Hommage aux 288 hommes Juifs d’Anvers du Judenlager des Mazures

Vendredi 23 octobre dernier se tenait aux Mazures l’hommage aux 288 Juifs d’Anvers enfermés dans ce camp de travail avant d’être déportés à Auschwitz entre 1942 et 1944.

Dans cette forêt d’Ardenne, des hommes ont été réduits au travail forcé de la fabrication du charbon de bois, avant de subir la déportation vers le camp d’extermination d’Auschwitz, pour la seule raison qu’ils étaient nés Juifs.

Ce temps de communion en leur mémoire était particulièrement important à l’heure où la parole antisémite, de haine de l’autre, se débride, allant jusqu’aux actes répréhensibles et sans retour. Le discours de Yaël Reicher, descendante de l’un de ces hommes qui fut sauvé par la Résistance, et présidente de l’Association pour la Mémoire du Judenlager des Mazures (AMJM) a particulièrement marqué en mettant en garde face à l’aggravation des actes antisémites de nos jours. Elle a conclu sur les idées développées par Albert Camus dans La Peste, qui écrit : « Car il savait ce que cette foule en joie ignorait … et que peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse. ».

En effet, les mots des grands auteurs et penseurs résonnent en ces temps troublés où le devoir de mémoire devient l’affirmation du refus de la haine actuelle, le combat pour un monde juste et humain. Berthold Brecht nous disait « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Irène PERRIN TOININ