Le gouvernement prépare un projet d’allocation de solidarité unifiée. C’est présenté comme une mesure de simplification, une mesure permettant de lutter contre le non recours. Il s’agirait d’harmoniser les bases de calcul du RSA, de la prime d’activité et des aides personnelles au logement (APL).
En intégrant les APL dans une allocation globale unifiée, le gouvernement déploie une logique purement comptable et budgétaire qui vise à faire disparaître la politique « logement » actuelle.
Si cette réforme est menée à budget constant, comme tout semble l’indiquer, fusionner des prestations sociales, cela veut dire redistribuer autrement et il y aura forcément des perdants ! Après la baisse de 5€ par mois des APL depuis 2017, ce projet pourrait porter un nouveau coup au pouvoir d’achat des locataires.
Pourtant, dans le cadre de la crise du logement actuel, comme le rappelle la CNL (Confédération Nationale du Logement) : « Le logement n’est pas une dépense comme les autres, c’est un droit fondamental ».
Les aides au logement doivent rester une prestation autonome, dédiée à l’accès et au maintien dans le logement.
La lutte contre le non recours est nécessaire, urgente : celui-ci est estimé à 30 à 40 % des personnes éligibles au RSA, 37 % des ménages pouvant bénéficier d’une APL. Mais cela ne peut se faire à budget constant !
Philippe PAQUIS
