Le RN fait son congrès, Le Pen fait le ménage

Jordan Bardella réélu sans adversaire à la présidence du RN, Marine Le Pen confirmée comme candidate à la présidentielle : guère de surprise pour ce XIXᵉ congrès. Derrière cette unité affichée, les nouveaux rapports de force internes semblent néanmoins traduire une volonté de contenir les ambitions du jet-setteur en herbe.

Le renouvellement des instances dirigeantes a vu les proches de Marine Le Pen renforcer leur influence, tandis que plusieurs fidèles de Bardella peinaient à s’imposer. Le président du parti dispose néanmoins d’un droit de nomination de vingt membres au Conseil national, en plus des cent élus par les adhérents. Il a ainsi pu repêcher plusieurs membres de sa garde rapprochée, dont François Paradol, son directeur de cabinet.

Les questions sécuritaires ont évidemment occupé une large place dans les interventions. On remarquera que les cadres du RN n’ont pas jugé bon d’évoquer à la tribune l’attentat de Trappes, survenu la veille. Il aura fallu attendre le meeting de dimanche pour que Bardella seul daigne l’évoquer.

Parmi les propositions avancées lors du congrès, on retiendra la volonté de réformer le mode de scrutin des élections législatives, en remplaçant le scrutin majoritaire par une proportionnelle assortie d’une prime pour la liste arrivée en tête. Un détail qui n’en est pas un ! Marine Le Pen avait déjà proposé, en 2022, d’attribuer d’office un tiers des sièges à la liste gagnante, les deux tiers restants étant répartis à la proportionnelle. Un tel fonctionnement permettrait d’assurer une majorité absolue des sièges avec à peine plus de 25 % des suffrages exprimés. Une façon bien particulière de concevoir la représentation démocratique !

Arthur BORDET