de l’Intelligence Artificielle est donc également une menace vis à vis des autres usages. En Irlande, les centres de données ont accaparé 21 % de l’électricité nationale en 2023, dépassant la consommation de l’ensemble des foyers urbains du pays. De plus, les centres de données nécessitent des emprises foncières de plus en plus importantes. L’emprise foncière des centres de données passera de 6 900 kilomètres carrés en 2025 à plus de 14 500 kilomètres carrés d’ici 2030, soit l’équivalent de deux fois l’aire métropolitaine de Jakarta et ses 32 millions d’habitants. Outre la menace que fait peser l’IA sur les ressources naturelles, elle représente plus largement « une menace pour l’humanité » comme le déclare un de ses pères fondateurs, Yoshua Bengio, professeur au département d’informatique de l’Université de Montréal. Il craint notamment une perte de contrôle « au niveau technologique », avec des IA « qui vont être de plus en plus autonomes et qui n’obéissent pas à nos instructions » (interview à France Inter – 26 février 2026). Des craintes qui se sont confirmées par un « incident sans précédent » survenu récemment. Le 21 juillet 2026, l’entreprise Open AI révélait que, pendant un test interne, une de ses IA a découvert seule des failles de sécurité inconnues, s’est évadée de son environnement sécurisé, et a piraté les serveurs d’une entreprise tierce.
Face à ces risques, un premier cadre juridique en matière d’IA au monde a été créé à l’échelle européenne. En effet, ce dimanche 2 août, l’IA Act est entré en vigueur dans l’Union Européenne. Cette nouvelle loi européenne sur l’IA introduit des principes éthiques pour contrôler et encadrer l’intelligence artificielle. Elle oblige notamment à informer les utilisateurs lorsqu’un contenu est généré grâce à elle.
Baptiste GAUTRON
