La Cour des Comptes vient de publier un rapport sur la politique d’amélioration de la qualité des soins dans les établissements de santé. Pas un mot sur les conséquences des politiques d’étranglement financier des hôpitaux sur la qualité des soins ! Mais dans le détail, des éléments intéressants. Globalement, on en retient un avis nuancé de la Cour des Comptes sur les politiques menées pour améliorer la qualité des soins. On note la confusion à travers l’ensemble des instances d’évaluation qui ne communiquent par forcément entre elles : la HAS (Haute Autorité de Santé), les ARS (Agences Régionales de Santé), la Sécurité Sociale et d’autres !
On apprécie que ce rapport note que les questions d’inégalités d’accès aux soins, de coût pour les malades ne sont jamais prises en compte ! Il s’agit là d’un facteur essentiel de non-qualité de notre système de soins.
On partage aussi le scepticisme sur les procédures d’accréditation.
Un long passage est consacré aux incitations financières à la qualité. Si on ne peut qu’être d’accord avec la complexité de ces dispositifs, le principe même est inquiétant : réduire les moyens financiers là où la qualité n’est pas au rendez-vous ne va pas aider à l’amélioration ! Tout du moins en ce qui concerne le service public, là où l’argent public n’est pas utilisé pour des intérêts privés, les moyens doivent être donnés pour la qualité partout !
On y lit : « En outre, alors qu’ils sont à l’origine de nombreuses plaintes et réclamations et d’articles de presse relatant des décès suspects, les services d’urgence hospitalière ne font l’objet d’aucun indicateur de qualité ». Un reproche qui pourrait particulièrement s’appliquer à l’hôpital de Charleville-Mézières : le comité de défense des hôpitaux y mène actuellement une campagne pour l’humanisation de ce service où il n’y a pas de salle d’attente pour les familles, rejetées à la rue et un refus d’accompagnement dans le service, même dans des situations particulières qui le nécessiteraient comme des difficultés linguistiques ou des fins de vie. Le groupe de gauche a d’ailleurs fait adopter un vœu au dernier conseil municipal pour soutenir cette campagne, un vœu sur lequel la majorité municipale et l’extrême droite ont préféré s’abstenir !
Michèle Leflon
