Cela fait cinq semaines que les lycéens ont commencé leur mobilisation. Le gouvernement a répondu par la répression. Après les lycéennes et les lycéens, la mobilisation a rassemblé des Françaises et des Français de tout horizon, autour d’une même colère sociale et du besoin de changement. Le gouvernement a laissé faire les scènes de casse et de pillage en marge des manifestations du 17 octobre, surtout après celles-ci, alors même que des manifestants pacifiques étaient réprimés. Casse et pillage sont inadmissibles, faisant écran aux revendications du plus grand nombre. Les interdictions de manifester, comme dans les Ardennes, ont brouillé les rendez-vous et pourtant, le 24 octobre près de 800 000 personnes ont manifesté contre un pouvoir méprisant et liberticide.
Cinq semaines plus tard, le gouvernement commence à écouter les lycéens. Mais il refuse de remettre en cause la logique budgétaire qui a provoqué la colère ! Témoin, Parcoursup : c’est l’écran qui masque le manque de places dans l’enseignement supérieur laissant plus d’une centaine de milliers de jeunes sans affectation et faisant la part belle à l’enseignement privé. C’est le développement de l’enseignement supérieur à la mode américaine avec le tri social, l’endettement pour poursuivre des études ! Étudier doit être un droit pour toutes et tous et non une compétition sauvage pour se disputer les miettes de l’enseignement supérieur. Le Premier ministre n’annonce que 15 000 places supplémentaires, alors qu’il en faut 300 000 dans le service public.
Le débat doit donc désormais porter sur le budget de la Nation. Contrairement au discours dominant, l’austérité n’est pas une fatalité imposée par la dette. Les cadeaux fiscaux, les profits insuffisamment taxés et les intérêts versés à la finance sont autant de choix politiques.
Les communistes appellent à une mobilisation durable pour une rupture avec la politique du pouvoir qui protège et sert les intérêts capitalistes, casse les services publics, l’Éducation Nationale et les autres, réduit le pouvoir d’achat. Avec les organisations syndicales, le PCF appelle à faire du 5 novembre une journée importante de la mobilisation dans les entreprises, avec les lycéens et les étudiants. L’union du monde du travail et de la jeunesse sera déterminante. A Charleville-Mézières, la manifestation partira à 10 h du square de la gare.
Michèle LEFLON
