Lors du conseil municipal, les élus d’opposition à gauche du groupe « Ensemble : une autre ville » avaient préparé assidûment leurs interventions.
Il s’agissait d’abord du vœu concernant les conditions d’accueil indignes des patients et des accompagnants à l’hôpital de Manchester.
Ensuite, dans le déroulé des délibérations, l’une d’entre elles nous a interpellée. Il s’agissait de valider l’actualisation du recours au dispositif de vidéo-verbalisation sur le territoire communal. Notre groupe s’est abstenu pour plusieurs raisons. D’abord le dossier présenté était assez vide : bien qu’il s’agisse d’une actualisation, nous sommes de nouveaux élus et souhaitons avoir l’entièreté des dossiers en amont du conseil municipal afin de pouvoir avoir tous les éléments nous permettant de faire notre choix sereinement. Quel est le périmètre de ce dispositif, quels sont les rues, les quartiers concernés ? Rien n’est précisé. Le choix de recourir à un marché public pour ce dispositif serait une forme de privatisation et une suppression de postes de fonctionnaires à la clef, comme cela a déjà été le cas dans d’autres collectivités, ce que nous dénonçons. C’est aussi le risque d’éloigner le citoyen des services publics : les agents ne contrôlent que dans des centres de vidéo-surveillance. L’écran s’installe tel un mur entre l’administré et l’agent. Moins de contact humain, un prétexte à la privatisation des services publics, ces éléments peuvent conduire à des dérives dans le traitement des infractions lié à l’usage de cette vidéo-surveillance. Il s’agit d’un outil, et comme tout outil, tout dépend de l’usage que l’on en fait. Par cette délibération, l’usage n’est pas assez délimité, précisé.
La réponse du Maire à mon intervention est pour le moins insatisfaisante : en dehors du ton arrogant constaté par mes collègues, un style de rhétorique « réponse à tout » propre à notre temps, il a affirmé en sus des choses fausses : il indique que le stationnement ne serait pas concerné, alors que le mot même figure dans la délibération pourtant succincte. Nous restons attentifs à la suite qui sera donnée à ce dispositif bancal.
Irène Perrin Toinin
Conseillère municipale et communautaire PCF
Groupe « Ensemble une autre ville »
