L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) est ancrée dans la vie quotidienne de la population locale. Elle regroupe toutes les entreprises relevant des associations, des coopératives et de la (vraie) mutualité. Dans les Ardennes, cela représente près de 12% des emplois (plus de 220 000 dans le Grand Est pour près de 174 000 équivalents temps plein). Non seulement ces entreprises pèsent lourd dans l’emploi, mais elles jouent un rôle essentiel dans la société, en matière économique, de cohésion sociale, de solidarité… La plupart du temps, elles accomplissent des missions de service public pour l’Etat et les collectivités territoriales (reprises d’entreprises, accueil et accompagnement des jeunes, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, d’exclusion, complémentaire santé…).
Depuis plusieurs années déjà, les entreprises de l’ESS sont considérées, par les décideurs publics, comme des variables d’ajustement des politiques budgétaires. Mais, en 2026, un début de catastrophe risque bien de s’annoncer avec les budgets en cascade de la Sécurité Sociale (PFLSS), de l’État et des collectivités locales. Les augmentations de cotisations (mutualité) et les économies imposées aux entreprises de l’ESS risquent fort d’avoir raison de nombre d’entre elles. Par exemple, 1/3 des associations du secteur sanitaire, social et médico-social (IME…) se disent, aujourd’hui, en grande difficulté financière, une situation qui risque fort d’exploser en 2026.
Autre exemple : la population se dit très inquiète face à l’insécurité, une réalité dont le ressenti est accentué par les médias qui, pour de basses raisons d’audience, fabriquent une caisse de résonance aux faits divers. Certes, il ne faut pas ignorer l’insécurité, bien au contraire. Et justement, les entreprises de l’ESS, en particulier les associations par leur présence sur le terrain, peuvent encore plus être un vecteur essentiel de lutte contre l’insécurité.
Alors, non seulement les entreprises de l’ESS ne devraient pas être une variable court-termiste d’ajustement budgétaire, mais elles devraient être considérées, pour l’avenir de notre pays et des collectivités territoriales, comme l’une des principales solutions aux problèmes et aux tensions auxquels font face nos concitoyens.
Patrick TASSIN
