Le ministre des PME, de l’artisanat, du tourisme et du commerce s’est félicité de l’augmentation de la consommation durant les fêtes de fin d’année mais à quel prix ? 4 Français sur 10 s’endettent pour financer ces dépenses ou contractent pour certains des crédits à la consommation…
D’autres, en majorité les grands groupes pour ne pas les citer, sont très généreux et font des « cadeaux » avec de l’argent public donc l’argent du contribuable, ce qu’on appelle le mécénat.
Ils font la une des plateaux télé quand ils « donnent » ! Mais, depuis 2003 et la loi sur le mécénat, ils bénéficient d’une exonération fiscale de 60 % à la hauteur de leurs « dons ». C’est le système le plus généreux de l’OCDE ! Le coût pour le contribuable ? 1,7 milliards en 2024 ! En 2020, le législateur a même tenté de « corriger » les plus gros abus en ramenant à 40 % l’exemption fiscale pour toutes les donations supérieures à 2 millions d’€ !
Non seulement ce recours au mécénat coûte peu cher aux grands groupes mais il soigne aussi leur image de marque. En échange de leur « générosité », ils négocient des visites privées, des salles à leur nom, des publicités dans des brochures etc…
Ces multiples bénéfices expliquent le grand succès de ce dispositif. Le gros des sommes dépensées se concentre dans les mains de grands groupes comme LVMH, TotalEnergies, L’Oréal par exemple.
Comme il s’agit surtout de faire de la communication, les donations sont concentrées sur des causes consensuelles : grands musées, grandes écoles…
Entre Bernard Arnault et le Louvre, dîners privés, défilés de mode se multiplient en partie aux frais de l’État et du musée. Entre 2018 et 2024, l’établissement a préféré acheté de nouvelles œuvres au détriment de la rénovation des bâtiments et de la sécurité. On comprend mieux le casse qui a eu lieu le 19 octobre 2025 !…Ces dons pèsent donc sur la liberté d’action des institutions qui en profitent.
Quant à l’État, en 2018, la Cour des Comptes appelait les pouvoirs publics à redéfinir le cadre et les modalités du soutien au mécénat des entreprises car le constat a été fait d’une dépense fiscale non pilotée, mal évaluée et pratiquement jamais contrôlée…
Et pendant ce temps, les besoins des associations qui pallient de plus en plus à des missions de service public et qui bénéficient à toutes et tous ont vu leur financement diminué de façon drastique alors que les besoins sont énormes…
Le coût du mécénat peut paraître une goutte d’eau à l’heure actuelle mais ajouté au scandale des 211 milliards d’€ d’aides publiques versées aux entreprises dénoncé dans un rapport sénatorial, ça commence à faire beaucoup quand le budget proposé par le gouvernement ne s’attaque majoritairement qu’aux « petites gens»!
Comme le dit fort bien Fabien Gay, sénateur communiste et rapporteur de la commission d’enquête, un contrôle, de la transparence et des conditionnalités à l’attribution de ces aides sont une exigence démocratique.
Corine POSTAL
